• Edition actuelle

Opinion

Les sanctions contre l’Iran s’intensifient

Par Joseph Baroudi

Les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à l’Iran cette semaine. Le département du Trésor américain a annoncé mardi l’ajout de la Basij, une organisation liée à la Garde de la révolution iranienne, et 22 entités financières associées à cette structure, à la liste des organisations terroristes. Cette décision gèle les actifs de cette organisation et empêche  américains de traiter avec elle. Cette classification confirme l’étendue de l’intervention de Basij dans l’économie iranienne et devrait « avoir un impact supplémentaire » sur les multinationales qui pourraient envisager de traiter avec toute entité iranienne.

Cette décision intervient aussi avant l’entrée en vigueur, le 4 novembre,  de l’imposition de lourdes sanctions à l’industrie pétrolière iranienne. Elle entraînera une pression financière sans précédent sur le gouvernement clérical du pays. Des discussions ont également eu lieu sur la possibilité de faire pression sur la Swift (International Financial Telecommunication Association), un réseau international qui échange des messages et des informations sur les paiements et les envois de fonds, afin de rompre ses relations avec l’Iran. La décision est controversée en raison des conséquences imprévisibles  sur les marchés internationaux et les entreprises si Swift se résigne. Le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, John Bolton, a déclaré que la pression sur Swift « en valait la peine », tandis que le Trésor n’a pas émis de position claires concernant la question.

Selon le New-York Times, la Maison Blanche compte sur l’Arabie saoudite pour que le pétrole continue d’irriguer le marché, suite à l’arrêt de l’exportation du pétrole iranien, comme prévu, sans provoquer une hausse des prix, ce qui lui permettrait la mise en œuvre de sa politique de confinement de l’Iran dans le Golfe.

Pendant ce temps, le Congrès intensifie son action contre l’Iran et ses mandataires à un rythme rapide. Le 11 octobre, le Congrès a approuvé à l’unanimité une loi modifiant l’interdiction du financement international du Hezbollah. Le projet de loi imposera des sanctions supplémentaires à diverses entités et activités du Hezbollah, y compris ses institutions bancaires, ses projets de collecte de fonds, et entravera le développement des relations extérieures déployées par son empire médiatique. Cela facilitera également le ciblage de la coopération entre le Hezbollah et les cartels internationaux de la drogue, du blanchiment d’argent et d’autres activités.

Quel a été l’impact de ces efforts? »Je conviens avec les propos du  guide suprême (l’ayatollah Khamenei) … que les problèmes fondamentaux de l’économie iranienne sont internes, et non à cause des sanctions qui lui sont imposées », a déclaré Patrick Clausen, directeur de la recherche à la Washington Institute for East Policy dans un entretien au National Interest à washington . Il a ajouté que l’ administration de Rouhani n’a pas pu tenir ses promesses en termes de croissance économique, un problème qui avait exacerbé les tensions entre l’État et son peuple, en plus d’une corruption qui devient de plus en plus endémique. Il a précisé que l’administration Trump se prépare à obtenir un résultat, qui est peut-être déjà atteint, si  l’économie iranienne s’affaiblit.

Article précédentArticle suivant

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *