BETA MODE
La France malade de sa violence urbaine… - Majalla Magazine
  • Edition actuelle

Cover Story

La France malade de sa violence urbaine…

Des manifestants lancent des projectiles sur les forces de police lors d’une manifestation organisée le 17 mai 2016 à Nantes, dans l’ouest de la France, pour protester contre les réformes prévues du droit du travail par le gouvernement. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Les images télévisées des émeutes des derniers jours dans les quartiers proches de Nantes, ressemblent avec une exactitude étonnante aux images des émeutes passées. Aussi bien à Paris que dans les faubourgs d’autres villes.

A chaque fois, une raison directe, à savoir une «étincelle», mais toujours le même scénario. Des dizaines de jeunes et moins jeunes, osent braver les interdits, et découdre avec les forces de l’ordre. Dans une ambiance de véhicules brulés et de lacrymogènes à couper le souffle.

La raison directe et la cause immédiate, des émeutes de Nantes, est qu’un policier ait tiré sur un «jeune» le tuant sur place. La mort, ou plutôt l’assassinat selon les proches de la famille, a entrainé à l’instar de toutes les fois précédentes des émeutes d’une grande envergure.

Les médias s’intéressent toujours aux événements, les sociologues par contre se penchent sur les causes et les raisons, qui ont conduit la société française, et essentiellement les cités (dites) «sensibles» à se transformer en vraies et réelles poudrières. Au point, où les sociologues certifient que la raison importe peu. «Le baril de poudre finit toujours par inventer son étincelle», tel est l’avis des sociologues.

Ces violences urbaines ont éclaté dans la soirée de mardi 3 juillet à Nantes (ouest de la France) après la mort d’un jeune homme de 22 ans, touché par balle par un policier lors d’un contrôle.

Selon Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP), l’identité de l’automobiliste n’étant «pas claire, les CRS ont reçu pour ordre de ramener le conducteur» au commissariat. «Le conducteur, faisant mine de sortir de son véhicule, a percuté un fonctionnaire de police», qui a été légèrement blessé aux genoux.

«Un de ses collègues a fait feu et a touché le jeune homme qui est malheureusement décédé», a-t-il déclaré. Le jeune aurait été touché à la carotide et serait décédé à son arrivée à l’hôpital, selon des sources policières.

Selon l’AFP, des voitures ont été incendiées, ainsi qu’un centre paramédical situé dans un centre commercial. Ce drame a été aussi «le point de départ d’autres violences urbaines sur d’autres quartiers sensibles de Nantes», à Malakoff et aux Dervallières, a précisé Jean-Christophe Bertrand.

Encore une fois les CRS sont en premières lignes de la confrontation avec les «peuples» des cités (dites) sensibles. Ces incidents ne sont pas les premiers, et de ne seront pas les derniers certainement. La peur ne résulte pas uniquement de la violence urbaine, mais surtout qu’elle ne vienne sur un fond social tendu, pas uniquement à cause des grèves à répétition mais surtout de ce malaise social, presque généralisé.

Le mal est que ces «incidents» des cités (dites) «sensibles», ne concernent toujours (ou presque) que la «France de l’immigration», à savoir une frange de la population, souffrant déjà de plusieurs handicaps, même si pour la plus part de ces «gens de couleurs» jouissent de la nationalité française.

Concernant le récent incident, le Gouvernement a vite essayé par la bouche d’Edouard Philippe, de calmer les esprits, annonçant que l’affaire est entre les mains de la justice.

Nul au pouvoir, ne veut une «connexion» entre cette violence des banlieues, exprimée par ces émeutes, d’une part, et cette tension sociale, exprimée par les grèves. Surtout que les deux lignes se croisent sur un point crucial : La haine du «système» et surtout une rupture, annoncée de deux manières différentes, avec la classe dirigeante.

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *