L’École : un casse-tête universel

La rentrée scolaire c’est dans quelques jours. Le ministère a laissé le choix aux parents entre envoyer leurs enfants à l’école ou les garder à la maison pour l’enseignement à distance. Cela pose beaucoup de questions.
                                                     
Mais soyons justes, nulle part au monde on n’a trouvé une réponse unanime. En Floride, les autorités locales ont choisi la présence et au bout de deux semaines, elles sont revenues à l’internet. En France, tout le monde revient à l’école, mais au bout de deux jours, deux écoles ont été fermées.
 
Le problème sanitaire c’est d’éviter que les enfants ne soient des vecteurs de contamination. Mais la question sanitaire ne peut pas s’ériger en dictature par rapport à toutes les autres questions soulevées.
 
Le choix marocain pose des questions. La première relève de l’équité sociale. Qu’est-ce qu’on fait dans les déserts digitaux, est-ce que les écoles pourront accueillir les enfants dans des conditions sanitaires satisfaisantes ? Est-ce qu’une école en rase campagne peut assurer les lavabos, le savon et la distanciation sociale ? Ce n’est pas évident.
 
Le secteur privé doit être interpellé. Faire signer aux parents des engagements n’évite pas la responsabilité des institutions. Qui contrôle les protocoles ? C’est le flou artistique à tous les étages. Mais au-delà, face à une situation aussi exceptionnelle, doit-on continuer dans la logique centralisatrice ?
 
A Laâyoune, ville faiblement touchée, élus, cadres de l’enseignement, Wali, ont proposé d’assurer un enseignement présentiel, selon certaines modalités. Le ministre a accepté. Oujda propose des modalités différentes. C’est dans ce sens qu’il faut aller.
 
Parce qu’au-delà de la transmission du savoir, l’école est un lieu de brassage. La socialisation des enfants ne se passe pas chez eux, face à leurs parents. Le maître n’apprend pas uniquement à calculer, il transmet des valeurs du respect de l’autre, des règles du vivre ensemble, ce qui est impossible sur une tablette.
 
Toutes ces questions, il faudra bien y répondre de manière pragmatique. Il serait dangereux que dans quelques mois on annonce un échec. Il s’agit de l’avenir de dix millions d’enfants.