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Élections à mi-mandat aux États-Unis - Majalla Magazine
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Politique

Élections à mi-mandat aux États-Unis

Le représentant élu Conor Lamb, un démocrate de Pennsylvanie, à droite, se tient avec le président de la Chambre des représentants américaine Paul Ryan, un républicain du Wisconsin, lors d'une simulation d'assermentation au US Capitol à Washington DC le jeudi 12 avril 2018 (Getty)
Le représentant élu Conor Lamb, un démocrate de Pennsylvanie, à droite, se tient avec le président de la Chambre des représentants américaine Paul Ryan, un républicain du Wisconsin, lors d’une simulation d’assermentation au US Capitol à Washington DC le jeudi 12 avril 2018 (Getty)

 

Washington – Joseph Braude

Les élections de mi-mandat aux États-Unis retiennent une grande attention aux États-Unis, six mois avant le scrutin du 6 novembre. Avec une emprise républicaine sur les deux chambres du Congrès, sans oublier la Maison-Blanche, tous les regards sont tournés vers le Parti qui joue l’opposition, à savoir le démocrate, qui lutte pour reprendre le pouvoir législatif. L’enjeu concernerait une éventuelle écrasante victoire à la Chambre des représentants: A savoir plus de trente sièges contrôlés actuellement, seront sujet de ces élections, pour cause de départ en retraite des actuels représentants. Les démocrates auront la majorité en cas de victoire de 24 de ces sièges. Le Sénat sera par contre plus dur à prendre pour les démocrates, car un tiers des sièges sera concerné par l’enjeu électoral. Dont une grande majorité est démocrate, tandis que la plupart des républicains sont dans des «sièges sûr».

Républicains

L’une des pierres angulaires de la stratégie des républicains de 2018 consiste à focaliser le débat électoral sur l’économie, où le Parti jouit de la faveur des sondages, dont le dernier fait par NBC/Wall Street Journal. En présentant une stratégie à vocation économique, les républicains auront l’occasion d’évoquer un taux de chômage exceptionnellement bas sous leur pouvoir législatif et exécutif, la bonne santé du marché boursier, et la récente adoption des réductions d’impôts. Comme l’a déclaré le stratège républicain Mike Dehaym dans une interview accordée au magazine Time : «les messages économiques positifs sont éclipsés par les litiges quotidiens au sujet de la dernière série de tweets et des controverses qu’elle provoque. Ceci est le vrai problème actuellement». Dans cette déclaration, une allusion est faite à la tendance du président Trump à publier des commentaires coléreux, qui sont parfois liés à des questions obscènes telles que ses rencontres sexuelles avec des actrices pornographiques. Ces informations sont reprises par les médias en gros titres. Il est fort désagréable pour les membres républicains du Congrès de constater une baisse de la popularité de leur président à un niveau plus bas que ceux d’autres président en première période de leurs présidences. Sans omettre la haine généralisée de Trump de la part de la plupart des médias et les allégations persistantes de sa complicité avec la Russie, il semble donc que les candidats du Sénat et de la Chambre des représentants sont confrontés à une tâche décourageante. De mémoire de l’histoire électorale récente des États-Unis, le parti en exercice des pouvoirs exécutif et législatif en général, est toujours en situation défavorable aux élections de mi-mandat.

Les républicains, cependant, vont pouvoir s’appuyer sur une base électorale solide : Les chrétiens évangéliques, qui comptent des dizaines de millions de personnes et disposent d’un vaste réseau d’institutions religieuses et civiques qui peuvent aider à «motiver les gens à voter». À première vue, il parait étrange que les conservateurs religieux croisent un président faisant face à des scandales sexuels successifs. Mais concernant les questions politiques essentielles et d’importance primordiale pour les évangéliques, Trump réalise ce qui est nécessaire. Sa position ferme contre le droit à l’avortement, ainsi que face au mouvement émergent des transsexuels. Aussi, son soutien à une législation qui confère plus de pouvoir politique aux organisations religieuses. Sans oublier sa décision historique de transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Les démocrates entre gauche et centre

