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Les Juifs de Libye … Des efforts pour la réconciliation et coexister ensemble

1. Raphael Luzon, président de l’Union des Juifs libyens, dans l’ancienne banlieue de Tripoli.

Tripoli : Abdessatar Htita

«Nous avons emmené la mariée pour le mari… Que la vie lui soit enchantante»… Des doigts dégagent ce rythme sur un outil de percussion, tandis qu’un chœur de jeunes hommes et de femmes interprètent des morceaux de cette chanson dans un dialecte libyen local. Les mots célèbrent ce que la famille du marié a fait pour choisir l’épouse et comment la vie peut, dans ce cas, le rendre heureux.

Mais cette petite fête folklorique se déroulait loin de la Libye, à des milliers de kilomètres. Précisément, dans la ville de Québec au Canada. L’odeur des plats populaires libyens se dégagent de sitôt, dans l’arrière-jardin de l’hôtel. Il s’agit d’un groupe de familles juives libyennes, dispersées dans le monde entier depuis plus d’un demi-siècle.

Ce sont les détails d’un événement datant de quelques mois avant le soulèvement armé contre le régime de Mouammar Kadhafi. Hussein, un des hommes d’affaires les plus éminents d’origine tripolitaine, a choisi de s’éloigner du monde pour oublier les soucis de la vie, sa nostalgie, les conflits et les affaires.
Il se souvient de ces jours, assis alors devant la piscine de son palais, dans la banlieue d’Héliopolis, à l’est du Caire, juste avant les soulèvements du «Printemps arabe»: Etait pris par une envie de retourner à Tripoli, qu’il a été contraint de quitter depuis les années soixante-dix du siècle dernier. Chaque fois qu’il sentait qu’il n’y avait aucun espoir de retourner dans sa ville natale, il préfère s’’isoler pendant quelques semaines et se détendre.
Hussein a choisi alors de s’isoler dans un l’hôtel du Québec. Expliquant : «Le soir, je me suis allongé sur le lit, reprenant les souvenirs des vieux jours, quand j’étais enfant à Tripoli, comment je passais devant les maisons de nos amis, et j’assistais aux mariages et aux fêtes. Je revoyais les visages souriants et les chansons joyeuses. En écoutant ces rythmes ainsi que les applaudissements accompagnant la chanson «Nous avons emmené la mariée pour le mari…», je me voyais endormi en train de rêver de l’ambiance de Tripoli».

Soudain, on frappait à la porte de la chambre d’hôtel, il se leva et trouva le serveur demandant la permission de livrer des bouteilles d’eau. Après un moment de silence, Hussein a déclaré: J’étais très surpris que le son de la chanson continuait, même lorsque je marchais dans la pièce. Lorsque j’ai senti l’odeur de plats, j’ai su que c’était de la cuisine populaire libyenne. Je me suis précipité sans changer de vêtements pour constater réellement. Suis-je dans un rêve? J’ai senti que j’étais en Libye.

De cette expérience, Hussein dit avoir réalisé qu’on peut emporter un morceau de la patrie sur le dos, et le garder de la sorte, jusqu’à épuisement total du fait de la fatigue et la nostalgique, jusqu’à ce que vous vous y installiez un jour. Bon nombre de membres de ces familles juives libyennes sont devenus ses amis, à qui il rend visite, chaque fois que les circonstances le conduisent à passer par le Québec. Il constate : «Aujourd’hui, ils portent un grand espoir de visiter la Libye, préoccupés par les propositions de réformes en Libye sur les plans politique, économique et culturel. Sachant que le monde a changé».
Au cours des derniers mois de son règne de 42 ans, Mouammar Kadhafi a tenté d’attirer par tous les moyens, les milliers de Juifs pour retourner dans leur pays d’origine. Sachant qu’ils ont quitté la Libye dans des circonstances exceptionnelles. À l’heure actuelle, de nombreuses forces politiques de ce pays divisé, ont cherché à nouer des liens cordiaux, avec les dirigeants des communautés juives libyennes du monde entier, en particulier ceux qui jouissent d’une situation économique confortable, et de solides relations politiques internationales. Raphael Luzon est l’un des leaders juifs les plus connus.

La synagogue de Tripoli, connue sous le nom de Dar Bichi, souffre toujours de négligence.

Certains membres du Conseil présidentiel de Tripoli ont sérieusement cherché de l’aide chez les juifs libyens dans le but de moderniser le fonctionnement du gouvernement de Réconciliation dirigé par Fayez Sarraj, développer les activités bancaires et améliorer le fonctionnement public afin d’apaiser la rue libyenne épuisée. Cela s’est produit lors de l’émergence de puissants rivaux politiques sur la scène, dont Abdulbassit Iqtit, un homme d’affaires libyen qui vit en Occident depuis des décennies et qui entretient des liens étroits avec des politiciens aux États-Unis.

