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Ecrans et réalité : Degrés et limites de la déformation

La page d'accueil du site du géant publicitaire britannique WPP est photographiée sur un écran d'ordinateur portable dans cette photographie arrangée prise à Londres le 27 juin 2017. (Getty)
La page d’accueil du site du géant publicitaire britannique WPP est photographiée sur un écran d’ordinateur portable dans cette photographie arrangée prise à Londres le 27 juin 2017. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Le «syndrome de vision informatique» est un syndrome de plus que les ophtalmologues ont fini par admettre. Il désigne les maux oculaires liés aux écrans numériques, mais il ne dit rien de la façon dont les écrans transforment notre façon d’appréhender les objets qui nous entourent.

Les ordinateurs et internet, ont une répercussion sur la santé physique. La chose est certaine, confirmée, et n’est plus à discuter. Aussi bien le système oculaire, nerveux que la colonne vertébrale. Mais quelle influence ou quelle répercussion sur la dimension mentale et psychologique ?

«Les yeux ne vont pas bien. Leur souplesse d’enfance est perdue. Les lentilles, à mesure que nous passons des heures sur cette terre, s’épaississent, se raidissent, se calcifient même. Les yeux ne sont plus les fenêtres de l’âme. Ils sont plus proche des dents», écrit Virginia Heffernan, journaliste à Wired.

L’image peut paraitre un peu caricaturale ou même exagérée, mais le constat est bien réel : l’être humain, celui qui vit travaille grâce au net et par le biais des écrans, n’appréhende pas le monde qui l’entoure de la même manière. Ce constat est commun à plus d’un spécialiste…

Une chose est certaine, et même flagrante : Nous regardons de plus en plus le monde via nos écrans. Par regard on doit comprendre plus que le verbe «voir» plutôt la manière de comprendre et surtout de juger et de prendre les décisions.

«Nommer un syndrome nous libère des dernières angoisses à propos des écrans, qui ont toujours été source de soupçon social. Les gens qui sont collés aux écrans jusqu’à en exclure les autres sont considérés avec dédain», écrit Heffernan, avant d’ajouter «Si le syndrome de vision informatique a été inventé comme un fourre-tout pour exprimer toute une série de peurs, ces peurs pourraient ne pas se limiter à ce que la lumière bleue ou trop de textos écrits les yeux collés à l’écran font à la vue. Peut-être que le syndrome est un aveuglement plus large, celui d’yeux qui ne savent pas voir et d’esprits qui savent de moins en moins reconnaître des objets non numériques, en particulier ceux de la nature.»

Ne plus voir qu’à travers le net. Ne plus croire ses yeux et préférer les images apportées via son écran. Encore plus dangereux, est cette manière de léguer le pouvoir de décider au «net». Le mot «net», dans ce cas, ne serait pas comme le dit Heffernan, ce «fourre-tout», mais plutôt une structure à but ouvertement commercial. Il se charge de choisir la meilleure pizza pour votre régime. Et pourquoi pas le meilleur président lors des élections ??

La question est posée avec sérieux et inquiétude. Faire confiance au net de plus en plus, va concentrer des pouvoirs énormes entre des mains qui ne font que choisir pour les internautes.

Certes, dans un futur proche, le navigateur, ou encore mieux le «connecté» ne va pas ouvertement se désister totalement de son pouvoir de décision. Mais la prise de cette décision va dépendre de plus en plus de facteurs qui viennent du net, et encore plus, de «sources» qui ne mettent pas l’intérêt de ce «connecté» en premier.

L’intérêt de Google est de vous faire consommer le plus de pizzas possible grâce à son système de localisation. Il se soucie peu ou pas du tout de votre santé ou votre régime. Encore plus, si vous voulez que Google s’inquiète de ce régime et de cette santé. Il va le faire comme il l’a fait pour les pizzas. A savoir tout est payant. Tant Google se fait payer par les commerces, le connecté ne saurait mesurer l’importance de ce bizness.

Et si des pizzas, on passait à la politique, et toutes les questions et toutes les décisions, qui y vont avec ? Certes, Google et encore Facebook, sont tellement intelligents pour ne pas vous «vendre» un président de la même manière qu’une pizza. Mais peuvent vendre votre «profit» aux politiques, qui se chargeront Facebook de vous «bombarder» en messages avec un taux de répercussions énorme sur votre prise de décisions.

 

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