La double nationalité est problématique

C’est une question épineuse mais il faut la poser : Peut-on occuper des postes stratégiques en ayant une double nationalité ?

Plusieurs pays ont réglé le problème, c’est NON.

D’autres exigent que le candidat abandonne son deuxième passeport, geste symbolique pour signifier que désormais il n’a qu’une seule loyauté.

La commission pour le nouveau modèle de développement compte parmi ses rangs des binationaux. Certains d’entre eux sont très contestés et mis en cause par des articles de presse, pour diverses raisons. Le problème c’est que les membres de cette commission ont accès à des informations stratégiques, ce qui est normal pour leur permettre d’accomplir leur tâche. Et à ce niveau, la double nationalité est problématique.

Il n’est pas question de mettre en doute l’attachement au Maroc de quiconque, mais à ce niveau de responsabilité, les Etats doivent se protéger de manière formelle. Surtout quand des gens ne respectent aucun devoir de réserve et signent des brûlots mettant en cause les institutions du pays .

Au Maroc, cette question est taboue, mais a déjà surgi par le passé. Nous avons limogé un ministre délégué, parce qu’il a demandé la nationalité espagnole, alors qu’il venait d’être nommé ministre. Mais nous avons eu, et nous avons, des responsables qui ont deux passeports. Quand ils rencontrent leurs homologues, représentant leur deuxième pays, quel est leur état d’esprit ? Nul ne peut le certifier.

Entendons nous bien, que de simples Marocains par choix ou par commodité administrative s’octroient une autre nationalité n’a rien de répréhensible en soi. Mais cela pose un problème quand il s’agit d’accès à de très hautes fonctions. Le plus simple, c’est d’exiger qu’ils rendent leur autre passeport et qu’ils renoncent formellement à toute autre nationalité que marocaine.

C’est loin d’être anecdotique. Sans tomber dans les poncifs hyper nationalistes, il serait normal de reconnaitre qu’il ya un problème de souveraineté nationale sur cette question et que cela ne peut pas durer indéfiniment.

Le passeport n’est pas une carte bancaire, c’est un signe d’appartenance à un Etat, à une nation. Or il se peut que les intérêts de cet Etat, sur le plan économique, diplomatique, ne coïncident pas avec ceux du Maroc. Il est alors légitime de se poser des questions, sans accuser personne.

A partir d’un certain niveau de responsabilités, la double nationalité est problématique.