Pour leur part, les candidats du Parti démocratique sont confrontés à une importante question stratégique: Soit adopter un virage à gauche dans le but de mobiliser un groupe émergent d’électeurs démocrates et progressistes ou adopter une position centriste dans l’espoir d’attirer les conservateurs mécontents qui avaient auparavant soutenu Trump. Comme d’habitude, plus de trente membres de la Chambre des représentants ont décidé de prendre leurs retraites avant les élections de novembre, permettant au peuple de voter et décider concernant les sièges occupés par les républicains au cours des dernières années. Au cours de leur quête pour gagner ces occasions, les démocrates sont conscients des changements démographiques qui ont eu lieu dans plusieurs zones urbaines et leurs banlieues, y compris Houston et Dallas, au Texas, et South Beach à Miami. Sans oublier Milwaukee et Cincinnati. Comme toujours, le parti cherchera à tirer parti de son influence sur les groupes ethniques minoritaires et les des diplômés universitaires de race blanche. Chaque candidat aura la liberté d’ajuster son positionnement politique au gré des rapports de forces et de la situation dans sa circonscription.

Si une idée est susceptible de rallier les démocrates au niveau national pour la prochaine campagne. Elle sera celle de l’opposition forte et ferme à Trump. Sans oublier le désir de convertir cette occasion en référendum concernant l’éligibilité du président à ce poste. Soutenu à ce propos par un nouveau sondage Gallup, notant que 59% des électeurs ont estimé que Trump n’était pas digne d’être réélu. De nombreux rapports politiques locaux et des Etats, indiquent que la mécontentement concernant Trump, a déclenché une vague d’activité politique parmi les démocrates, qui pourrait peser de son poids lors du scrutin de novembre.

Dans le même temps, les hauts responsables des deux partis ont exprimé leurs préoccupations quant à la possibilité que des éléments étrangers puissent s’immiscer dans les élections au Congrès. Tout en sachant qu’il est largement admis que le gouvernement russe ait lancé une campagne soutenue pour contrôler les résultats des élections américaines en 2016. La campagne a consisté à implanter selon une stratégie bien définie, la désinformation à travers les médias sociaux ainsi les médias traditionnels. Elle incluait également le piratage des comptes du courrier électronique du Parti démocrate, y compris ceux de la campagne Clinton, ainsi qu’une fuite stratégique du contenu via des sites relais. Beaucoup prétendent également que la propre campagne de Trump ait bénéficié d’une complicité avec la Russie dans le but de faire capoter la campagne de Clinton. Des allégations actuellement à l’étude par une commission d’enquête spéciale dirigée par l’ancien directeur de la CIA, Robert Mueller.

Los Angeles, le 20 janvier (Getty)
Los Angeles, le 20 janvier (Getty)

Les Américains ont tendance à s’inquiéter du fait que les prochaines élections à mi-parcours risqueraient également «le piratage». Selon de nombreuses juridictions, les systèmes d’inscription des électeurs sont désuets et vulnérables au piratage en ligne. Chose qui ouvre la possibilité aux pirates de supprimer ou de fabriquer des listes électorales. Dans certains districts, les bureaux de vote souffrent des mêmes carences. En février, le directeur national du renseignement Dan Coates a déclaré devant la commission du renseignement au Sénat: «Il ne fait aucun doute que la Russie est consciente du succès des efforts précédents et estime que les élections de mi-mandat aux États-Unis en 2018 constitue une cible potentielle une rénovation russe de teinte». Au début du mois d’avril, les responsables de la Sécurité intérieure, le FBI et leurs homologues britanniques, ont mis en garde contre d’éventuelles campagnes de diffamation menées par la Russie visant les candidats à mi-mandat, parmi d’autres menaces de Moscou. Mais le 24 avril, Janet Manfra, une haute responsable de la sécurité sur Internet au Department of Homeland Security, a exprimé un point de vue différent lorsqu’elle a témoigné devant la commission sénatoriale de la sécurité intérieure et de la réforme. En réponse à une question d’un membre du Sénat, si le gouvernement a constaté une «activité» de la part de Moscou, qui viserait le «piratage» des prochaines élections du 6 Novembre, Manfra a déclaré: «Nous n’avons pas constaté une telle chose». Ajoutant qu’elle était plus préoccupée par les menaces électroniques de la Russie visant les infrastructures américaines à l’instar de l’énergie, l’eau, l’aviation et l’industrie.

En tout cas, le résultat de ces élections tendues dépasse la capacité de prévoyance des analystes politiques. Et Comme le célèbre président démocrate de la Chambre des représentants, Sam Riebern, a déclaré dans son célèbre dicton: «En politique, six mois valent une vie».

 

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