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Création d'une école pour la paix et le soutien aux immigrants - Majalla Magazine
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Création d’une école pour la paix et le soutien aux immigrants

Les réfugiés syriens protestent depuis près de deux semaines par une grève de la faim et restent dans des tentes devant le parlement hellénique à Athènes, en Grèce, le 16 novembre 2017, demandant aux autorités de respecter la limite légale de six mois pour le regroupement familial. (Getty)

Ile de Lesvos – Majalla

Chaque jour, des bateaux en caoutchouc, qui ne peuvent accueillir plus de 20 personnes, mais transportant souvent plus de 70 réfugiés, y compris des enfants, traversent la mer entre la Turquie et la Grèce, pour se diriger vers les îles grecques, la plus grande étant Lesvos.

Les enfants débarquent dans un très mauvais état psychologique, encore sous l’emprise de la peur de mourir en mer, sachant qu’un grand nombre d’entre eux y perdent la vie.

L’île de Lesvos, regorge de réfugiés, et en héberge le plus grand nombre, en raison de sa proximité des côtes turques.

Sur l’île de Lesvos, 30% des réfugiés ont moins de 18 ans, ce qui signifie que 2 400 enfants ont moins de 18 ans, dont 1 800 sont en âge de scolarité.

Il convient de noter que la plupart des enfants réfugiés ont passé de nombreuses années loin de l’école, mais la plupart d’entre eux n’ont jamais été scolarisés à cause de la guerre et des conflits dans leur pays.

Le fait douloureux est que les écoles grecques n’acceptent pas les enfants réfugiés. Chose qui a poussé des militants à créer une école mondiale pour la paix. Ecole dédiée à l’accueil des enfants réfugiés. Qui viennent pour suivre les cours.

«L’école de la paix» a ouvert ses portes sur l’île de Lesvos le 24 avril 2017, avec une trentaine d’écoliers. Puis a grandi jusqu’à en avoir 185 de différentes nationalités, parmi les réfugiés de l’île.

Les activistes l’ont appelé «l’école de la paix» parce qu’elle est soutenue par deux associations, l’une «Association des générations», arabe palestinienne, ainsi que l’association israélienne «Hashomer Hatzair». Chose qui constitue un précédent unique en raison du conflit de longue date entre les Palestiniens et les Israéliens. Les responsables de l’école ont laissé de côté conflits et confrontations, et se sont réunis pour redonner le sourire aux enfants, ranimer l’espoir, l’optimisme et l’amour dans leurs cœurs, et construire le premier pas vers un avenir plus conscient et compréhensif parmi les générations montantes.

Au début, l’école de la paix n’avait que deux classes: une pour les élèves arabophones, et une autre pour les élèves parlant le farsi: Devant l’augmentation du nombre, elle a du augmenter le nombre jusqu’à 8 classes, réparties comme suit:

Trois classes pour les élèves arabes, de différents niveaux. Deux pour les élèves persans, deux pour les élèves kurdes, et une pour les élèves africains. La plupart de ces derniers sont originaires du Congo.

L’école de la paix dispose les cours en 4 langues essentielles :

1 – Langue arabe pour les originaires de Syrie, d’Irak, du Koweït, de Palestine et d’autres pays arabes.

2 – Langue persane pour les originaires d’Afghanistan, d’Iran et de certains autres pays asiatiques.

3 – Langue kurde pour les originaire de divers pays du Moyen-Orient qui contiennent les Kurdes.

4 – Langue française pour ceux venant des pays africains.

L’école de la paix offre aux élèves une matière de base pour les aider dans leurs vies futures:

– La langue maternelle, parmi toutes les langues présentes à l’école (pour chaque classe sa langue maternelle).

– Les mathématiques,

– Biologie et Sciences de la terre,

– L’anglais,

– Les beaux arts, à l’instar du dessin et les expressions à travers la peinture, et autres,

– Activité de soutien psychologique,

– Séances éducatives. A savoir un certain nombre de leçons hebdomadaires, à travers desquelles les élèves apprennent, à chaque leçon, une valeur différente et un type d’éthique dont ils doivent disposer.

Toutes les matières sont dispensées par des enseignants maitrisant la langue maternelle des enfants, afin qu’ils ne sentent pas de différence avec l’éducation dans leur pays. Les enseignants seront ainsi plus proches des enfants, les comprennent profondément, et peuvent répondre à tous les besoins et faiblesses cognitives…

À mesure que le nombre d’élèves augmentait, le personnel de l’école faisait face à de nombreux défis et difficultés. Le plus important étant que dans chaque classe, coexistaient des niveaux de connaissances différents: certains enfants n’ont pas été pendant des années à l’école, et d’autres jamais. Les bénévoles et les activistes ont remarqué des différences individuelles et une grande différence dans les niveaux du savoir: les spécialistes ont vu des enfants âgés qui ne savaient ni lire ni écrire leur langue maternelle ou toute autre langue.

Abderrahmane al-Dimashqi se définit comme réfugié syrien, bénévole à l’école de la paix pendant sept mois et enseignant l’arabe. Abderrahmane al-Dimashqi a exprimé son bonheur d’aider et de soutenir les enfants réfugiés, ajoutant que «L’école a accompli un certain nombre de réalisations dans un laps de temps très court, et dispose d’une bonne réputation sur l’île grecque».

«Environ 10% des enfants réfugiés actuellement sur l’île reçoivent une éducation à l’école de la paix», a-t-il déclaré.

Les parents d’enfants réfugiés rendent hommage à la sensibilisation de leurs enfants, leur intégration aux différentes cultures de l’école, le fait de nouer de nouvelles amitiés avec différentes nationalités, l’amélioration de leurs comportements et l’acceptation d’autres cultures et religions à l’école grâce aux cours qu’ils reçoivent. A ce niveau, l’école a obtenu des résultats honorables sur le plan éducatif et moral. Les parents intéressés par l’idée, demandent un plus grand soutien pour que l’école puisse accueillir tous les jeunes réfugiés et répandre l’idée dans tous les pays qui accueillent un grand nombre d’enfants. Mais manque de ressources matérielles et de planification intellectuelle et éducative. Ce qui distingue l’idée de l’École de la paix est de protéger les enfants du danger de rallier les groupes extrémistes. L’école offre à l’inverse le soutien scientifique et cultive une culture d’amour et de paix.

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