• Edition actuelle

Cover Story, Politique

Cameroun: Les réseaux sociaux en arme électorale?

Le leader du Front social-démocrate camerounais (SDF), Ni John Fru Ndi, examine les notes prononcées devant le congrès de son parti à Bamenda le 22 février 2018, annonçant qu’il ne se présenterait pas cette année aux élections présidentielles. (Getty Images)

Par Nasreddine Ben Hadid

  • Les manipulateurs des réseaux sociaux pour le compte des candidats, sont des «mercenaires» qui savent faire usage de ces nouvelles armes de pointe.
  • Sans assurer la victoire, les réseaux sociaux offrent de quoi réduire l’écart.

Si une chose court plus vite que son ombre, elle serait à l’image des réseaux sociaux qui gagnent continuellement du terrain. Une expansion est en exponentiel, tellement elle file très vite. Les répercussions sont énormes. Le commun des mortels, ou plutôt des pauvres, qui ne peut se payer un passage dans une télévision, par exemple, peut en manipulant un téléphone portable, faire passer sur ces réseaux sociaux, ce que lui semble «utile» de son point de vue.

La politique, comprendre le pouvoir, avec ses jeux en enjeux, est le premier à profiter de cette manne. Le commun des pauvre que tout candidat aux élections sait avec certitude que Facebook, Twitter et autres Instagram, constituent des moyens (très) peu couteux pour influer l’électeur et lui glaner sa voix. But de tout candidat.

Dans tout pays pauvre, ou plutôt avec une infrastructure en médias insuffisante et même délabrée, à l’image du Cameroun, les réseaux sociaux se convertissent en Eldorado. Les vidéos remplacent les pépites d’or. Une petite visite et même très rapide à des pages Facebook de camerounais investis dans la politique, et surtout épris de la course présidentielle, nous fait voir des «exactions» commises sur le sol de ce pays. Une forte présence des entités politiques sur Twitter. Une chose est certaine : Le match des élections présidentielles, prévue le 7 octobre, se jouera certainement à grande partie sur les terrains des réseaux sociaux.

Chose importante, et même symboliquement déterminante : Le président sortant Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir a annoncé sur Twitter sa candidature à une sixième (éventuelle) réélection… L’annonce a été faite l’été. Il faut rappeler que huit autres candidats sont en lisse pour le même poste que le président sortant.

People use computers at an Internet cafe in Matonge district in Kinshasa, Congo, DRC.

Du temps des dernières élections présidentielles en 2011, rares dans le pays ceux et celles qui utilisaient les réseaux sociaux. Actuellement, pour les futures élections, personne ne peut imaginer la scène politique camerounaise sans Facebook et Twitter. Il ne faut pas chercher les candidats qui ne sont pas connectés, mais plutôt leur demander, ou demander à l’équipe de chacun, l’investissement consacré à ce genre d’activité.

Chose étrange et même paradoxale : Facebook et Twitter, pour ne pas citer que ces deux réseaux, sont gratuits et nul ne peut les convertir en machine de guerre, électorale. Au Cameroun, pays du tiers-monde, comme les «grandes démocraties», ces réseaux sociaux sont devenus une «vraie industrie» et «réelle machine de guerre». Ceux et celles qui les manipulent pour le compte des candidats, ne sont nullement des «bénévoles» mais plutôt des «mercenaires» qui savent faire usage de ces nouvelles armes de pointe.

Généralement, le président en exercice, ou sortant, disposerait dans un pays comme le Cameroun de tous les moyens. Ou du moins, mieux que ces concurrents. Sans assurer la victoire, les réseaux sociaux offrent de quoi réduire l’écart. Joshua Osih, candidat du Social Democratic Front (SDF, principal parti d’opposition) va jusqu’à dialoguer avec les Camerounais sur la toile. De quoi assurer un rayonnement que seule le net peut offrir.

Selon Julie Owono, directrice de l’ONG Internet Sans Frontières : «Il y a un potentiel de diffusion beaucoup plus important (pour les candidats présents sur Internet) que lorsque leur communication passe dans la presse papier ou à la radio».

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *