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Politique

Sénégal: revendication d’une présidentielle «transparente»

Par La Majalla

 

Alors que deux des principaux opposants au président sortant et candidat Macky Sall risquent de voir leur candidature rejetée par le Conseil constitutionnel, des milliers de partisans de l’opposition sénégalaise ont manifesté vendredi à Dakar pour demander que la présidentielle du 24 février soit «juste et transparente».

Des banderoles brandies par les manifestants, les manifestants pouvaient lire : «Karim Wade président», « Non à la dictature», et «Libérez les prisonniers politiques», qui ont rallié en rangs serrés le Boulevard du général De Gaulle, près du centre-ville de Dakar.

Dans la foule se trouvaient de nombreux partisans de l’ancien maire de Dakar, le socialiste dissident Khalifa Sall, Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade et candidat désigné du Parti démocratique sénégalais PDS (libéral), l’ex-Premier ministre Idrissa Seck ainsi que de la figure montante de l’opposition, le jeune député Ousmane Sonko.

La marche, autorisée par le pouvoir et encadrée par la police, était organisée par le Front de résistance nationale (FRN), une coalition de seize candidats de l’opposition qui réclame depuis des mois le départ du ministre de l’Intérieur, chargé d’organiser les élections, Ali Ngouye Ndiaye, jugé trop proche du président Macky Sall.

Elle intervient deux jours après la fin du dépôt des candidatures devant le Conseil constitutionnel, qui doit annoncer au plus tard le 21 janvier la liste définitive des candidats retenus.

Selon les médias sénégalais et une source proche du Conseil constitutionnel, seule une vingtaine de candidats (entre 23 et 27 selon les sources) ont finalement déposé leur dossier, alors qu’ils étaient plus de 80 fin août à affirmer vouloir se présenter à la présidentielle.

«Notre ennemi, c’est Macky Sall, qui fait ce qu’il veut. Nous ne le laisserons pas faire», a déclaré lors de la manifestation la députée et candidate à la présidentielle Aida Mbodj.

 

«Macky Sall n’a pas le droit d’utiliser la justice pour empêcher des candidats de se présenter», a déclaré Cheikh Gueye, un proche de Khalifa Sall.

Pour être candidat, il faut avoir réuni quelque 52.000 signatures (entre 0,8% et 1% du corps électoral) réparties dans au moins sept des 14 régions du pays et ne pas avoir été privé de ses droits civils et politiques.

Cette dernière condition risque de poser problème à Khalifa Sall, condamné en août à cinq années de prison pour escroqueries sur les deniers publics dans le cadre de sa gestion de la ville de Dakar. En prison depuis près de deux ans, il espère voir sa condamnation cassée par la Cour suprême, dont le verdict est attendu le 3 janvier.

Karim Wade n’est guère mieux loti. Radié des listes électorales après sa condamnation en 2015 à six ans de prison pour enrichissement illicite, il a toutefois été investi comme candidat par le PDS, qui se refuse à envisager une candidature alternative.

«Le Conseil constitutionnel doit valider la candidature de Karim Wade, sans cela, nous aurons affaire à un hold-up électoral», a déclaré Amadou Diakhité, un partisan du PDS.

«Il ne doit pas y avoir d’élection si Karim Wade n’est pas candidat», a déclaré à la veille de Noël le secrétaire national adjoint du PDS, Oumar Sarr, en affirmant que son parti était prêt à «bloquer ceux qui veulent détruire le pays».

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