Iqtit est venu en Libye l’année dernière pour se présenter comme candidat à la présidence. Le gouvernement de Réconciliation et d’autres observateurs cru qu’il était soutenu par des Juifs libyens. Chose qui a poussé à poser maintes interrogations et susciter un débat public qui a duré plusieurs semaines. Des consultations ont débuté entre les membres du Conseil présidentiel, qui ont considéré qu’en cas où «le pouvoir d’Iqtit est tiré de ses liens avec des Juifs libyens qui disposent de l’expérience politique et économique, il serait plus opportun de s’adresser à eux directement». Chose qui a conduit à exclure Iqtit de la course.

L’initiateur de l’idée de faire appel aux Juifs libyens au sein du gouvernement, et celui qui a fait propager l’idée de réconciliation entre les Libyens en général, fut un responsable du Comité des sages et des dignitaires de Tripoli. Cela a commencé pendant la première quinzaine de septembre. La question a été discutée avec les dirigeants du Conseil présidentiel. Au moment, où Iqtit s’adressait au peuple libyen, par le biais des réseaux sociaux, pour l’exhorter à renverser le gouvernement de Sarraj.

Comme à leur habitude, les Juifs libyens n’étaient pas d’accord concernant une vision unique pour traiter de la question de leur pays. Aussi, leurs propositions étaient variées, concernant les efforts visant à résoudre la crise dans ce pays, divisé entre plusieurs gouvernements et forces armées. En tout état de cause, il semble que tout le monde soit d’accord concernant la nécessité d’instaurer la paix entre toutes les parties du conflit, unifier les institutions étatiques et accéder à une nouvelle ère. Dans ce but, diverses réunions ont eu lieu dans des villes donnant sur la mer Méditerranée.
Raphael Luzon est à la tête de l’Union des Juifs libyens. Il déclare dans une longue interview accordée à «Majalla» : «Je ne représente pas tout le monde [juif]». Le débat s’est poursuivi pendant des semaines dans les coulisses du gouvernement de Réconciliation à Tripoli, concernant la partie qui peut profiter des Juifs libyens à des fins politiques. L’un des dirigeants du conseil présidentiel a déclaré à pendant ce débat : «Si Iqtit cherche avec l’aide des juifs libyens à travers le monde, à devenir président, pourquoi ne pas chercher comme lui à profiter de cette aide, et faire échouer son projet».

Des propositions ont été faites de nommer des personnalités juives libyennes en tant que conseillers du Conseil présidentiel, de la Banque centrale et des ministères de l’économie et de l’intérieur. Cependant, la plupart des membres influents du Conseil présidentiel n’ont pas été en mesure de prendre des mesures publiques à cet égard en raison des craintes d’être attaqués par leurs opposants, en particulier les courants qui font des liens entre les juifs libyens et l’État d’Israël.

En d’autres occasions, lorsque l’idée de faire appel à des juifs libyens a été renouvelée, il a été suggéré d’organiser des réunions avec les dirigeants des Juifs de Libye à l’étranger, à Londres, à Rome, au Maroc ou ailleurs, par le biais de personnalités libyennes connues pour leurs sympathies envers les Juifs libyens, en particulier les dirigeants des villes de Tripoli, Misurata et Gharian. Au même moment, l’ancien ministre libyen de l’Information et de la Culture, Omar Al-Quwairi, est apparu sur scène.

La préparation de l’avenir, avec des visions nouvelles et inhabituelles, va de pair avec des discussions concernant l’histoire des Juifs dans ce pays africain riche en ressources naturelles. Selon les estimations de Luzon, les juifs libyens étaient environ 40.000.

L’action d’Adolf Hitler et de ses alliés italiens contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale a bouleversé la situation.

Selon le chercheur en patrimoine libyen, Abdullah Ibrahim: «L’ancienne génération de l’Est de la Libye se souvient encore des nuits de noces célébrées par la troupe musicale de Madame «Bata», composée de personnalités libyennes et juives, qui voyageant dans le pays du Montagne Vert, célébrait des noces de trois nuits successives. Il y avait aussi le poète juif libyen Arbib, surnommé «Abu Hleika». De telles personnalités, y compris des écrivains, des commerçants et des propriétaires, ont été persécutées par l’armée d’occupation italienne en Libye au cours de la première moitié du siècle dernier. Sachant qu’elles ont été tuées ou déplacées.

Dans presque toutes les capitales arabes, il existe encore des quartiers, appelés «la Hara [quartier] juive». Dans la capitale libyenne, deux quartiers sont encore célèbres et portent l’essence des temps anciens. Le premier est connu sous le nom de «la grande Hara juive», et la deuxième «la petite Hara juive». Des Haras similaires existaient dans d’autres villes libyennes. Les Juifs sont associés au sol libyen depuis des siècles et ont été confrontés, avec les tribus arabes et berbères, aux conditions difficiles imposées par les pirates méditerranéens sur les villes côtières libyennes il y a mille ans».

