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La prochaine guerre certaine : des bactéries contre les antibiotiques… - Majalla Magazine
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La prochaine guerre certaine : des bactéries contre les antibiotiques…

Les antibiotiques sont placés dans des boîtes de Pétri remplies de bactéries. Dans le plat à gauche, les bactéries ne se développeront pas à proximité des antibiotiques. Dans la boîte de Pétri droite, les bactéries résistantes aux antibiotiques sont en croissance. (Getty)

 

Par Nasreddine Ben Hadid

Les informations que les médias véhiculent, regorgent de guerres, combats et nombre de morts. Mais une autre «guerre» se joue actuellement loin des médias, et risque réellement et sans exagération de faire plus de victimes que toute les guerres que  l’humanité ait connues, tout au long de son histoire.

Tout le monde sait que l’apparition ou plutôt la découverte des antibiotiques, a constitué un frein sans pareil à une mortalité, qui pouvait décimer un grand nombre d’humains. La situation sanitaire et l’espérance de vie, se sont nettement améliorées. Mais pas pour longtemps. Plusieurs infections, ont connu des mutations et offrent des résistances aux antibiotiques.

Certes, à la découverte de l’antibiotique, certains éléments présentaient de la résistance, mais un nombre infiniment petit et ne peuvent être mis que dans la case de l’exception que la science, et surtout la médecine, ont su gérer et même en profiter pour faire avancer la recherche scientifique.

Exemple : La résistance à la pénicilline a suivi de peu sa première utilisation clinique, en 1941. Même scénario pour la méticilline, avec l’émergence de staphylocoques résistants deux ans après sa mise sur le marché, en 1960.

Il faut rappeler que les antibiotiques sont des molécules qui interagissent avec un composant de la cellule bactérienne et qui bloque un processus vital, intégrité de l’enveloppe cellulaire, synthèse d’éléments essentiels tels que l’ADN ou les protéines… En conclusion, il bloque les mécanismes de la bactérie et l’empêche de nuire au corps humain.

Cette résistance ou ce refus de se soumettre à l’antibiotique peut emprunter différents mécanismes: dégrader l’antibiotique ou le modifier de façon à le rendre inactif, empêcher qu’il ne rentre dans la cellule, le refouler hors de la cellule ou encore modifier sa cible.

Il faut noter que l’antibiotique peut avoir deux origines possibles : Une naturelle appartiennent à des familles chimiques très diverses et sont produites majoritairement par des organismes vivants (bactéries, champignons, plantes). D’autres sont le fruit de la synthèse chimique ou semi-chimique.

Une très large proportion de médicaments anticancéreux et antiviraux provient d’une famille de bactérie vivant dans le sol, les Streptomyces. Elles constituent un réservoir inépuisable d’antibiotiques, appartenant à toutes les familles chimiques et visant toutes les cibles cellulaires imaginables aujourd’hui.

Pour bien comprendre la chose, il faut rappeler que le sol est un milieu particulièrement compétitif. Pauvre en nutriments, il est occupé par une diversité biologique inégalée: 100 millions de cellules par gramme de sol, pas moins d’une centaine d’espèces sur un grain de sol.

Vivre dans un sol relativement pauvre, a poussé ces bactéries à développer des stratégies d’exploitation réelle pour y survivre: Compétition active afin d’occuper une niche spécifique, collaboration au sein de communautés complexes, symbiose avec d’autres organismes (champignons et arbres dans les mycorhizes, symbiose avec les fourmis coupe-feuille).

Personne ne peut imaginer mais tout le monde y pensent, essentiellement les scientifiques, une épidémie quelconque, devant laquelle l’arsenal antibiotique se trouverait sans efficacité. Au Moyen-âge l’humanité a connu des épidémies de peste, choléra et autres fléaux. Elle peut revivre ces mêmes cauchemars si les antibiotiques perdaient la guerre contre les méchantes infections.

Les scientifiques mettent l’accent sur une chose plus qu’importante : Au Moyen-âge, le déplacement de la population mondiale, ne se faisait à pas à la vitesse actuelle, ni au même nombre. Imaginons une personne infectée à Paris, prenant l’avion pour New-York, contaminant tout l’avion, pour que ces mêmes contaminés portent l’infection et la propage à travers le monde.

Un scénario horrible mais peut voir malheureusement le jour.

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