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Canicule à répétition, thermomètre en folie… - Majalla Magazine
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Canicule à répétition, thermomètre en folie…

Le 27 juillet 2018, une femme porte un parapluie pour se protéger du soleil, alors que la chaleur frappe Bruxelles, en Belgique. Un temps chaud a été observé vendredi en France, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux Pays-Bas. (Getty)

Par Nasreddine Ben Hadid

Des deux pôles avec leurs icebergs qui se détachent, aux zones tempérées, sans oublier les déserts, la température moyenne annuelle a augmenté ces dernières années. Avec des conséquences énormes qui se font sentir actuellement. Une ville comme Paris, commence à connaitre la canicule. A savoir digne d’un pays de la rive sud de la méditerranée ou zones semi-arides.

Les scientifiques en ont fait un sujet de recherches, les économistes cherchent encore et calculent les répercussions aussi bien sur l’économie en soi, que sur la qualité de la vie. Mais une chose est certaine : Rien ne sera plus comme avant.

De ce fait, La sécheresse fait partie désormais des risques naturels qui menacent un nombre croissant de personnes. Pour comparaison, ce phénomène est seulement devancé par les inondations. Entre 1995 et 2015, ce sont ainsi 1,1 milliard de personnes qui ont subi les effets d’un manque grave de précipitation. Le double du bilan cumulé des ouragans.

Des équipes de chercheurs et chercheuses, à travers le monde, ont décidé de s’intéresser à l’intensification de ce phénomène, avec le double objectif de l’analyser et de mobiliser les autorités politiques locales pour s’adapter à cet aspect du changement climatique.

Un constat qui se distingue rapidement : Une hausse de fréquence des sécheresses a en effet été observée, dans les trente à quarante dernières années, en Amérique du Sud, en Australie, en Amérique du Nord et dans la région méditerranéenne.

A titre d’exemple, le manque à gagner de l’Argentine au niveau des exportations agricoles dû à la sécheresse en cours dans le centre du pays, s’élèverait à trois milliards de dollars minimum, selon une déclaration du ministère de l’Économie argentin faite en février dernier. Themes, pour «The Mystery of the Expanding Tropics» [«Le mystère de l’expansion des tropiques»], est la première campagne de terrain pour ce projet. Elle a été réalisée en février 2018 dans les Andes argentines. Dix-neuf scientifiques de cinq pays (France, Argentine, Chili, Royaume-Uni et États-Unis) participent au projet.

Une mission d’échantillonnage au Chili, visant les mêmes objectifs que la campagne argentine, a également eu lieu. Des campagnes de relevés des appareils de mesure seront programmées pendant les étés austraux des deux années à venir.

Hadley, une composante de la circulation atmosphérique dont la dynamique pourrait expliquer en partie la progression des sécheresses constatée dans les Andes centrales et un peu partout sous les tropiques, est dans la ligne de mire des scientifiques, essentiellement, l’élargissement de sa circulation.

Sachant que cette dernière est constituée d’une bande atmosphérique de cellules ressemblant à des «tapis roulants» de quinze kilomètres de haut et de presque 3.000 kilomètres de large, qui assure les échanges de chaleur de l’équateur vers les tropiques en altitude.

Chaque cellule «tapis roulant» commence son mouvement au niveau équatorial, là où l’air chauffé, moins dense, se met à monter. En altitude, la décompression le refroidit et la vapeur d’eau condense, ce qui donne de fortes précipitations.

La mécanique des cellules de Hadley se met en place lorsque la colonne d’air sec se sépare en deux masses, poussées vers le nord ou le sud de part et d’autre de l’équateur, avant de plonger vers la surface à environ 30° de latitude.

Ces branches descendantes des cellules de Hadley apportent au sol de l’air chaud et sec: ce sont elles qui contrôlent le climat sec des régions subtropicales, et c’est à leur latitude que se trouvent les plus grands déserts de la planète –comme le Sahara ou l’Atacama.

Mais au cours des dernières décennies, les cellules de Hadley se sont allongées en direction des pôles, ce qui a entraîné un élargissement des zones subtropicales où l’air sec plonge vers le sol. Cet effet, particulièrement marqué dans l’hémisphère sud, s’est manifesté par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses.

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