En marge de la conférence «Rhodes». Figurent sur la photo un certain nombre de participants, dont l’ancien ministre libyen Omar al-Quweiri.

A l’instar de beaucoup de familles juives libyennes, la famille Raphael Luzon a été pourchassée de Libye pendant la guerre de juin 1967. Le Monde Arabe a été pris d’une une vague de haine à grande échelle contre les Juifs après juin 1967. Ces juifs dont les propriétés et les biens, ont été brûlés et pillés dans beaucoup de villes arabes.

Depuis lors, aucun Juif n’a vécu ouvertement en Libye. Certaines sources locales suggèrent que certains vivent encore dans la clandestinité dans leur propre pays, afin d’éviter d’être opprimés par ceux qui n’hésitent pas à exploiter les tragédies humanitaires pour atteindre des objectifs politiques.

Dans une question directe à Luzon concernant le nombre de Juifs libyens présents en Libye, il a répondu : «En fait, je vous l’annonce, il n’y a plus de Juifs en Libye depuis 50 ans».

Il a ajouté pour expliquer que «le nombre des Juifs libyens dans le passé était d’environ 40.000… Dont 32.000 sont allés en Israël de 1948 à 1951. Les 8.000 autres vivaient en Libye jusqu’en 1967. A l’instar de ma famille, après la mort de certains d’entre eux, le reste a été chassé de Libye… Ma famille a quitté avec un sac et vingt livres libyens, rien d’autre ».

Au rappel de ces événements, immergent les souvenirs amers de l’acharnement de l’Allemagne et de son allié, l’Italie, contre les Juifs de la région arabe. Au début des années 1940, y compris des Juifs libyens ont été tués dans des camps à l’ouest de Tripoli, et ont transféré de force d’autres personnes à l’extérieur de la Libye. De nombreux Juifs, avec d’autres Libyens, ont participé aux combats contre l’occupation italienne de la Libye après la Première Guerre mondiale. Parmi eux, Raphael Luzon, grand-père Luzon.

La mémoire de cet homme regorge de souvenirs des temps anciens, certains amers. Au point où sa voix dénote d’une larme sur le point de tomber. D’autres sont joyeux, affectent sa façon de parler, à faire penser qu’il est dans une félicité totale.

L’un de ses plus mauvais souvenirs, est le meurtre de son oncle, sa femme s et leurs sept enfants à Syrte, du fait de violences populaires suite à la guerre israélo-arabe à la fin des années soixante. Pourtant, il garde des histoires drôles sur ses débuts sur les côtes de Benghazi, il y a environ un demi-siècle.
Il ne fait aucun doute que chaque homme a en mémoire certains endroits fréquentés pendant sa jeunesse. Ces endroits lui manquent en tout temps. On a toujours en mémoire des hommes avec des visages inoubliables, qui ont influencé notre jeunesse. Aussi, ces chansons et mélodies qui ont meublé notre intérieur. Delà apparait que la volonté des dirigeants de juifs libyens de participer à la réforme libyenne, est motivée par des visions de fraternité, envers de bons vieux voisins. Sans oublier la vie en sécurité dont ils ont bénéficié avec le reste de la Libye. Ceci, avant le déclenchement de troubles majeurs suite à l’émergence d’Hitler sur la carte du monde.

«J’ai vécu les meilleures et les plus belles années de ma vie à Benghazi», explique Luzon. «J’ai passé 14 ans de mon enfance là-bas. Je ne me suis jamais senti discriminé ou maltraité. La communauté de Benghazi était une famille. Je me sentais en sécurité au milieu d’elle». Après des moments de silence, il se souvient de la façon dont il a perdu ses proches à Syrte et comment il a quitté Benghazi avec sa famille, avec un sac et vingt livres, sans plus.
Les choses dans ce monde ne vont pas à un rythme unique. Le temps peut tout changer. Même Luzon ne croyait pas avant 2010, que viendrait un jour, pour marcher de nouveau dans les vieilles rues de Benghazi, sauter dans les eaux de la plage et échanger des conversations amicales avec Kadhafi et ses chefs de sécurité.

Le plus important se tient de nos jours, à savoir un changement d’opinion concernant la possibilité que des juifs libyens jouent un rôle dans les efforts de dialogue, de réconciliation et de paix entre les parties en Libye. Cela était évident lors d’une conférence tenue l’été dernier sur une île grecque de la Méditerranée. Le ministre al-Quwairi et d’autres personnalités libyennes étaient présents à la conférence. Mais la majorité des personnes interrogées par «Majalla», ne souhaitent pas, du moins pour le moment, en parler publiquement. Ils semblent préférer continuer à travailler en silence, loin des médias.
D’autres personnalités du Moyen-Orient ont participé à la conférence. Malgré une vague d’attaques contre cette rencontre, des juifs libyens et des non-juifs prévoient la tenue d’une nouvelle conférence au Maroc dans les mois à venir.

