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La Chine : Oiseaux bioniques pour contrôler les gens

Des «oiseaux espions» ont déjà pris le ciel dans au moins cinq provinces de Chine (REUTERS)

Par Nasreddine Ben Hadid

Pour les Chinois et autres touristes et visiteurs qui visiteraient le pays de «la Grande muraille», lever la tête et constater une nuée d’oiseaux, ne doit plus paraitre comme «normale». Il se pourrait bien qu’il s’agisse en réalité de drones. Ces oiseaux bioniques volent dans le ciel afin de surveiller les citoyens et citoyennes. D’après le South China Morning Post, l’opération «Colombe» serait déjà en place dans cinq provinces du pays. Cette technologie permet d’étendre un peu plus le réseau de surveillance –déjà bien ficelé.

Une équipe de chercheurs et chercheuses de l’université Polytechnique du Nord-Ouest dans la province de Shaanxi, située en plein cœur de la Chine, ont conçu et pensé ces oiseaux bioniques. Sachant que ces scientifiques avaient déjà travaillé sur un projet de création d’avions furtifs de combat pour l’aviation civile chinoise.

Selon Yang Wenqing, professeure agrégée ayant travaillé sur le projet «Colombe» : «Le développement de cette technologie n’en est pour l’instant qu’à ses débuts. Pour l’instant, le champ d’action reste restreint mais nous pensons que ce système a le potentiel pour être utilisé à grande échelle. Il offre des avantages uniques pour satisfaire les besoins en drones pour les secteurs militaires et civils».

Ces colombes robotisées sont équipées d’un GPS, d’une caméra haute définition et d’un système de commande relié à plusieurs satellites qui permet un pilotage à distance. Ces oiseaux plus vrais que nature battent des ailes grâce à un petit moteur électrique qui «parvient même à tromper le bétail au sol», selon The Independent

«Les citoyens sont apparemment tout aussi susceptibles d’être signalés pour des infractions mineures, comme le fait de laisser des vélos garés sur un trottoir ou d’émettre des excuses qui sont jugées «insincères» […] Et il est souvent difficile de savoir s’ils sont sur une liste noire et encore moins quel type de recours est possible», expliquait alors The Verge.

En avril dernier, un homme recherché par la police a été repéré au milieu d’une foule de 60.000 personnes grâce à des caméras de sécurité. En Chine, la reconnaissance faciale s’est immiscée dans la vie quotidienne des gens: fast-food, banques, universités, salles de concert, transports en commun et même distributeurs de papier toilette –limité à deux feuilles par personne.

Ces technologies, qui sortent directement des films de la science-fiction, posent des problèmes cruciales : En premier, les limites que cette technologie peut franchir, à savoir si on n’arrive pas en Chine ou ailleurs à un contrôle total et absolu de chaque individu en tout moment de la journée ou de la nuit. Aussi, des questions se posent concernant les «limites » que ces «mouchards» ne peuvent franchir, ou plutôt ne doivent franchir. De quoi se demander quant à la limite ou même la définition du concept de «vie privé». Si ces notions existeraient encore.

Aussi, à force de léguer des responsabilités à la «machine» qui jadis était du ressort de l’homme, à l’instar de l’observation et de l’analyse, serions-nous demain tenté de léguer des pouvoirs analogues au niveau du châtiment et de la punition appropriée pour chaque infraction. Par exemple, cet «oiseau» constate que telle citoyen ait commis une infraction, décide aussi du genre du châtiment, et assure l’application. A savoir une amende libellée directement de son compte.

La question est de moins en moins scientifique, et de plus en plus éthique dans le sens strict de la parole : Au nom d’un perfectionnisme moraliste, voulant instaurer la société parfaite, avec un zéro absolu de tolérance.

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