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Institut Tony Blair pour le changement mondial: Le Hezbollah est un groupe terroriste … L’Occident doit s’en rende compte

Envoyé du quarte du Moyen-Orient et ancien Premier ministre britannique Tony Blair (Getty Images)
Envoyé du quarte du Moyen-Orient et ancien Premier ministre britannique Tony Blair (Getty Images)

 

Londres: «La Majalla»*

L’accroissement de la pression politique et financière sur l’économie iranienne, déjà mise à rude épreuve par de nouvelles sanctions, aura un impact sur les activités du Hezbollah.

Dans un rapport rédigé par la Conseillère politique de l’Institut Tony Blair pour le changement mondial, Azmina Siddik, publié par CNN, on peut lire : «L’annonce par le Hezbollah de sa «victoire» imminente en Syrie pourrait être une réaction aux sanctions américaines contre l’Iran, mais la menace que représente le parti, n’est pas moins réaliste».
Voici l’intégral du rapport :

Le Hezbollah constitue l’une des organisations terroristes les plus puissantes au monde et entend continuer à élargir sa portée. La communauté internationale doit prendre des mesures conjointes pour interdire toute activité du Hezbollah et saper son réseau de crime international et de terrorisme, avant qu’il ne soit trop tard.
Le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré mardi qu’il «célébrerait très prochainement» la victoire en Syrie, où les milices soutenues par l’Iran se battent aux côtés des forces d’Assad.
L’annonce a été faite quelques jours après l’imposition de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, à la suite du retrait des États-Unis de l’accord nucléaire conclu en 2015.
Il ne fait aucun doute qu’une pression politique et financière croissante sur l’économie iranienne, déjà mise à rude épreuve par de nouvelles sanctions, aura un impact sur les activités du Hezbollah. Le récent message de Nasrallah montre que ce parti se prépare à une bataille.
Même dans les jours qui ont précédé l’annonce des sanctions, le Hezbollah, dans une démonstration de force, a publié une photo d’un escadron de drones, sur le site «El-Ahd», pour mettre en exergue la continuité du «message de résistance» qu’il revendique. Selon l’histoire du Hezbollah, pleine d’attaques sanglantes et de succès militaires, il est peu probable que ces menaces soient non-fondées ou inexactes.
Le Hezbollah, qui a émergé au milieu de la guerre civile libanaise, adopte les principes de l’idéologie religieuse de l’Iran. Ce groupe ne voit pas les conflits armés comme justifiés uniquement, mais plutôt sacrés. Cette vision a été appliquée avec un succès étonnant, à commencer par l’explosion de la caserne des Marines américains à Beyrouth en 1983, ainsi que l’attaque contre un bus à Burgas en Bulgarie en 2012. Les attaques violentes ont visé aussi, le centre juif en Argentine, qui a fait 85 morts. Aujourd’hui, le Hezbollah agit en tant qu’agent de l’Iran en Syrie, envoyant le plus grand nombre de ses troupes hors du Liban (entre sept et dix mille combattants), défiant les intérêts stratégiques régionaux.
L’Iran fournit environ 200 millions de dollars par an au Hezbollah, et les pressions financières sur ce pays, résultant des sanctions, vont probablement intensifier les activités de financement international du Hezbollah.
Cela concerne principalement la contrebande d’armes et de tabac, et le trafic de drogue depuis l’Amérique du Sud vers et à travers l’Europe, transférant la menace du théâtre du conflit syrien, à une dimension mondiale.
Un réseau international de sociétés écrans, et de projets criminels tels que le trafic de drogue et de fausses œuvres de bienfaisance, d’une valeur de plus d’un milliard de dollars par an, assurent le financent des activités terroristes mondiales du Hezbollah.
Le réseau continue à s’étendre en l’Europe. Une enquête confidentielle menée récemment au Royaume-Uni par le département anti-drogue basé aux États-Unis a révélé, qu’un établissement relevant du Hezbollah s’adonne au blanchiment d’argent dans le cadre d’un réseau international de trafic de drogue.
Cependant, malgré ce bilan d’activités criminelles et terroristes, aucun État membre de l’Union européenne n’a désormais interdit le Hezbollah sur son sol, à l’exception des Pays-Bas. Au lieu de cela, ces pays opèrent une distinction entre les deux ailes dites «militaire» et «politique» de l’organisation, interdisant le premier plutôt que le second.
Il ne fait aucun doute que la décision d’interdire le Hezbollah ne reflète que partiellement la nature complexe de cette organisation. Le Hezbollah dispose d’une forte présence politique au Liban, où il occupe avec ses alliés plus de la moitié des sièges du parlement. Bien que n’étant pas officiellement «au pouvoir», il contrôle avec ses alliés fermement les ministères et les institutions du Gouvernement du Premier ministre Saad Hariri, avec un généreux programme de protection sociale comme moyen pour attirer le soutien.
Mais il serait aberrant de constater une quelconque différence entre les activités politiques et terroristes de ce parti. Même son chef, Hassan Nasrallah, a laissé entendre qu’il n’y avait qu’une légère différence entre les deux ailes: «Nous n’avons pas d’aile militaire et politique», a déclaré son adjoint, Naim Kassem. Comme l’a déclaré le professeur Daniel Bayman de Georgetown: «Les associations de protection sociale du Hezbollah fournissent des recrues à son armée. Il fait usage de son pouvoir politique au Liban pour se protéger des pressions internationales visant à le désarmer… La direction de l’organisation politique et militaire est une, et doit être considérée comme une organisation unique et cohérente.
Cette fausse distinction a permis aux partisans et aux financiers du Hezbollah de se rassembler ouvertement dans toute l’Europe. En Grande-Bretagne, lors de la marche annuelle de la Journée de Jérusalem, les manifestants brandissent ouvertement les bannières du Hezbollah, emblème montrant le célèbre fusil, lors de la plus grande manifestation du genre en Europe. Alors que l’organisation subit une pression financière croissante, elle cherchera à attirer une base de soutien internationale et à développer ses activités illicites à l’échelle mondiale pour financer ses campagnes violentes en Syrie et dans l’ensemble du Moyen-Orient.
Mais en Grande-Bretagne, les décideurs de tous les grands partis l’ont reconnu et ont appelé à un changement de la loi britannique.
Deux députés, du parti travailliste britannique, Joan Ryan, et Tom Tugendhat conservateur, ont été parmi ceux qui ont réclamé l’interdiction totale des activités du Hezbollah au cours d’un débat parlementaire concernant cette question. Avec un soutien des deux partie à l’initiative.
Il ne fait aucun doute que les gouvernements de l’UE craignent qu’une interdiction totale, ne compromette les relations politiques et diplomatiques avec le Liban. Cependant, les États-Unis, le Canada et les Pays-Bas ont complètement banni le Hezbollah et entretiennent toujours des relations diplomatiques avec ce pays. La Grande-Bretagne doit faire de même et encourager nos partenaires internationaux, y compris de l’UE, à faire de même. Il est temps d’interdire complètement le Hezbollah.

* Les opinions citées dans cet article sont de l’auteure Azmina Siddik.

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