D’un temps à un autre, les conditions créent une réalité différente. Par exemple, sous le régime d’isolement international de Kadhafi, pendant son long règne, il a essayé de prouver au monde qu’il avait la capacité de résoudre de nombreux dossiers, tant avec les gouvernements occidentaux hostiles, les opposants à son pouvoir que les communautés juives libyennes dispersées à travers le monde.

Le problème a toujours été, comme il est apparu à l’époque de Kadhafi, et comme apparaît aujourd’hui, dans l’interprétation des réunions de certains dirigeants libyens avec les dirigeants des juifs de la diaspora, comme «normalisation des relations de avec Israël». «Le judaïsme est une religion, pas une race», dit Luzon. «Il y a des Libyens juifs, des Italiens juifs et des Anglais juifs, ainsi que des Israéliens juifs».

Le conflit israélo-palestinien complique la situation depuis des décennies. Mais si les Libyens peuvent ouvrir des brèches pour établir une nouvelle réalité dans le comportement envers les juifs libyens et tirer parti de leur potentiel, cela pourrait conduire vers de nombreux arrangements au Moyen-Orient. Pour Luzon, le plus important pour les Juifs libyens en ce moment est d’arrêter les combats entre les fils d’une même patrie. Il reconnaît que les efforts de médiations entreprises par des juifs libyens ont été négativement affectés par les guerres qu’ont vécues aussi bien Tripoli que Benghazi au cours des quatre dernières années.

Malgré cela, depuis quelques mois, certains membres du Conseil présidentiel libyen du gouvernement de Réconciliation, ont progressé dans leurs efforts d’appui sur des juifs libyens pour résoudre de nombreux problèmes nationaux, motivés par des tentatives entreprises par des politiciens libyens tels qu’Iqtit, et d’anciens hommes de pouvoir, tel le ministre Qouiri. Ce qu’a été entrepris par des chercheurs locaux, qui ont annoncé clairement que le grand poète populaire «Abu Hleika», est un juif libyen. Cependant, ces tentatives restent confuses.

«Nous avons eu des réunions avec le Conseil présidentiel libyen, mais suspendues maintenant», a déclaré Luzon. «Malheureusement, tout se passait bien avec le Conseil présidentiel, alors quelqu’une certaine peur de contacter avec des juifs, même libyens, a commencé à circuler dans les médias. Maintenant, il n’y a plus de contact formel avec Saraj comme le précédent».

Les Libyens étaient enthousiastes d’accueillir leurs compatriotes juifs dans les mois qui ont suivi la chute de Kadhafi. Certains Libyens ont eu le courage de permettre aux juifs de retour, d’adhérer aux partis locaux, pour pouvoir disposer du droit de se présenter aux élections et de participer à l’administration de l’État. Même Luzon a vécu cette expérience inachevée.

«Puis ont éclaté les guerres entre les Libyens», a-t-il déclaré. «Des voix en Libye disent: «Nous ne voulons pas de Juifs, les Juifs sont des sionistes, des Israéliens, des agents du Mossad et d’autres»», pour conclure : «Malheureusement, il y a ceux qui refusent que des Juifs libyens fassent partie du mouvement politique et du tissu social libyen».

«Depuis l’époque de Kadhafi, les relations avec les juifs ont été difficiles, et plus difficile encore sous le gouvernement de Sarraj actuellement, pour cause des médias ainsi que les réseaux sociaux», a déclaré un responsable de la sécurité à Tripoli. Ajoutant qu’il «existent des leaders qui estiment nécessaire de changer la façon dont nous traitons la question des Juifs libyens, mais il y a d’autres qui ont peur de perdre leurs positions s’ils persistent dans cette voie».

1. Une scène de l’intérieur de la synagogue Benghazi.

Une source proche du conseil présidentiel estime qu’il est normal que chaque gouvernement essaie de tirer parti des cartes dont il dispose… «Je pense que certains de nos responsables ont récemment cherché à en bénéficier… Car en conclusion, ces juifs sont libyens. La même source a souligné que «l’ouverture du sujet à l’opinion publique demande du courage. Depuis 1952, le droit libyen a accordé la nationalité libyenne aux Juifs en Libye, ainsi que la liberté religieuse et le respect de tous les cultes religieux».

«Quand Kadhafi a commencé à recevoir des dirigeants juifs libyens au début des années 1990, les circonstances étaient différentes dans le pays. Il était seul maitre à bord, et ne pouvait s’attendre à une opposition à ce qu’il faisait. Aujourd’hui, le gouvernement de Seraj est confronté à une société ouverte, s’exprimant de manières contradictoires. Avec des téléphones portables connectés à la toile. Chacun dit ce qu’il lui plaise. que ce soit spontanément ou d’une manière motivée par des groupes d’intérêt.  »

En juillet 2010, Luzon est arrivé à Tripoli. C’était la première fois depuis des décennies qu’il sentait l’odeur du sol du pays. Il est devenu un homme avec une barbe et des moustaches, similaires à ses pairs, qui jouaient avec eux dans les rues de Benghazi. «J’ai visité mon pays, ma patrie, et ma ville natale en Libye, après que nous ayons été injustement chassés lors des événements de 1967. Je suis parti en voyage historique avec ma mère et ma sœur. C’était une bonne chose», se souvient-il.

