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Accouchement à domicile en France… mode ou manque de confiance?

Relax in the bed
  • Contrairement, aux indices de développement des NU, accoucher à domicile dans les pays développés, relèverait d’un choix délibéré et non d’une obligation.
  • Cette forme d’accouchement, est répandue en Hollande, contrairement à la France, où elle reste insignifiante selon les estimations.

Par Nasreddine Ben Hadid

 

Les rapports des Nations-Unies concernant le développement et tous les droits à une vie décente, considèrent qu’accoucher dans une structure sanitaire adéquate est synonyme de développement, et même d’un droit inaliénable. De ce fait, le pourcentage des naissances «hors de ces structures sanitaires adéquates» est synonyme du «sous-développement». Il va de soi que plus un pays est développé, plus ce pourcentage est faible. Pour ne pas dire nul (ou presque) pour certains.

Dans les pays développés, où accoucher dans une structure sanitaire adéquate, ne serait pas un problème du tout, de plus en plus de femmes, expriment le souhait, et même la décision d’accoucher à domicile.

Un «CDAAD» existe même, comprendre «Collectif de défense de l’accouchement à domicile», qui encourage et défend le droit des femmes qui «font le choix de donner naissance à domicile», selon la définition adoptée par ce Collectif. En absence de statistiques officielles au niveau national français, l’association avance des estimations tournant entre «1% et 2% des naissances» à domicile.

Selon le CDAAD, «Il y a autant de raisons pour ces femmes d’opter pour l’accouchement à domicile qu’il y a de parcours». Mais pour une partie d’entre elles, ce choix se fait après un passage à la maternité qui ne les a pas satisfaites.

Le traumatisme serait tellement fort, qu’une femme a reconnu que «suite la naissance de ma seconde fille, j’ai regardé mon mari –qui voulait trois enfants– et je lui ai dit qu’il avait le choix: soit j’accouchais chez moi, soit je ne faisais plus jamais d’enfant.» Elle ne mâchait pas ses mots, et ne regrette pas d’avoir mis son partenaire devant un dilemme si poignant, mais aussi tellement difficile à cerner.

Un choix pris d’une manière voulue et assumée (sur le plan légal), même si la peur de retourner en maternité en est la cause. Ces expériences d’accouchement à domicile, ont conduit d’autres femmes à en adopter le choix.

Selon le CDAAD : «Accoucher à domicile, ce n’est pas seulement le choix d’un lieu et encore moins un caprice. C’est un choix résultant d’une histoire personnelle, d’une histoire de couple, de besoins spécifiques plus ou moins essentiels».

Petit à petit une «communauté» se forme. Certes, (encore) marginale, et surtout statistiquement insignifiante, mais constitue un indice socio-médical révélateur. Aussi bien concernant la qualité des services dans les maternités en France, et même d’autres pays développés, mais aussi relève d’un choix misant sur l’intérêt de «compter sur soi» pour ce genre d’opérations.

Une femme adepte de ce genre d’accouchement considère que «les gens, globalement, parlent de plus en plus de l’accouchement à domicile, grâce aux médias et aux réseaux sociaux, où les groupes sur le sujet fleurissent». Il faut noter que de plus en plus de femmes sollicitent directement le CDAAD sur les réseaux sociaux, qui met à disposition des intéressées une liste des praticiennes et praticiens proposant un accompagnement.

Si cette pratique constitue encore une «curiosité» en France, elle est déjà admise et même tout à fait enracinée au Pays-Bas. Où cette forme de naissance, constitue un choix librement envisageable. Selon une française vivant ce pays : «Là-bas, la femme décide si elle accouche chez elle, ce qui est préconisé, ou plutôt à l’hôpital. Comment, dans quelle position, avec ou sans péridurale: tout est laissé à son appréciation.»

Il faut noter que contrairement aux pays sous-développés, certains pour être plus exact, la question de «l’accouchement à domicile» ne relève pas d’un luxe ou d’un choix délibéré. Le manque de structures sanitaires, la qualité de l’infrastructure routière, et surtout l’absence d’ambulance, sans oublier les grandes distances séparant le domicile de ces femmes des maternités, fassent que ce genre d’accouchement devienne une «obligation» dangereuse. Très dangereuse, si on considère le degré de délabrement des lieux où ces femmes accouchent.

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