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En plein Coupe du monde : A-t-on oublié le football amateur ? - Majalla Magazine
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En plein Coupe du monde : A-t-on oublié le football amateur ?

Marco Asensio # 20 d’Espagne, Sergio Ramos # 15 d’Espagne, David Silva # 21 d’Espagne célèbrent le but d’Álvaro Morata # 9 d’Espagne lors du match de qualification pour la Coupe du Monde entre l’Espagne et l’Italie au Stade Santiago Bernabéu le 02 septembre 2017 à Madrid, en Espagne. Espagne. (Getty)

Par Majalla

Le plaisir originel du football consistait à mouiller son maillot, et essayer de marquer le maximum de but et ne pas en recevoir. En conclusion, des joueurs qui s’offraient du plaisir dans le partage et théoriquement dans la bonne entente.

De ce plaisir personnel et surtout partagé, on est passé au plaisir des spectateurs, qui dans les gradins, ayant payé pour admirer le spectacle, veulent savourer un «bon match».

Du plaisir de quelques milliers de spectateurs, assis sur les gradins, le monde du football est passé à celui de millions de téléspectateurs, qui assis devant leurs écrans, ont pris l’habitude de savourer les matchs, comme les Romains savouraient les combats des gladiateurs.

De l’enjeu de mouiller son maillot et marquer des buts dans la cage adverse, on est passé à des enjeux faramineux, aussi bien au niveau financier que social et même politique. Le football est devenu une «industrie lourde» même une des plus lourdes (en argent) des activités humaines.

Que reste-t-il du football amateur, à savoir cette bande de copains, qui sans être des stars, ou des illuminés des stades, veulent se donner au plaisir de taper dans le ballon. Outre le plaisir d’être assis sur des gradins ou dans son salon, à admirer les autres jouer ???

Le virus du professionnalisme est tellement fort et général, que des enfants de quatre à cinq ans, partout dans le monde, sans distinction de continent ou de pays, jouent au football, avec le rêve et même l’obsession de devenir «professionnels», et tout ce qui va avec, à savoir, argent, glamour et gloire.

«Vivre le football» est le slogan le plus répandu. Mais se comprend et surtout se prend à deux niveaux. Pratiquer ce sport dans le but de savourer le plaisir du jeu, et aussi garder la forme et entretenir son corps. Mais aussi, s’assoir dans gradins ou (à défaut) devant un téléviseur, et «consommer» le ballon rond.

L’industrie du football brasse des dizaines de milliards d’Euros à travers le monde, avec des salaires faramineux pour les «stars». Le «prix» des joueurs, à savoir la contrepartie financière qu’une équipe doit payer pour acquérir un joueur d’une autre équipe, grimpe d’une manière vertigineuse. Poussant les instances de direction à chercher des «limites» à imposer vainement un plafon, dans une économie mondiale basée sur le dérèglement et la concurrence sans limites.

Telle des mines de diamants, les pays pauvres, vivent une prospection opérée par des «chasseurs» venus ou opérant pour le compte d’équipes riches en Europe surtout. Les éléments, qui excellent dans l’art de taper dans des ballons de plastics, sont vite pris en «chasse» par ces «chercheurs de têtes» ou plutôt de «pieds». Pour les prendre, les faire grandir, et les vendre (probablement) un jour à une grande équipe.

La législation européenne est claire et tranchante : Il est strictement interdit d’envoyer un «enfant» de moins de seize ans vers l’Europe. Sinon, des garçons de plus en plus jeunes seraient «exportés» vers le Vieux continent…

Il est difficile et même presque impossible qu’un excellent joueur, décide de rester dans l’amateurisme, refusant de la sortes argent, glamour et gloire.

Le football est devenu une industrie, mais sans aucune incidence sur la pratique de ce jeu par le grand public à grande échelle. Certes, un nombre grandissant de gosses et même de filles, veulent pratiquer ce sport. Mais tous, veulent se convertir en professionnels.

La Coupe du monde, va battre tous les records et aller au-delà des chiffres déjà enregistrés. Mais le nombre des amateurs ne va pas suivre. A savoir ces communs des mortels, qui pratiquent ce sport pour le plaisir, tout le plaisir, rien que le plaisir.

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