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Nigéria : Campagne électorale sur fond de violence

Nasreddine Ben Hadid

 

  • Le Nigéria pèse lourd dans le continent Africain : Au niveau démocratique qu’économique, mais aussi social et politique. Première puissance pétrolière du continent africain, avec plus de 180 millions d’habitants.
  • La taille d pays, son économie, ainsi que son emplacement, font de ces élections, un enjeu national, régional et même international.
  • Les observateurs s’accordent à considérer que la crise économique, la corruption ainsi que la question sécuritaire, restent les sujets prioritaires pour les deux adversaires.

 

Le 16 février prochain, le Nigérians vont aux urnes pour désigner leur futur président. De ces urnes, va se distinguer une nouvelle légitimité : Entre l’actuel président, Muhammadu Buhari, et son principal rival, le richissime homme d’affaires Atiku Abubakar. Sachant que chacun des deux adversaires, vient de dévoiler son programme, donnant le coup d’envoi de la campagne présidentielle, à trois mois du scrutin.

Le Nigéria pèse lourd dans un continent qui se cherche encore : Aussi bien au niveau démocratique qu’économique. Et par conséquence au niveau de la stabilité sociale et politique. Première puissance pétrolière du continent africain, mais aussi le pays le plus peuplé, avec plus de 180 millions d’habitants. De quoi faire de ces élections, un enjeu national, régional et même international.

Sur le plan purement électoral, le choix des électeurs se fera entre 78 candidats mais le véritable duel opposera le président sortant, candidat du Congrès des Progressistes (APC) et le chef de file de l’opposition (Parti populaire Démocratique, PDP).

Chose nouvelle, l’actuel président et ancien général Buhari, 75 ans, était presque certain Il y a quelques mois encore, d’un passage assuré vers un nouveau mandant. Surtout face à une opposition divisée. Ceci sans les nombreux revers et des défections en série, que son parti vient de subir.

Le premier et unique concurrent réel au président sortant Atiku Abubakar, ancien vice-président (1999-2007), âgé de 71 ans est un homme politique bien connu des Nigérians. A la fois pour sa réputation d’homme à l’immense richesse. Mais aussi, traine derrière lui une image ternie par des accusations de corruption ou des scandales liés à des conflits d’intérêts, mais aucun de ses détracteurs n’a réussi à le faire comparaître en justice.

 

 

Cet homme d’affaire a pu redresser la barre, et même s’offrir une chance réelle d’accéder à la présidence du pays : il a même réussi en quelques semaines, à copter toute la frange déçue de la présidence de M. Buhari. Une image ternie par le ralentissement de l’économie. Sans occulter de graves problèmes sécuritaires dans le pays.

Il faut noter toutefois que les deux concurrents travaillent sur deux axes réellement différents, pour ne pas dire opposés : Le président sortant compte capitaliser sa lutte contre la corruption, et en faire le cheval de bataille de sa campagne électorale. Tandis que M. Abubakar compte mette en avant son succès en tant qu’homme d’affaires et investisseur, pour «remettre le Nigeria au travail», comme il ne cesse de le répéter.

«Le Nigeria, plus que jamais, a besoin d’un gouvernement stable, tourné vers le peuple», selon le président en exercice. Ajoutant à la télévision nationale «avoir tenu ses promesses en termes de sécurité, d’économie et de lutte contre la corruption depuis son élection en 2015». Aussi, il ne cesse de répéter : «Nous sommes déterminés à approfondir le travail que nous avons entamé» pour «que les ressources du pays continuent à bénéficier à la société». Sans oublier de dénoncer la corruption comme une «menace existentielle».

Il faut noter qu’outre la question économique et la corruption, le volet sécuritaire reste d’actualité dans ce pays : Des djihadistes du groupe Boko Haram ont tué, mardi neuf agriculteurs et en ont enlevé 12 dans un village du nord-est du Nigeria, selon des autorités locales.

Selon la même source, les assaillants sont arrivés lundi dans un champ du village de Mammanti, à 5 km de Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, où ils ont tué neuf cultivateurs en train de travailler et en ont blessé trois.

Les observateurs s’accordent à considérer que la crise économique, la corruption ainsi que la question sécuritaire, restent les sujets prioritaires pour les deux adversaires : Le président sortant, à présenter et défendre son bilan. Le principal concurrent à offrir des promesses, et surtout surfer sur ce qu’il présente comme lacunes de son adversaire.

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