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Soudan du Sud:Paix incertaine mène à la faim et les combats persistants…

Des réfugiés du Soudan du Sud dans le camp de réfugiés de Leitchuor, en Éthiopie, 2014.

Par Nasreddine Ben Hadid

  • Cinq ans d’une interminable guerre civile, a fait déplacé plus de 4 millions d’habitants, représentant le tiers de la population.
  • Les habitants espèrent la paix, et ne peuvent croire un nième accord de paix qu’ils sentent fragile.
  • Personne ne pense au développement. Garantir sa vie et se nourrir sont les plus urgentes des priorités.

 

Au Soudan du Sud, la question qui persiste : Combien ce nième accord de paix va tenir, sachant que bien d’autres avant n’ont pas tenu le temps que sèche l’encre des signatures. D’où un climat d’espoir mélangé à une crainte plus que légitime. Un accord de pays qui concerne un pays auquel manque cruellement cette «paix», tant les guerres fratricides et les famines qui ont ravagé le pays, représentent le plus grave des défis. Sans oublier l’insécurité qui demeure le danger premier qui guète le Soudan du Sud. Mais aussi, une logique politique basée sur un partage ethnique du pouvoir.

Certes, un nième accord de paix peut générer de l’espoir. Mais, une population lasse des guerres, de l’insécurité et surtout de la faim, peut espérer mieux qu’une signature. A savoir une amélioration réelle et palpable de la situation, aussi bien sécuritaire qu’humanitaire.

Il faut rappeler que cette guerre civile a éclaté en décembre 2013 lorsque le président Salva Kiir a accusé son ex-vice président, Riek Machar, d’avoir fomenté un coup d’État. Le conflit a progressivement gagné l’ensemble du pays et a été marqué par des atrocités à grande échelle comme le massacre de populations civiles, le recours au viol comme arme de guerre et des pillages systématiques.

Chiffre poignant qui résume la catastrophe du pays : Quelque 4,2 millions de personnes qui ont dû fuir leurs foyers, soit près d’un tiers de la population du pays. Même ceux et celles qui n’ont pas quitté leurs terres, restent menacés par des exactions et autres crimes de guerre.

Selon une université londonienne, qui a mené une récente étude statistique : Pas moins de 382.000 Sud-Soudanais avaient perdu la vie à cause de la guerre directement, ou suite aux conséquences néfastes, telles que les maladies et la difficulté d’accès aux soins des populations.

La famine touche presque toute la population d’une manière chronique : En 2017, deux régions contrôlées par l’opposition ont été déclarées en famine et les dernières projections sur la sécurité alimentaire, indiquent que 6,1 millions d’habitants vont nécessiter une aide alimentaire dans les prochains mois.

Situation que confirme Pierre Vauthier, de l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) : «La guerre est le principal facteur de cette situation désespérée». Car les zones contrôlées par l’opposition sont délaissés par le régime. A l’instar Kandak, sans aucun service public, école ou centre de santé.

L’agriculture première et même principale activité économique, a été largement perturbée. Les agriculteurs manquent de semences qu’ils ont du consommer. Ne peuvent disposer d’aucune sécurité. Sans oublier que le commerce des denrées alimentaires est largement perturbé du fait de l’insécurité régnante.

Dans un pays, où la situation humanitaire est catastrophique, la classe politique dirigeante en Soudan du Sud préparent la mise en place, d’ici à la mi-décembre, d’un nouveau gouvernement d’union nationale, dans lequel Riek Machar doit retrouver un poste de vice-président, au côté du président Kiir.

Ce calvaire dure depuis cinq ans sans trêves ou accalmis. Faisant dire à un observateurs, que les deux belligérants se battent pour gagner et diriger un pays plus que dévasté par une longue et interminable guerre civile. Ajoutant que si des pays en paix et ne connaissant pas de guerre, peinent à assurer un développement garant de la stabilité économique et par conséquence de la paix sociale, que dire d’un pays dévasté, où tout reste à construire ?

La population aspire à un calme pouvant assurer une paix garantissant une sécurité durable. Personne n’évoque le développement ou la prospérité économique. Car personne n’est dupe. La paix est déjà plus que difficile à atteindre. Le reste fait partie non pas des rêves, plutôt des fantasmes….

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