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L’anxiété gagne la jeunesse américaine…

Un groupe d’adolescents prend une photo avec un smartphone à Times Square, le 1er décembre 2017 à New York. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

La très sérieuse revue scientifique, le «Journal of Developmental and Behavioral Pediatrics» du mois d’avril dernier, ne pouvait guère plaisanter avec un sujet si sérieux et si grave : Le principal problème de santé mentale chez les jeunes Américains est l’anxiété. L’étude révèle que le phénomène augmente depuis une dizaine d’années.

Selon les explications de Marco Grados, professeur agrégé en psychiatrie et chef du Service de Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent au Johns Hopkins Hospital «Sur les réseaux sociaux, tout tourne autour de l’image, les likes, les vues et les commentaires… Et ça peut très rapidement devenir un problème. Chaque jour, les enfants y sont exposés et ce n’est pas bon pour leur santé mentale».

Les cas d’anxiété chez les jeunes Américains –âgés de six à dix-sept ans– ont augmenté de 20% entre 2007 et 2012 quand la dépression ne faisait qu’un léger bond, de 0,2%. Ces chiffres ont été calculés à partir de données collectées par le National Survey of Children’s Health.

Dans une déclaration parue sur les colonnes du Washington Post, Philip Kendall, directeur de la clinique pour enfants et adolescents souffrant de troubles de l’anxiété, explique que «les enfants grandissent dans un environnement instable. Avant, nous pouvions avoir confiance en notre environnement. Maintenant, nous vivons en attendant la prochaine catastrophe». Et finit par conclure que ces chiffres sont loin d’être surprenants.

Ce même quotidien américain rapporte que l’Institut de recherche sur l’enseignement supérieur de l’université de Los Angeles (UCLA) demande chaque année depuis 1985, aux étudiants de première année (18 – 19 ans) s’ils se «sentent dépassés» par la charge de travail et les changements dans leur vie. En 1985, 18% d’entre eux ont répondu oui; en 2000, le chiffre avait grimpé à 28% pour atteindre les 41% en 2016.

Se basant sur une collecte de données opérée depuis la Grande Dépression par la Minnesota Multiphasic Personality Inventory, une des plus anciennes études portant sur l’évaluation des traits de caractère et des psychopathologies chez les jeunes Américains, Jean Twenge, professeure en psychologie à l’université de l’université d’État de San Diego, a procédé à une comparaison des taux d’anxiété des étudiants (au lycée et à l’université) vivant dans les années 1930 à celui des étudiants vivant au 21e siècle. Les résultats ont montré que, en 2007, les cas d’étudiants souffrant d’anxiété et de dépression étaient six fois plus fréquents qu’en 1938.

selon Marco Grados : «Aujourd’hui, tout est évalué. Les étudiants subissent des pressions énormes. J’ai vu des collégiens se faire interner parce qu’ils ne savaient pas quel métier choisir. Il faut faire attention aux jeunes qui manifestent une grande anxiété. Ces maux pourraient indiquer les premiers symptômes d’autres maladies mentales comme la bipolarité ou la schizophrénie».

Quant aux raisons de cette dégradation de la santé mentales de la jeunesse américaine, les avis divergent ou plutôt adoptent des visions différentes : Certains renvoient tout à une société marquée par un énervement collectif et surtout permanent. D’autres y voient une crise de valeurs et surtout un effritement des normes familiales.

Certains osent mettre en question le modèle sociétal en soi. A savoir les valeurs qui constituent les fondements de la société américaine. A la fois les rapports de l’individu avec soi-même, avec les membres de sa famille, mais surtout avec les membres de la société.

Du mal individuel, cette anxiété va finir par se convertir en maladie mentale. Le pourcentage grandissant des porteurs de ces troubles, finira par faire de la société américaine une société malade, pas nécessairement au niveau de tous ses membres, mais certainement, à toucher un nombre suffisamment grand pour rendre la société en mal d’existence…

 

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