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La haine des journalistes se propage en Europe et aux Etats-Unis - Majalla Magazine
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La haine des journalistes se propage en Europe et aux Etats-Unis

 

(Getty)
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Par Nasreddine Ben Hadid

La liberté de la presse s’est encore dégradée en Europe et aux États-Unis l’an dernier et le climat de haine à l’encontre des journalistes se développe, et menace même ces démocraties.

Une image qui a défié la chronique : Le Président de la République tchèque, Milos Zeman s’est présenté lors d’une conférence de presse avec une kalachnikov factice portant l’inscription «pour les journalistes», dégringole de 11ème places à la 34ème. La Slovaquie, où l’ex-Premier ministre Robert Fico a traité les journalistes de «sales prostituées antislovaques» et «simples hyènes idiotes». Malte, où une journaliste anticorruption a été assassinée, chute de 18 places au 65e rang. En dernier Serbie en perd 10 (77e). Quatre des plus forts reculs enregistrés cette année concernent des pays européens.

Les États-Unis de Donald Trump, pays où le 1er amendement de la Constitution sacralise la liberté d’expression, perdent quant à eux deux places au classement, et tombent au 45e rang.

Selon Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières : «Ce classement traduit un phénomène malheureusement manifeste, la croissance dans bon nombre de démocraties de l’expression de la haine contre les journalistes, et la libération de cette haine est vraiment dangereuse».

Avant d’ajouter que «des démocraties aussi différentes que les Philippines (133e), avec le président Duterte qui prévient qu’être journaliste «ne préserve pas des assassinats», qu’en Inde (138e), où des armées de trolls à la solde des partis politiques appellent à la haine des journalistes, ou les États-Unis, où Donald Trump les qualifie d’«ennemis du peuple», une formule prisée par Staline».

Outre les menaces de toutes sortes, et la violence verbale, même via des médias et sur des plateaux de télévision, en Europe, l’assassinat de deux journalistes ces derniers mois (le Slovaque Jan Kuciak et la Maltaise Daphne Caruana Galizia) a vraiment fait tirer les sonnettes d’alarme.

Tout en citant la Norvège au 1er rang au classement, Christophe Deloire estime «qu’il y a une inquiétude très forte pour les démocraties européennes» avant d’ajouter «Alors que l’Europe est de loin le continent où la liberté de la presse est la mieux garantie, ce modèle européen s’affaiblit : 4 des 5 plus grandes baisses du classement sont en Europe, la zone dont l’indice global en plus grande dégradation, c’est l’Europe, et l’expression de la haine mène in fine à des violences physiques».

La France progresse de six places, au 33e rang, un mouvement lié principalement au recul de plusieurs pays voisins, RSF y relève que «le «mediabashing», ou le dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques, a connu son paroxysme pendant la campagne électorale de 2017», et que «certains responsables continuent d’utiliser cette rhétorique pour attaquer les journalistes quand ils sont mis en difficulté», à l’instar du leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, qui a écrit récemment que «la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine».

«Ceux qui récusent la légitimité des journalistes jouent avec un feu politique extrêmement dangereux. Les démocraties ne meurent pas que par des coups d’État mais elles peuvent mourir aussi à petit feu, et l’une des premières bûches, c’est généralement la haine envers les journalistes», prévient Christophe Deloire.

Il faut dire que cette violence verbale et les deux assassinats, viennent en continuité à toute une hantise déjà présente de musèlement de la presse. Par un patronat qui veut capitaliser son pouvoir médiatique. D’où l’intervention du propriétaire de Canal + dans la ligne éditoriale. D’où un harcèlement continu des journalistes.

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