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Foot moderne : Stade sans supporters!

Une femme regarde la coupe du monde match de football final entre la France et la Croatie le 15 juillet 2018 à New York. (Getty Images)

Par: Nasreddine Ben Hadid

  • Chacun assis ou allongé confortablement sur son divan, à consommer les produits que vantent les publicités, peuvent naviguer entre plusieurs matchs et par conséquence plusieurs stades.
  • Le football est devenu une industrie lourde, parmi les plus lourdes. Rien qu’à constater les droits de la transmission télévisuelle.

Si au début, à l’instar de tout jeu, le plaisir primaire ou originel, était celui des joueurs, qui aimeraient bien par pur plaisir, petits comme les grands, taper dans un ballon, dans le but de le mettre dans les filets du camp adverses.

Avec le premier ticket vendu à un spectateur, qui a pris la peine de se déplacer, dépenser une somme d’argent, et s’assoir dans les gradins, ce plaisir a immigré du joueur sur le terrain à ce spectateur, qui est considéré plus comme client à fidéliser qu’un simple être présent pour regarder les autres jouer pour le plaisir de chaque jouer.

L’arrivée de la télévision sur les stades, a fait passer l’équation de deux variables, à savoir : joueur et spectateur, à une autre dimension de loin plus complexe. Des millions de téléspectateurs du monde entiers, peuvent regarder les matchs chez eux. Chacun assis ou allongé confortablement sur son divan, à consommer les produits que vantent les publicités, peuvent naviguer entre plusieurs matchs et par conséquence plusieurs stades.

Le football est devenu une industrie lourde, parmi les plus lourdes. Rien qu’à constater les droits de la transmission télévisuelle, pour avoir toute la certitude du monde, qu’on est devant la plus grasse des vaches économiques, ou le plus juteux des bizness. Fait important, au niveau du «plaisir» engendré par le jeu : Le plus important, est celui du téléspectateur assis confortablement sur son divan, ou à défaut sur une chaise dans le café du coin.

Le stade, de ce fait, n’est autre que le lieu, où se joue le match. Les gradins sont plus intéressantes par l’ambiance qu’ils offrent, plus par la recette de la vente des places. Où plutôt l’ambiance passe avant la recette.

Mieux ou pires encore : Le terrain ne compte plus pour autant, et de ce fait, le supporter ne relève plus de la même importance : Evoquer la question sous un angle purement économique conduit à une question à double facettes : Comment réduire les coûts, et optimiser les gains ?

Réponse très simple : il suffit de copier les astuces des autres secteurs économiques : En premier «délocaliser» (le mot n’est pas de trop) vers des zones, où les coûts de «production» sont moindres.

En Espagne, la décision est prise pour délocaliser plusieurs rencontres de championnat aux États-Unis. Pour la France, la décision est prise pour faire jouer les matchs à des horaires qui conviennent aux téléspectateurs les plus rentables, comprendre hors de la France. A des heures qui ne peuvent convenir au commun des supporters français pour se déplacer vers les stades.

Pour championnat anglais, certains matchs ont été joués à tribunes désertes. Chose qui n’a pas empêché treize des vingt clubs participant à la compétition d’être économiquement rentables. Ce miracle revient à l’explosion des droits télévisuels et du merchandising international.

Ces chambardements ont eu l’effet de séisme chez les fans des clubs et autres supporters. Surtout que ces derniers portaient une conviction ferme et indiscutable, que le club leur «appartienne» et secundo, personne ne peut imaginer un match sans eux, sur les gradins à scander des chants à la gloire de leur équipe.

Les supporters s’organisent, et certains évoquent (sans plaisanter) un certain droit moral que ces équipes doivent à leurs supporters. Et que la loi du marché ne peut effacer un «amour» que certains pensaient indéfectible.

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