Peur de la rentrée scolaire en Egypte

Avec la hausse des cas d’infection

 

* Il est nécessaire de réduire la densité des classes, en divisant la fréquentation des élèves, à savoir une présence de 3 jours uniquement.
* La rentrée scolaire, ainsi que la régularité du processus, constituent un danger très grave. Le virus peut reprendre son activité au vu de la densité des classes de 80 élèves
* Le nombre de cas qui entrent dans des complications dues au Coronavirus, a diminué en Égypte et la grande majorité des personnes infectées n'ont pas besoin de recourir aux hôpitaux.

Le Caire: Les experts sont divisés au sujet du retour du Coronavirus «Covid-19» à se propager à nouveau, et ce malgré la baisse des infections au cours des derniers jours en Égypte, que certains considéraient comme un signe positif. Amélioration due à l'engagement des citoyens à suivre mesures de précaution, et le port des masques. Question qui divise partisans et opposants quant au retour des activités économiques et à la rentrée scolaire. Des craintes persistent quant au retour du virus, avec des rumeurs qui se répandent sur les réseaux sociaux, refusant les statistiques émanant du ministère égyptien de la Santé. Chose qui inquiète le citoyen, qui pensait que la vie avait repris son cours normal.

 

La rentrée scolaire en Egypte.

Le Conseil des ministres a approuvé l'ouverture des écoles, à savoir, l’année scolaire 2020-2021, débute le samedi 17 octobre 2020, et se clôture, le jeudi 24 juin 2021 (une durée réelle de 93 jours), à condition que le deuxième semestre débute le 20 Février 2021 et se poursuit jusqu'au 17 juin 2021 (Une durée réelle de 96 jours). Dr Tarik Chawki, ministre de l'Éducation et de l’Enseignement, a déclaré que le choix de la date du lancement de la nouvelle année scolaire 2020-2021, est une conséquence de la propagation du Coronavirus, indiquant que la forme et le système d'étude, seraient annoncés ultérieurement, ajoutant que son ministère dispose de plusieurs propositions, qui sont à l’étude, dans le but d’élaborer la décision qui puise garantir aux élèves de suivre leurs études, tout en préservant leurs sécurités et leurs santés, avant d’ajouter que le système éducatif, pré-université compte près de 22 millions élèves.

Le ministre de l'Éducation a indiqué que toutes les possibilités sont envisageables, essentiellement le recours aux nouvelles technologies de l’enseignement à distance. Tout en bénéficiant des plateformes pédagogiques lancées par le ministère pour les élèves depuis l’avènement de la pandémie, sans oublier que les élèves du niveau secondaire (de la première à la troisième année) vont bénéficier de tablettes. La grille d’évaluation prendra en compte les nouvelles mesures. Les examens seront d’une difficulté analogue, sans être identiques. Ceci se fera sur la base du constat que ferait le ministère des niveaux de compréhension, sans oublier le phénomène de fraude.

Le ministre de l'Éducation a révélé certaines caractéristiques de l'examen du Baccalauréat (égyptien) pour l'année 2020-2021. A savoir que les élèves de chaque matière sont divisés en plusieurs groupes, et que l'examen à distance sera effectué pour chaque groupe à part, et à des moments différents, selon le système du «livre ouvert», égal en degré de difficulté, de manière à garantir le principe de l'égalité des chances. Le ministre a souligné que le nouveau système éducatif 2.0 (qui s'applique de la maternelle et jusqu'à la troisième année du primaire), le recours aux nouvelles technologies durant les étapes préparatoire et secondaire, ainsi que l'enseignement intégré, font déjà partie des systèmes futurs, et ne constituent pas uniquement une réponse à la propagation du Coronavirus. Ce système sera généralisé dans les années à venir, dans le but de surmonter les problèmes auxquels est confronté le processus éducatif, (densité numérique et carence d'enseignants).

 

Baisse de la propagation du virus.

Quant au Dr Mohamed Awadh Tajeddine, Conseiller du président pour les affaires de santé et de prévention, il a déclaré que les résultats actuels, à savoir la baisse du taux d'infection par le Coronavirus en Égypte, sont prometteurs, en particulier avec la baisse de la propagation du virus, avec l’espoir de continuer de la sorte, afin d’éliminer complètement le virus. Il a rappelé que tout virus dans son développement naturel, passe par une augmentation exponentielle du nombre de personnes infectées, pour atteindre «un pic», et commencer à chuter par la suite. Aussi, selon Dr Tajeddine, la pandémie sévit encore en Égypte, et par conséquence la précaution et la prudence, doivent être de mise, essentiellement à travers le port du masque, ainsi que l’observation de la distanciation. Les mesures prises par l'État et la bravoure des médecins, ont permis de contrôler la situation. Nous avons prévu le pic au mois juin. Chose qui s’est avérée exacte. Puis nous avons constaté une baisse du nombre des infections.

Dr Mohamed Awadh Tajeddine, préconise le maintien, et même le renforcement des mesures de précaution, afin que le pays prend connaitre une baisse continuelle du taux d’infection. Aussi, l’État ne prenne aucune décision, aussi bien l’ouverture de certains secteurs économiques, que la reprise de l’activité commerciale, sans oublier la rentrée scolaire, que sur la base d’une étude approfondie et une préparation, qui envisage tous les cas de figures. Aussi, la prise en considération des moyens disponibles, tout en se préparant à affronter le pire, car l'État égyptien a réussi à coordonner les efforts et faire éviter au pays les mauvaises conséquences de la première vague. Et même porter de l’aide à certains pays.

