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Politique

Soudan: Retour au calme à Khartoum

Par Sarra BELGUITH

* Le président Omar el-Béchir a promis aux Soudanais de « vraies réformes » au sixième jour de manifestations contre le prix du pain assombries par des heurts meurtriers et qui constituent l’une des plus importantes contestations de son pouvoir en trois décennies.

* Lors des récentes manifestations, plusieurs « membres de partis d’opposition », accusés de « vandalisme », ont été interpellés, a rapporté dimanche la Suna.

 

Le mouvement de colère d’une partie de la population au Soudan, qui a touché jusque-là une dizaine de villes, a été déclenché le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, dans un pays en plein marasme économique. Le mouvement de colère a été déclenché par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Après les premières revendications contre la cherté de la vie, le président Omar el-Béchir a promis aux Soudanais de « vraies réformes pour garantir une vie digne aux citoyens ». « L’Etat va entreprendre de vraies réformes pour garantir une vie digne aux citoyens », a déclaré M. Béchir, 74 ans, lors d’une réunion avec les chefs des services de sécurité et des renseignements, selon l’agence de presse officielle Suna. « J’appelle les citoyens à ne pas croire ce que disent » les leaders du mouvement, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le président soudanais Omar al-Béchir a appelé dimanche la police à s’abstenir de recourir à une force excessive contre les manifestants, à la suite de protestations antigouvernementales qui ont secoué plusieurs villes du Soudan ces derniers jours.

Dimanche, lors d’une rencontre avec de hauts responsables de la police à Khartoum, M. Béchir, a déclaré: « nous voulons maintenir la sécurité et nous voulons que la police le fasse en utilisant moins la force ». « Nous reconnaissons que nous avons des problèmes économiques, mais ils ne peuvent pas être résolus par des destructions, des pillages et des vols », a dit le président soudanais en référence à des bâtiments et des bureaux de son parti incendiés par les manifestants. « Nous ne voulons pas que notre pays finisse comme d’autres pays de la région », a ajouté M. Béchir en allusion aux révoltes dans plusieurs pays arabes qui ont provoqué parfois des guerres ces dernières années. « Nous ne permettrons pas que nos citoyens deviennent des réfugiés ».

 

La colère se comprend

Vendredi, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a demandé aux autorités soudanaises « de mener une enquête approfondie sur les morts et la violence », et souligné la nécessité de garantir la liberté d’expression et de rassemblement pacifique ».

Le parti au pouvoir du Congrès national avait affirmé plus tôt comprendre la colère de la population face à la mauvaise situation économique. Mais son porte-parole, Ibrahim el-Sadik, avait aussi accusé « les partis de gauche qui souhaitent déstabiliser l’appareil d’Etat » et Israël d’être à l’origine de ces protestations.

Une crise économique

Cependant, « La raison principale des manifestations est économique et liée aux prix élevés, mais les racines de la crise (…) sont politiques », affirme à l’AFP Abdellattif al-Bouni, professeur de sciences politiques.

Selon lui, « l’échec des politiques gouvernementales, les erreurs et la mauvaise gestion » expliquent la colère de la population.

Depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, le Soudan a été amputé des trois quarts de ses réserves d’or noir. Cette année, le pays traverse des difficultés économiques croissantes avec une inflation de près de 70% et une plongée de la livre soudanaise face au dollar américain.

Les manifestations ont cessé depuis vendredi, la situation est redevenue calme, notamment à Khartoum.

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