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Mamoudou Gassama, l’hirondelle qui ne fait pas le printemps…

Emmanuel Macron et Mamoudou Gassama a l’Elysee a Paris, le 28 mai 2018. (Getty)

 

Par Nasreddine Ben Hadid

Ceux et surtout celles qui croient aux horoscopes, doivent revoir celui de Mamoudou Gassama en cette fameuse journée de l’escalade de quatre étages pour sauver un enfant, sous le regard de dizaines de passants, et surtout sous les caméras qui ont transmis à des dizaines de millions de spectateurs, qui sur le net ou sur les écrans, ont pu voir et constater la spontanéité et surtout l’agilité de ce commun des mortels, qui par son geste, est entré, non pas dans l’histoire, mais surtout est devenu la personne la plus adulée des Français.

Un vrai conte de fées, version moderne et surtout transmise par les réseaux sociaux. Mais essentiellement une réussite d’un «sans papier», qui aurait pu à l’instar de dizaines de milliers, vivre en marge de la société, mais particulièrement sous la menace d’une arrestation, et peut-être une reconduite à son pays natal. En tout cas, porteur de l’image de «l’homme de trop» dans une société qui fait porter à l’immigration clandestine tous les maux : Du chômage, à la délinquance, sans oublier le terrorisme.

Il est vrai que ce Spiderman ait été reçu par le Président Emmanuel Macron, avec une promesse de naturalisation et même d’affectation chez les pompiers, mais combien de ses semblables vivent encore et toujours dans la peur, mais se sentent dans une situation d’instabilité et surtout d’insécurité…

Au-delà de la dimension féérique et cette exploitation politique de l’incident, la question de l’immigration reste toujours de rigueur. Essentiellement celle subsaharienne. Aussi bien la situation en France, mais surtout le calvaire enduré pour gagner le vieux continent, et y vivre sans papiers.

Chose surprenante : Mamoudou Gassama est bien vu par les Français, qui ont fait circuler sur le net une pétition pour lui faire attribuer même la Légion d’Honneur. Mais ces même Français, voteraient pour le Front National, et même pensent avec toute la certitude du monde que «la France serait mieux sans cette immigration». Même Nicolas Bay, secrétaire général du Front national, considère que «Tous les clandestins ne sont pas Mamoudou, et même Mamoudou est sujet à caution».

«Incontestablement, cet homme a eu un acte de bravoure à Paris. Je ne crois pas que ça justifie de demander la régularisation de sa situation. Maintenant, si on me dit: «On régularise celui-là, en raison de son acte de bravoure, et on expulse tous les autres», moi je signe. Si la contrepartie de sa naturalisation serait l’expulsion de tous les clandestins, je suis d’accord!»

«Ceux qui appellent à régulariser #MamoudouGassama doivent, s’ils sont cohérents, appeler en même temps à expulser tous les étrangers clandestins et/ou condamnés pour crimes et délits en France». A travers ce tweet la frontiste Jean Messiha, a fermement mis l’incident dans son cadre politique xénophobe.

Il est vrai, de l’avis de tous les observateurs, le phénomène Mamoudou Gassama, ne peut constituer ce déclencheur d’un changement radical de toute l’équation de l’immigration. Tout au maximum, une exploitation politicienne en premier, à savoir un message présidentiel d’ouverture, qui a déjà haussé Emmanuel Macron dans les sondages. Mais aussi, une exploitation de la part de la Droite xénophobe, qui en réduisant l’importance de l’acte de bravoure, veut l’exploiter pour rappeler que l’immigration reste «le cancer qui range la France».

Une parenthèse qui se fermera bientôt sauf pour le bénéficiaire, qui a pu grâce à son acte héroïque, non seulement «voyager dans le temps» en prenant un raccourci phénoménal, mais surtout accéder à un songe et le vivre au réel. Certes, un songe qui caresse l’espoir de dizaine de millions et même de centaines de millions de ses semblables, mais à l’image du loto, la chance ne sourit pas à tout le monde, contrairement au rêve accessible à qui en veut sans modération même…

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