Luzon a visité la Libye le même été à l’invitation personnelle de Kadhafi. «J’étais très heureux de cette visite. Et j’ai pleuré en visitant les villes de Libye et ses villages. J’ai pleuré devant les lieux, où j’ai habité avec ma famille et mes proches ».

Luzon est également retourné en Libye pendant le règne de Kadhafi en septembre 2010, à l’invitation du dirigeant libyen, pour assister aux célébrations du Premier Septembre, où il a été officiellement reçu. «Je veux avoir le droit de retourner dans mon pays en tant que citoyen libyen, avec tous les droits et devoirs» a-t-il dit à Kadhafi, qui a répondu : «Je n’ai expulsé aucun juif. Ces événements (le départ de la plupart des Juifs de Libye) se sont produits avant moi».

Jusqu’à la chute de son régime, Kadhafi affirmait qu’il n’a expulsé aucun juifs libyens, et que leur départ de la Libye s’est fait avant son arrivée au pouvoir en 1969.

Cependant, la première relation directe entre le régime de Kadhafi et les Juifs libyens remonte à 1992, avec les sanctions et l’embargo, imposés par les États-Unis, en raison de l’affaire Lockerbie. A cette époque, Kadhafi voulait briser l’embargo aérien. Est apparu le nom du Juif libyen qui résidait alors en Italie, Raphael Falah, dans le but d’organiser un vol pour se rendre à Jérusalem.

L’un des dirigeants de l’ancien régime a déclaré: «À cette époque, Falah avait des relations fortes mais incompréhensibles avec Kadhafi, ses opposants et des personnalités occidentales. Il a visité la capitale libyenne en 1993, et s’est rendu à ses anciennes banlieues».

Luzon sur la place municipale de Benghazi.

Dans le but de dépasser les circonstances du passé, Kadhafi a demandé à Luzon, en 2010, de coordonner son retour et le retour des autres juifs libyens dans leur patrie, avec Suleiman Shahoumi (secrétaire des Affaires étrangères du Congrès populaire général de Libye) et Ouboua Zaid Durda (Responsable des Services de renseignement libyen). Luzon a indiqué que Kadhafi lui avait également dit: «Il n’y a aucun problème à régler les dossiers et à légaliser la situation des juifs libyens». Et qu’il avait ordonné la rénovation et la restauration de synagogue de la vieille ville de Tripoli.

Les jours suivants, Shahoumi a reçu Luzon dans son bureau, en présence de Dorda. Luzon a sorti ses vieux papiers d’identité libyens datant de l’ère royale. Il est apparu qu’il était né le 17 mars 1954. Dans la région de «Sidi Hussein» à Benghazi, la même région où est né Shahoumi. L’origine de la famille Shahoumi et Luzon remonte également à la ville de Misurata, à l’Est de Tripoli. «Je veux obtenir des papiers officiels libyens», a déclaré Luzon à la réunion. «C’est mon droit en tant que citoyen libyen.»

Pendant l’occupation de la Libye par l’Italie, le grand-père de Luzon a été conseiller du chef anticolonial Ramadan Suwehli, un dirigeant de Misrata. À cette époque, les italiens ont lancé un mandat d’arrêt contre son grand-père pour son soutien en l’argent et autres, aux Moudjahidines contre l’occupation italienne. Il s’est enfui à Benghazi, où il a également soutenu le mouvement du Jihad. En plein campagne des Italiens contre les libyens, dont des Juifs à l’époque, on a constaté la disparition de la chanteuse «Bata» et du poète «Abu Salika».

«Mon grand-père est un juif de Misurata, et il s’est battu depuis les années 1920 à coté de Ramadan al-Suhaili et Omar al-Mukhtar contre les italiens», a déclaré Luzon. Le grand-père, Raphael, est mort en 1957 quand il a été soigné pour maladie à Milan. Le père de Luzon est décédé en 1994, à l’âge de 69 ans, en Italie, où il rêvait de rentrer chez lui en vain.

Les dirigeants juifs libyens, tels qu’Emile Kahlon et Benjamin Doron, ont des histoires amères à propos de l’oppression subie par les Juifs de Libye, en particulier pendant la période de l’occupation de l’Italie (alliée à l’Allemagne nazie) de la Libye. Par exemple, plus de 2.000 Juifs libyens ont été arrêtés et détenus au Camp Jado, près de Tripoli, au début des années quarante, où quelque 600 Juifs ont été tués. Un certain nombre de détenus juifs de Libye ont été transférés vers des camps de détention en Europe.

