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Un record de pauvreté au Royaume-Uni…

mother and son making xmas decorations , the living room has general bad conditions associated with poverty

Par Nasreddine Ben Hadid

Si la littérature française considère bien «Les Misérables» de Victor Hugo comme étant le chef-d’œuvre qui bien décrit la misère et la désolation, la littérature anglaise a l’embarra du choix à ce niveau.

Les temps moderne au Royaume-Uni n’ont qu’à puiser dans la réalité pour décrire la misère et la désolation actuelles, car selon le think tank britannique «Resolution Foundation», le taux de pauvreté a augmenté de 22,1% à 23,2% en seulement une année, la plus grosse hausse annuelle depuis 1988. cette même source cite que le revenu des ménages britanniques les plus pauvres s’est effondré en 2017. À l’origine de cette baisse du niveau de vie, à la fois le Brexit et la politique d’austérité.

Selon une projection opérée par ce think-tank, basée sur une extrapolation statistique et sur un ajustement technique des données historiques, le revenu réel, du tiers le plus pauvre de la population en âge de travailler est passé d’une baisse de 56,05 euros à une de 168,17 euros entre 2017 et 2018. Cette variété surprenante est largement due aux coupes du gouvernement dans les prestations sociales et les crédits d’impôts accordés aux plus défavorisés.

Les salaires nominaux sont restés faibles selon les standards historiques, sous l’effet d’une combinaison de la hausse de l’inflation et du caractère stable de ces salaires: Conséquence, une baisse des salaires réels et celle du pouvoir d’achat car la hausse des prix généralisée, combinée à un salaire constant, a pour effet de diminuer le pouvoir d’achat des ménages. Aussi, la chute record de la livre sterling suite au Brexit, explique en partie un pic d’inflation d’environ 3% l’année dernière, et par conséquence la détérioration du pouvoir d’achat, surtout des ménages les plus pauvres. Le taux de pauvreté infantile, lui, a crû de 30,3% à 33,4% entre 2017 et 2018.

Selon ce même rapport, «2017-2018 a été une période difficile pour les ménages défavorisés car la hausse de l’inflation et les coupes budgétaires de 2015 se sont faites ressentir pour de bon». Les crédits d’impôts, les allocations familiales ainsi que les allocations logement, ont été gelés par les conservateurs depuis 2015, dans le but éradiquer le déficit global. Le pic inattendu d’inflation post-Brexit n’a rien arrangé.

Il faut nuancer une chose et la mettre à sa juste dimension : Cette situation démontre que la pauvreté infantile est en constante augmentation depuis 2011, et n’est nullement un facteur récent.

Malgré la volonté affichée de la part de tous politiciens, quel que soit leur parti durant les dernières décennies, de réduire la pauvreté infantile, il y a de fortes chances, selon cette étude, pour que la pauvreté infantile ait augmenté l’année dernière. Cette hausse a été sous-estimée dans les données du gouvernement depuis 2010,» affirme Adam Corlett, analyste économique senior chez Resolution Foundation.

Plus de 3,1 millions d’enfants vivront sous le seuil de pauvreté en 2018-2019 au Royaume-Uni, soit 1 million de plus qu’en 2010 et une hausse de pratiquement 50% en 8 ans. Calculés par l’institut de recherche Landman Economics. Ces chiffres concernent uniquement les enfants vivant au sein d’un domicile familial avec des parents actifs.

Selon le quotidien «The Independent», les coupes budgétaires imposées par le gouvernement depuis plusieurs années en matière d’aides sociales – auxquelles d’ajoute le gel des salaires du secteur public – sont directement responsables de la paupérisation de plus de 600 000 enfants. L’étude pointe également du doigt la baisse du pouvoir d’achat et la multiplication des emplois précaires, impactant cette fois près d’un million d’entre eux.

Cette pauvreté ne dérange pas encore la stabilité sociale, mais va entrainer à moyen terme, un changement électoral certain.

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