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Mali: Le président Keïta affiche ses priorités

Président Keïta

Par Nasreddine Ben Hadid

  • Sans les nommer le président malien, fustigent les partenaires et amis donnant l’impression de marchander leur soutien

Fraichement réélu, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) a affirmé sa priorité. Et ce, à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance du pays. Pour les observateurs, il va de soi que cette priorité la «sécurisation». Le terme prononcé par IBK, tant son pays reste toujours confronté à la menace djihadistes. Une menace qui a caractérisé son premier mandat, et le début de son second mandat.

Après avoir déposé une gerbe au pied du Monument de l’Indépendance, dans le centre de la capitale, le président s’est adressé à un parterre local et de hôtes étrangers, en déclarant avec assurance que «la sécurisation du territoire national du Mali demeure notre priorité».

Dans un élan critique et même d’autocritique, Ibrahim Boubacar Keïta que la concrétisation des accords de paix signés à Alger en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg «a longtemps souffert de l’instauration tardive de relations de confiance entre les différents protagonistes».

D’un ton sévère et strict, il déclaré à l’intension des présents : «Vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous sommes tristes quand nos partenaires et amis donnent l’impression de marchander leur soutien», sans rien préciser concernant ces «partenaires». Tout en sachant que la cérémonie s’est faite en présence d’une dizaine de chef d’Etat et de gouvernements africains, dont les présidents ivoirien, ghanéen, tchadien, congolais, burkinabé et mauritanien.

Un défilé militaire a succédé. A commencer par des contingents de sept pays ouest-africains (Tchad, Mauritanie, Guinée, Niger, Côté d’Ivoire, Burkina Faso et Ghana) et d’hommes des troupes étrangères qui participent à la lutte contre les djihadistes, la force française Barkhane, la mission de l’ONU (Minusma) et la force du G5 Sahel. L’armée malienne a clôturé la marche.

La chancelière allemande Angela Merkel reçoit une calebasse d’eau à côté du président malien Ibrahim Boubacar Keita à son arrivée à l’aéroport de Bamako le 9 octobre 2016. (Getty Images)

Il faut rappeler que le Mali a connu une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, dans le but de chasser des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, qui ont pris possession du nord du pays, tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de ces groupes terroristes. Entre temps, les envahisseurs ont été en grande partie chassés ou dispersés. La poursuite se poursuit toujours.

Pour l’histoire, l’accord d’Alger, signé en 2015, n’a pas été concluant. Les violences djihadistes se sont étendues du nord vers le centre et le sud du Mali et vers le Burkina Faso et le Niger voisins. Avec un imbroglio complexe entre terrorisme et conflits ethniques.

Faut-il préciser que l’incohérence de la classe politique malienne gêne depuis une dizaine d’années tout combat contre le terrorisme au Nord. Les récentes élections reconnues par la communauté internationales, ne font pas l’unanimité parmi cette classe. Les partisans du candidat à la présidentielle, Soumaïla Cissé, contestent toujours la «propreté» de cette échéance électorale. Malgré la décision de la Cour constitutionnelle, qui a entériné les résultats.

Ces dénoncent ce qu’ils considèrent comme «un usage excessif de la force» lors de la dispersion vendredi par la police d’une manifestation qu’ils comptaient organiser à Bamako, ainsi que l’interpellation d’une dizaine de membres de la direction de campagne de M. Cissé.

 

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