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Culture

Tapis rouge pour le cinéma arabe et africain

Par Sarra BELGUITH

 

* Le Tanit d’Or attribué au long métrage de fiction tunisien « Fatwa » de Mahmoud Ben Mahmoud.

* L’Egypte, la Syrie, le Maroc et le Kenya pour le continent africain qui viennent en deuxième place avec trois prix pour chacun de ces pays.

* Le réalisateur et membre du jury pour la compétition des Longs et courts métrages Fictions, Licinio Azevedo a tenu à souligner la qualité des films arabes sélectionnés cette année dans la compétition et l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes réalisateurs africains.

Après un marathon de projections quotidiennes de films venant de tous les coins du monde, la 29ème édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC)  qui s’est tenue dans la capitale tunisienne Tunis du 3 au 10 novembre 2018 s’est terminée en apothéose lors d’une cérémonie haute en couleurs organisée pour la première fois au Prestigieux théâtre de l’opéra de la Cité de la Culture. Pour cette édition, le palmarès attendu comme toujours avec impatience pour les cinéphiles mais aussi pour les protagonistes de l’image a donné la part du lion au cinéma tunisien  en décrochant trois Tanits et deux prix: Le Tanit d’Or pour le long métrage de fiction « Fatwa » de Mahmoud Ben Mahmoud, le Tanit d’Or pour le court métrage de fiction « Brotherhood » de Meryem Joobeur, le Tanit de Bronze pour le court métrage de fiction « Astra » de Nidhal Guiga, le prix du meilleur acteur pour Ahmed Hafiane dans « Fatwa » et une mention spéciale pour « Le fleuriste » de Chamakh Bouslama dans la catégorie des courts métrages de fiction également.

 

 

Pays arabes et africains

 

Pour les pays arabes et africains participants à cette édition, ce sont surtout l’Egypte, la Syrie, le Maroc et le Kenya pour le continent africain qui viennent en deuxième place avec trois prix pour chacun de ces pays.

 

Le cinéma égyptien s’est distingué quant à lui dans la compétition officielle des longs métrages documentaires en remportant le Tanit d’Or pour le film « Amal » de Mohamed Siam et le Tanit d’Argent pour l’oeuvre « You come from far away » d’Amal Ramsis. Un autre Tanit pour l’Egypte dans la catégorie des longs métrages de fiction à savoir le Tanit d’Argent pour « Yomeddine » d’Abu Bakr Shawky.

Fortement apprécié par les cinéphiles, la critique et les hommes de cinéma, le long métrage de fiction syrien « Le voyage inachevé » de Joud Said a, à lui seul remporté trois Prix: le Tanit de Bronze, le prix de la meilleure image et le prix du Public (sans oublier le prix Fipresci dans la section parallèle). Idem pour le cinéma marocain qui a décroché trois prix pour le film « Sofia » de Meryem Ben M’Barek : Mention spéciale, ainsi que les Prix TV5Monde et le Prix Tahar Cheriaa dans la compétition première oeuvre.  Pour les films africains, c’est le cinéma du Kenya qui a figure en tète de liste avec deux prix pour le film « Rafiki » de Wanuri Kahiu -prix de la meilleure musique et le prix de la meilleure actrice décerné à Samantha Mugatsia- et le Prix du meilleur scénario décerné à « Supa Modo » de Likarion Wai Naina.

Vainqueur du Tanit d’Or des JCC2017 pour son film « The train of Salt and Sugar », le réalisateur et membre du jury pour la compétition des Longs et courts métrages Fictions, Licinio Azevedo a tenu à souligner la qualité des films arabes sélectionnés cette année dans la compétition et l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes réalisateurs africains. « Ce qui m’a touché dans les films proposés c’est le message d’espoir véhiculé malgré la diversité, la gravité et la complexité des sujets traités » a-t-il encore ajouté.

 

En effet, dans la compétition officielle des films de fiction sélectionnés,  l’Irak et le Sénégal ont été présents avec deux longs-métrages, en l’occurrence la fiction «Yara » de Abbas Fadhel (Irak) et le documentaire « Rencontrer Mon Père » de Alassane Diago (Sénégal).

Dans la compétition documentaire des courts-métrages, le Sénégal a été présent avec «Kedougou» de Mamadou Gueye et « Nooteel » de Pape Abdoulaye Seck, alors que l’Irak a été représenté par « Survivors of Firdous Square» de Adel Khaled.

Les œuvres citées sont retenues parmi 44 films du genre fiction et documentaires, courts et longs-métrages-, en compétition officielle provenant du Rwanda, du Maroc, du Congo, de Kenya, de l’Algérie, du Maroc, d’Egypte et de la Syrie.