En tout état de cause, le soulèvement armé de 2011 a confondu beaucoup de choses. Il devenait difficile de déterminer la visibilité. Certains des opposants à Kadhafi ont décrit le défunt comme «d’origine juive» et que «sa mère est juive», estimant que cela en soi inspirerait le reste des Libyens contre sa domination. Cependant, ce n’était pas du tout le cas, D’après un de ses assistants, selon des témoignages de ses proches, sa mère est originaire d’une tribu bien connue en Libye, indépendamment des informations que faisaient circuler ses opposants en 2011. Surtout des mouvements islamistes extrémistes.

Assez curieusement, la tentative de qualifier le judaïsme de Kadhafi comme était une «accusation», quelle que soit son exactitude, coïncide avec le parrainage par l’écrivain franco-juif Bernard-Henri Lévy des rebelles, notamment des leaders de la tendance islamique, pour leur faire disposer du soutien politique de son ami le président français Nicolas Sarkozy. Mais aussi, de ses amis de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), pour accélérer le renversement du régime de Kadhafi.

Outre l’amitié du juif français Levy, avec des dizaines de «chefs rebelles», David Jerby est devenu le premier dirigeant juif libyen à visiter son pays à l’automne de la révolution. C’était la première fois qu’il retournait en Libye depuis qu’il avait quitté le pays dans les années soixante. L’homme de 60 ans s’est rendu dans la vieille ville de Tripoli avec une chemise blanche, écris dessus : «J’aime la Libye». Il a visité la synagogue, connue sous le nom de «Dar Bichi».

Cette synagogue encore déserte comme à l’époque de Kadhafi, vient en preuve tangible que tout est resté tel quel, à cause de la division politique qui sévit en Libye depuis le déclenchement de l’insurrection contre l’ancien régime.

De son côté, Luzon s’est rendu en Libye après la mort de Kadhafi en 2012. Précisément, dans sa ville natale Benghazi. Et ce, malgré la présence massive de rebelles armés à l’époque, ainsi que l’opacité qui caractérisait la nouvelle orientation de l’Etat. Cependant, dès qu’il a vu la mer de Benghazi, il s’y est précipité, et a pris un bain comme s’il voulait rattraper le temps perdu.

Il dit: «C’est arrivé sur la plage de la station balnéaire de Jiliana. J’ai plongé pour nager dans la joie du retour à ma ville natale. Même les gardes qui m’accompagnaient m’ont demandé de revenir en disant qu’en cas de danger en plein mer, ils ne pouvaient me sécuriser. Je leur ai dit que je ne voulais pas de protection. Uniquement, nager dans l’histoire et retrouver ce qui était perdu de mes jours.

Tout comme les mélodies des chansons folkloriques diffuses à l’étranger, les mêmes sons se distinguaient du lecteur de la voiture.

La musique et les chansons libyennes constituent le fil conducteur qui relie encore des milliers de juifs libyens à leur patrie, y compris des juifs vivant en Israël. Beaucoup d’entre eux attendent de nouvelles œuvres et les écoutent, ainsi que le téléchargement d’anciennes musiques libyennes sur Internet.
En raison de la généralisation des technologies modernes, une nouvelle génération de jeunes juifs libyens, présente le patrimoine culturel libyen sous une version moderne. Qu’ils soient de la diaspora, en Europe et en Israël, tout comme le chanteur Bedi Attieh. Dont les origines remontent à la ville de Zouwara près de Tripoli.

A travers le courrier électronique, Moshé, un juif libyen, vivant en Italie, écrit : «Je suis mon pays, à travers les histoires, que racontent mon père et de ma mère. Aussi, je suis toujours nostalgique. Je suis tout ce qui est publié sur les Libyens, indépendamment de la politique et des frontières. Mon chanteur préféré est Ahmad Fakroun (un musulman libyen né à Benghazi) et Yaniv Raba (un libyen d’origine juive, natif d’Israël).

Quelque 5.000 Juifs libyens vivent en Italie. Parmi les Juifs libyens, il y avait des dirigeants, des fonctionnaires et des ministres dans le pays où ils vivent, notamment Robert Khalfon, ministre délégué au Cabinet du Premier ministre britannique David Cameron, et Moshe Kahlon, ministre et membre de la Knesset en Israël. Sachant qu’à l’instar des Juifs du monde entier, la plupart des Juifs libyens sont actifs dans le commerce, l’économie et les arts.

«Aussi bien les natifs de Libye, ou de familles libyennes de la diaspora, tout ce monde, pratique toujours l’arabe, parle le dialecte libyen, se marie selon les traditions libyennes et mange à la manière libyenne», explique Luzon.

Luzon préfère écouter les œuvres des chanteurs et musiciens libyens, dont la plupart sont nés au début du siècle dernier, parmi lesquels Ali al-Shaaliya, Mohamed Sidki et d’autres comme Samir al-Kurdi. Aussi, il écoute aussi l’art libyen en général, chez lui et en voiture. «Chose qui m’enchante et fait vibrer ma conscience».

Raphael avec sa famille. était conseiller de Mujahid al-Misrati, Ramadan al-Suwaheli, contre l’occupation italienne de la Libye.

Quelle que soit la forme de développement culturel et social – qui grandit loin des lumières directes de la mobilité publique – l’action politique reste précaire. Les Juifs libyens sont fiers de la volonté de ceux qui ont refusé de continuer à voir gouverner Kadhafi. Mais après toutes ces années, une atmosphère, anti-juifs libyens persiste toujours. Chose qui perturbe toute proposition de solution, malgré l’insistance de plusieurs entre eux.

Cela surprend beaucoup de Juifs libyens. Les Libyens ont fait appel à Levy, un Français, pour refuser les fils de leur patrie. Luzon s’étonne quand des dirigeants libyens saluent les initiatives de deux envoyés des Nations Unies de 2014 à aujourd’hui, l’Espagnol Bernardino Léon et l’Allemand Martin Kobler, comme le Libanais Ghassan Salameh, sans se préoccuper des initiatives des Juifs libyens.

Luzon est triste de voir certains «s’opposer aux juifs libyens, qui proposent des initiatives pour résoudre la crise de notre peuple. Nous faisons partie du tissu du peuple libyen. Aucun ne peut effacer l’histoire des Juifs de Libye. Nous sommes en Libye depuis plus de deux mille ans et nous avons le droit à la citoyenneté dans notre pays. La religion est à Dieu et la patrie pour tous. Nous sommes avec tous les Libyens et nous ne constituons pas un groupe, qui se dresse contre le reste du peuple».

L’incapacité de nombreux responsables libyens à déclarer leurs relations directes avec des personnalités juives qui vivent encore à l’étranger, fait partie des problèmes rencontrés par certains Juifs libyens. Il y a une grande frustration parmi les personnalités juives libyennes, à l’exemple que celles-ci, vécue après la conférence de Rhodes en Grèce l’été dernier.

La conférence, qui a été supervisée par Luzon, s’articule autour d’un dialogue libyco-juif qui contribue à la réconciliation nationale dans le pays, mais sont apparues des critiques qui visaient les participants, juifs et non-juifs, et mettaient en garde contre ce qu’ils considéraient comme «normalisation avec Israël»

«Il y avait des gens, même des non-arabes, la mafia mondiale par exemple, qui étaient contre la conférence. Disant comment ces juifs réussissaient à réconcilier les Libyens. Que des ambassadeurs Et des représentants de plusieurs pays occidentaux ne pouvaient pas réussir. Comment ces activistes, juifs libyens et juifs d’origine libyenne, ont-ils pu rassembler tout ce monde, à savoir juifs, musulmans et chrétiens, ministres et dignitaires, de partout. Alors que nous, diplomates des principaux pays, ne pouvions pas l’accomplir ?»

Un des dirigeants libyens participant à la conférence de Rhodes a déclaré qu’il s’agissait d’une expérience qu’on pouvait reprendre, indépendamment des attaques de certaines parties aux visions réduite, visant y compris des personnalités libyennes ayant participé à cette conférence et à d’autres réunions similaires en Italie, en Tunisie et au Maroc. Un certain nombre d’entre eux ont tenu à ne pas mentionner le sujet des réunions ou à s’y référer, y compris ceux qui s’étaient présentés comme représentants de telle partie en Libye.

Même pour certains journalistes libyens, qui ont assisté à des conférences et à des réunions de ce type, ils ont déclaré, lorsqu’ils ont écrit, qu’ils participaient à titre personnel plutôt qu’institutionnel. Certains politiciens et journalistes, ont essayé de capitaliser la circonstance, prétextant qu’ils disposaient de réserves, quant à la position de la conférence concernant Israël.

Ceux qui ont une position engagée de ces réunions avec les juifs libyens, avouent généralement qu’ils le font dans le but de rassembler l’État libyen et d’ouvrir des portes à tous les Libyens, quelle que soit leurs religions. Cependant, plusieurs personnalités de la ville de Misurata, n’ont pas encore été épargnés des critiques concernant cette affaire.

Dans des pays où des milliers de juifs libyens sont installés depuis plus de 50 ans, la plupart d’entre eux n’ont pas abandonné les vêtements traditionnels libyens. Parmi ces vêtements distinctifs: «Chenna (chapeau rouge)», «Jerd (robe en laine)» et «Fermla (gilet travaillée manuellement)».

