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Migrations en Europe : Changement de constats… - Majalla Magazine
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Migrations en Europe : Changement de constats…

La chancelière allemande Angela Merkel (L) s’entretient avec le chancelier autrichien Sebastian Kurtz lors du dernier sommet des dirigeants de l’Union européenne, sans Grande-Bretagne, pour discuter des réformes du Brexit et de la zone euro le 29 juin 2018 au bâtiment Europa à Bruxelles. (Getty)

 

Par Nasreddine Ben Hadid

En à peine six mois, à savoir de janvier à juin, la carte politique de l’Europe a considérablement changé. On peut évoquer un chambardement : Avec les élections présidentielles tchèques ainsi la présidence autrichienne du Conseil de l’Union européenne rapports de force ont évolué.

Le Groupe de Višegrad (ou V4), et surtout l’hostilité aux migrations, ne sont plus taxés de marginaux ou contestataires. Plutôt une opinion centrale en cette Europe dont l’Union porte une peur bleu (de la couleur de son étendard) de connaitre une nouvelle fissure ou même faillite, après celle du Brexit.

Le chancelier autrichien, ainsi les ministres de l’Intérieur allemand et italien, commencent à peser sur la balance politique actuelle, mais future aussi. Essentiellement, les élections suédoises et allemandes de l’automne et dans celle des élections européennes de 2019. Sans aucun doute, les migrations et l’islam, vont représenter des points de mire ou de cristallisation des alliances et des lignes de fracture en Europe.

Les élections présidentielles tchèques ont constitué le premier bouleversement : Une victoire de Milos Zeman avec plus de 52% des voix. Sachant que les enjeux continentaux, essentiellement le choix anti-migratoire, ont lourdement pesé dans la décision des électeurs. Dans cet Etat membre du Groupe de Višegrad, l’immigration et l’asile sont devenus des marqueurs idéologiques bien plus que des questions de politiques publiques concrètes. Le pays est largement épargné par les afflux de migrants des années 2015-2016. Il est en outre largement sécularisé. Mais il perçoit l’essor de l’islam sur le continent et la répartition obligatoire des demandeurs d’asile entre les Etats-membres de l’Union comme des atteintes inacceptables à sa souveraineté.

L’Hongrie a connu, elle aussi des bouleversements : Le 8 avril, le parti au pouvoir, le Fidesz, et son allié, le KNDP, ont remporté plus de 49% des voix et une très large majorité en siège au Parlement hongrois (133 députés sur 199). Sur le plan extérieur, cette élection a fait changer de statut le leader hongrois, et sa politique de fermeture des frontières avec les Balkans. Viktor Orban y a trouvé la stature d’un leader européen car, pour Marine Le Pen comme pour Matteo Salvini, le Premier ministre hongrois donne le bon cap.

En Italie, la Ligue menée par Matteo Salvini, en alliance avec Forza Italia ont remporté 37% des voix sur un programme qui est passé de la défiance envers le Sud de l’Italie à une double hostilité aux migrants et à Bruxelles. En parallèle du mouvement 5 étoiles lui aussi a fait triompher la défiance à l’égard de la construction européenne. Avec pour argumentation le manque de solidarité des autres Etats-membres à l’égard de l’Italie durant les années de crise migratoire 2015-2016. Première conséquence de ces deux victoires et de la constitution d’un gouvernement, est la nomination de Matteo Salvini au poste de ministre de l’intérieur. Sa première décision à peine nommé, a été de fermer les ports italiens aux ONG comme aux migrants. Il n’a fait que réaliser les souhaits du V4 dans un pays du vieux européen.

En Allemagne, la crise a précédé les élections au lieu de les suivre. En effet, le président de la formation bavaroise CSU, Horst Seehofer, allié de la CDU de la Chancelière Merkel, à l’approche des élections de l’automne, a réclamé l’expulsion des demandeurs d’asile présents en Allemagne mais ayant déposé leur demande dans d’autres Etats-membres de l’Union européenne. En mettant en jeu sa démission, il donne raison à Viktor Orban qui se proclame héritier légitime de la démocratie chrétienne allemande. C’est le V4 qui attire une large partie de la droite allemande aujourd’hui.

En Autriche, le très jeune (31 ans) chancelier Sebastian Kurz, mène le rythme, et surtout a su donner un visage respectable à une droite qui a eu toujours du mal à présenter un visage politique acceptable.

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