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Donald Trump et John Bolton : Croisements et divergences…

John Bolton, ancien ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, salue alors qu'il quitte Trump Tower, le 2 décembre 2016 à New York. (Getty)
John Bolton, ancien ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies, salue alors qu’il quitte Trump Tower, le 2 décembre 2016 à New York. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Si le choix par Donald Trump de John Bolton comme nouveau conseiller à la Sécurité nationale, donne l’image du «dur» qui a choisit un «dur». Les deux hommes ne sont pas des «durs» de la même manier. Certes, l’un et l’autre présente une image tranchante, mais les deux hommes inflexibles risquent d’être contrariés par des dossiers de politique internationale.

Les médias américains ne sont pas retenus devant la nomination de John Bolton comme nouveau conseiller à la Sécurité nationale. Ce «dur» qui doit intégrer l’équipe de la Maison Blanche, le 9 avril, est présenté comme «faucon parmi les faucons», et «diable ultraconservateur». La grande majorité des portraits de John Bolton qui ont été publiés à la suite de sa nomination, le 23 mars, furent unanimes. Ils parlent d’un homme réputé être un belliciste rugueux et s’inquiétaient que leur imprévisible chef d’État puisse être influencé par ses idées très tranchées.

Cependant, les deux hommes ont plus d’un point en commun. Ils sont connus pour leur franc-parler, partagent le même avis concernant un certain nombre de questions internationales : un rejet absolu de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, une défiance affichée à l’égard des Nations unies, une inclinaison pro-israélienne assumée, et une certaine aversion pour la diplomatie.

John Bolton, alors qu’il servait sous l’administration de George W. Bush, avait affirmé que «la diplomatie n’est pas une fin en soi si elle ne sert pas les intérêts des États-Unis». Et aussi un adepte du slogan trumpien «America First» [l’Amérique d’abord].

Durant ces derniers mois, John Bolton a énormément insisté sur ses points de convergence avec le président américain, dont il a systématiquement encensé la politique étrangère, lors de ses interventions sur Fox News, la chaîne d’informations préférée de Trump. Ou sur son compte Twitter, le canal de communication favori de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Une campagne de séduction aux forts accents d’allégeance qui a, selon plusieurs médias américains, fini par convaincre le président américain de le nommer à un poste clé de la Maison Blanche, en lieu et place du général H.R. McMaster.

Cette «lune de miel» va être flouée par deux dossiers majeurs, qui risquent de contrarier l’idylle annoncée entre, paradoxalement, un président aux penchants non interventionnistes et son conseiller unilatéraliste partisan de «frappes préventives» contre l’Iran et la Corée du Nord. Le régime de Pyongyang est, avec le pouvoir iranien, qu’il souhaite voir tous deux renversés, justement l’une des principales obsessions de John Bolton.

L’arrivée de John Bolton, coïncide avec la préparation d’un sommet historique et inédit avec le leader nord-coréen Kim Jong-un. Or John Bolton n’a de cesse de répéter que négocier avec la Corée du Nord est «pire qu’une perte de temps», arguant que cela permettait «de légitimer la dictature».

Il faut rappeler que juste à une date récente, le président américain, très agressif sur ce dossier, a fini par adoucir son ton et sa politique, et accepter de rencontrer Kim Jong-un. Récemment interrogé sur cette initiative et ses chances de succès, le futur conseiller à la sécurité nationale s’est montré pour le moins sceptique, arguant qu’elle ne serait couronnée de succès que si la Corée du Nord acceptait de dénucléariser.

Dans une tribune, publiée fin février par le «Wall Street Journal», cet ancien ambassadeur est allé même jusqu’à affirmer qu’il était «parfaitement légitime pour les États-Unis de répondre» à «la menace» nucléaire «en frappant en premier» la Corée du Nord. Poussant son raisonnement jusqu’à raconter à la télévision une blague sur le régime nord-coréen : «Comment savoir que le régime nord-coréen ment ? Réponse : dès qu’il bouge les lèvres».

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