Les femmes juives libyennes de différents pays du monde conservent encore leurs vêtements traditionnels, telle que la robe à rayures, et les bijouteries tels que les bracelets de cheville. À chaque célébration, vous pouvez écouter des chansons populaires libyennes chantées par des fille, alors qu’elles dansent lors de mariages, tout comme le faisait la chanteuse «Bata» dans la Montagne Verte.

Les Juifs libyens cherchent à obtenir une contrepartie de leurs biens en Libye. «Je pense que la valeur de l’immobilier et de la terre est de plusieurs milliards de dollars», a déclaré une source au conseil présidentiel. En général, certains dirigeants libyens juifs ont formulé le désir d’être indemnisés ou de restituer les biens, alors que de nombreux pays y compris la Turquie, l’Italie, la France et l’Espagne, ont commencé à fouiller dans les vieux registres libyens, en recherche de leurs éventuels biens.

Luzon n’a pas pu résister à la baignade dans la mer de Benghazi pour reprendre des souvenirs d’enfance.

Une des blagues que racontent des dirigeants libyens dans leurs salons, est que les Espagnols sont allés au plus loin dans l’histoire, quand ils ont prétendu détenir des documents concernant des propriétés espagnoles dans l’ancienne Tripoli datant d’en 1510, lorsque le dirigeant espagnol Pietro Navarro est entré dans la ville. Quelques jours plus tard, les Turcs ont commencé à chercher à déterminer leur possession de «l’école d’art et d’artisanat» qu’ils avaient fondée il ya cent ans à Tripoli. Les Italiens exigeaient la restitution de bâtiments dans la capitale libyenne, y compris l’église de la Sainte Vierge. Par conséquent, les Juifs libyens peuvent exiger de nombreuses propriétés.

Cependant, il semble que beaucoup de juifs libyens accordent la priorité à la recherche d’un climat en Libye qui les aide à visiter leur pays en toute sécurité et à ouvrir des champs d’activité pour y investir, se déplacer librement et lancer des activités économiques.

La question du retour de tous les juifs libyens de l’étranger pour s’y installer, est encore loin d’être une réflexion pratique, dans des conditions créées par des événements complexes au fil des décennies.

«Il n’y a pas de juifs libyens qui veulent retourner en Libye, mais seulement pour la visite, l’investissement, l’économie et le tourisme», explique Luzon.
«Les Juifs libyens, ont laissé au moment de l’expulsion, de l’argent dans les banques et des terres. Mon père avait de la terre, des appartements et de l’argent dans des banques libyennes, et j’ai encore les documents qui le prouvent. Je dis que la plupart des Juifs libyens ne demandent pas d’indemnisation, mais demandent seulement la restitution des fonds qui leur appartiennent. Maintenant, tout libyen a le droit à la restitution de tout bien confisqué».

Parallèlement à toutes ces interactions, des hommes d’affaires Juifs libyens vivant encore en Grande-Bretagne, en Italie et dans d’autres pays, en partenariat avec des hommes d’affaires libyens, ont lancés à Tripoli, des projets de 500 millions de dollars, à savoir des hôtels et des centres commerciaux, en bord de mer Avec le temps, et tant de controverses concernant la situation des Juifs de Libye, il est apparu ces dernières semaines que la crainte d’annoncer explicitement l’existence d’une coopération à divers niveaux avec une composante de population libyenne ne nécessite plus des tournures linguistiques. En particulier avec la détérioration de la situation, et la transformation du pays en un champ d’essai pour les pays. Ainsi que des envoyés d’Ouest comme d’Est.
Lorsque la discussion est devenue houleuse entre les deux responsables du gouvernement de Réconciliation, concernant l’annonce de faire appel à des juifs libyens concernant le développement de l’éducation, a été évoqué il ya deux jours, la réponse était: ils sont les fils de la Libye. Ils veulent du bien pour leur pays. Ils ont une association reconnue et disposent d’une synagogue ouverte à Tripoli. Pourquoi cacher la vérité?

Copie de l’acte de naissance de Luzon à Benghazi en 1954.

La conférence de Rhodes a conduit à une discussion profonde de nombreuses questions, depuis l’été dernier. À l’heure actuelle, Luzon et d’autres militants se préparent à une nouvelle conférence qui pourrait avoir lieu au Maroc cet automne ou au printemps prochain.

«La prochaine conférence pourrait avoir lieu au Maroc, il y aura 30 orateurs des trois religions abrahamiques et plus de 150 participants. Il n’y aura pas de politique. La discussion ne concernera que la coexistence pacifique et le dialogue. A savoir que la solution en Libye réside dans la coexistence et non la lutte», a-t-il ajouté

Il a ajouté que la conférence prévue inclurait des interlocuteurs de haut niveau de Libye, et que cela concernerait non seulement la minorité juive libyenne, mais aussi d’autres minorités en Libye, telles que les Amazighs, les Toubous et les Touaregs. Le but est de respecter les minorités de toutes religions, de tous sexes et de partager avec tous les fils de la Libye l’avenir de leur pays.

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