Présidé par Deborah Young (États-Unis), le Grand Jury a réuni Licino Azevedo (Brésil), Diamand Bou Abboud (Liban), Ridha Behi (Tunisie), Maimouna N’DIAYE (Guinée), Mai Masri (Palestine) et Beti Ellerson (Etats-Unis).

Le jury Documentaire présidé par Raed Andoni (Palestine) a été formé de Laza (Madagascar), Giona A. NAZZARO (Suisse), Kaouther Ben Hania (Tunisie) et Stefano Savona (Italie).

 

Atelier Takmil
En dehors de la compétition officielle, le cinéma arabe et africain s’est distingué en décrochant des prix des ateliers « Takmil » et « Chabaka », dans le cadre de la section « Carthage Pro » des Journées Cinématographiques de Carthage 2018. Parmi les quatre bourses d’aide au développement décernés dans l’atelier de networking des JCC « Chabaka » et les sept bourses d’aide à la finition aux films les plus prometteurs qui ont été accordées dans le cadre de l’atelier « Takmil » qui accompagne des cinéastes africains et arabes de la phase de développement jusqu’à celle de la finition en vue de les retrouver dans l’avenir dans les  compétitions officielles figurent notamment le Prix du centre national du cinéma et de l’image (CNCI) qui a été accordé à « Préjugé » de Kady et Esther Traoré (Burkina Faso). Le Prix TV5 Monde a été remporté par « Carnaval, Blood and Honey » de Mohamed Siam (Egypte). Quant au prix Robert Bosch Stiftung, il a été remporté par « Moulaye » d’Alassane et Baila Sy (Sénégal)

 

Le Prix Initiative film (accompagnement tout au long de l’année) a été décerné quant à lui au projet « Plus longue sera la nuit » de Latifa Said (Algérie).

 

En ce qui conerne les prix « Takmil », laBourse de l’OIF (10 000 euros)  a été décernée à « Certified  Mail » un long métrage de Hisham Saqr (Egypte). La Bourse de l’IMS -l’International Media Support- (10 000 euros) a été accordée au projet de film « Le royaume de Malika » un long métrage documentaire de Hassen Ferhani (Algérie). La Bourse de l’OIM (10 000 euros) a bénéficié à « Fathallah TV » un long métrage documentaire de Wided Zoghlami (Tunisie)

Quant à la Bourse du CNCI (10 000 DT), elle a été décernée à   « L’Algérie en Auvergne » un long métrage documentaire de Lina Soualem (Algérie). La Bourse de Laser Film (15 000 euros, travaux post-production) a été accordée à « Haifa Street » un long métrage de Mohanad Hayal (Irak). La Bourse Eye on Films (15 000 euros, une bourse de post production, ventes ou marketing) a été l’apanage de « Temporarily » un long métrage documentaire de Reham Alkassar (Syrie)

Pour rappel, cette année, 11 copies de travail venant d’Algérie, d’Egypte, d’Iraq, du Liban, du Rwanda, de Syrie et de Tunisie ont été retenues pour l’atelier Takmil.

 

Retour de Merzak Allouche

Pour cette 29èmeédition des JCC, treize films de neuf pays ont en course pour le « Tanit d’Or » long métrage 2018″ des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), ont connu pour cette édition 2018 le retour des pionniers Merzak Allouache (Algérie), et Abbas Fadhel (Irak) tout en ouvrant la voie pour des jeunes talents prometteurs comme Abu Bakr Shawky qui s’est distingué d’ailleurs dans cette édition et Machérie Ekwa Bahango de la République démocratique du Congo (RDC) qui a rencontré plusieurs personnages sur son chemin, qui l’ont motivé à franchir le pas et à écrire sa première longue expérience narrative des enfants de la rue  « MAKI’LA », ayant obtenu une mention spéciale décernée également au film « Sofia » de Meryem Ben M’Barek (Maroc).

Le Benin s’est également distingué dans la Compétition officielle des courts métrages fictionen remportant le Tanit d’Argent pour le film  « Lalo’s House » de Kelley Kali.

Dans la Compétition officielle des courts métrages documentaires, le Sénégal a remporté le Tanit de Bronze pour le film « Kedougou » de Mamadou Khouma Gueye ; dans cette mémé catégorie, deux pays arabes ont obtenu les deux premiers grands prix à savoir le Tanit d’Or pour « Resonances » de Nicolas Khoury (Liban) et le Tanit d’Argent  pour le film « I signed the petition » de Mahdi Fleifel (Palestine).

 

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