Le Dr Haider Sultan, consultant en maladies pulmonaires, a insisté quant à l’importance des précautions imposées, par l'Organisation mondiale de la santé, tels que la stérilisation et le port d'un masque, avant d’ajouter qu’une nouvelle émergence du Coronavirus, et une hausse des taux des infections, sont plus que probables. Car, nous sommes face à une pandémie qui sévit à l’échelle mondiale, sans savoir et être certain, si ce virus est le fruit d’une manipulation humaine, ou par contre, résultant d’une mutation naturelle. Il a rappelé que le ministère de la Santé, à l’instar de tous ses semblables à travers le monde, a ouvert les portes des hôpitaux devant tous les cas atteints. Chose qui a conduit à une saturation. Alors, les hôpitaux militaires ont été mis à contribution. Sans oublier les hôpitaux de campagne. Aussi, des cités universitaires ont été converties en lieux de quarantaine. Tous ces efforts, selon Dr Sultan, ont permis de surmonter cette crise. Reste qu’une deuxième vague reste probable, sans que personne ne puisse nier ou confirmer la chose. Et il a conclu par le fait, que toute décision nécessite une étude de la situation.

Dr Haidar a révélé que la rentrée scolaire, reste une question cruciale, car peut-être la cause d’une nouvelle propagation. Situation qui va conduire à une catastrophe, sachant la forte densité des classes, qui peuvent contenir jusqu’à 80 élèves. Même si le corps médical est désormais plus expérimenté. J'insiste sur la nécessité de reconsidérer la question de la rentrée scolaire en raison de la gravité de la question et de l'insuffisance des capacités des hôpitaux, de peur que cette ouverture ne soit la cause d’une forte augmentation du nombre d’infections, de loin supérieure aux capacités de tout pays à s’y opposer. La rentrée scolaire nécessite une connaissance approfondie du virus, mais aussi une vaccination des élèves. Tant ces conditions sont impossibles à satisfaire, il vaut mieux ne pas ouvrir les écoles. Nous pouvons à cet effet nous inspirer de l’expérience avec la poliomyélite. Un vaccin existe, et de ce fait protège tous les enfants. Nous devons observer la même démarche concernant le Coronavirus.

 

L’immunité du troupeau en question. 

Concernant l’immunité du troupeau, Sultan estime que l’adoption de cette vision nécessite, d’accepter que les personnes âgées, et les atteints de maladies chroniques, constituent la majorité des infections, ainsi que des cas de décès. Les seules certitudes dont nous disposons sont, la nature contagieuse de la pandémie, mais aussi que les plus de 65 ans, et les atteints de maladies chroniques, constituent la majorité des infectés ainsi que des victimes. Aussi, la science ne dispose pas d’informations concernant le processus de l’infection, ni le comportement du corps humain. Sans oublier qu’un ratissage dans les normes, nécessite une quantité plus importante de tests, qui ne peuvent garantir une cartographie viable de l’infection. D’où la dangerosité d’ouvrir les écoles. Sans oublier la nécessité de mettre en place des espaces de quarantaine couvrant le pays dans sa totalité.

Pour sa part, le Dr Mohamed Ezz Al-Arab, Professeur de gastroentérologie et d'hépatologie, et fondateur de l'unité d'oncologie à l'Institut national du foie, a confirmé que le nombre de cas qui entrent en complications en raison du Coronavirus a diminué en Égypte, et que la grande majorité des personnes infectées n'ont aucun besoin de recourir aux hôpitaux, avant d’ajouter, que la chute du nombre des ayant besoin de soins intensifs, ne doit pas faire oublier que le virus existe. Ceci doit interpeller et faire savoir que le virus est toujours présent. L’Égypte continue à enregistrer quotidiennement de nouveaux cas. Cette transparence prouve bien que le nombre des guérisons est 10 fois le nombre des infections.

Ezz Al-Arab a souligné l'importance d'annoncer le nombre de prélèvements quotidien, afin de savoir si une deuxième vague se prépare, avant d’ajouter que beaucoup de pays ont connu une régression, mais la courbe a repris d’une manière significative. Il convient alors de bien exploiter ces statistiques, afin de pouvoir se projeter dans l’avenir.

Le Dr Alaa Awadh, professeur de gastro-entérologie et d'hépatologie à l'Institut Theodore Bilhars, a déclaré que le nombre d'infections au Coronavirus dans le rapport quotidien du ministère de la Santé et de la Population en Égypte, concerne le nombre de cas qui s'avèrent positifs grâce aux tests, à savoir le nombre de cas qui que les hôpitaux du ministère La santé, recensent. Il faut garder à l'esprit que la grande majorité des cas ne vont plus à l'hôpital, mais sont traités à domicile, ne font l’objet d’aucun test, et par conséquence, ne font pas partie des statistiques quotidiennes du ministère de la Santé. Ceci nous conduit à douter des chiffres officiels avancés.

 

Le Coronavirus en question.

Ahmed Hassan, expert pédagogique, considère que la pandémie a épuisé le monde entier, avec des dommages généralisés, y compris l'Égypte. Aussi, a amené chaque pays à réfléchir à la façon de faire face à ce virus. En dépit de tout ceci, la vie doit continuer, ajoute-t-il : Tout le monde a repris son activité, armé de prudence et des précautions. Ceci, du moins en théorie. Reste qu’avec le manque de sensibilisation et l'ignorance, le virus va partir de si tôt. Et la situation ne fait qu’empirer, tant on ne respecte pas la distanciation, avec une densité très forte. Chose qui nous conduit à évoquer la façon dont la pandémie est traitée en Égypte, en ce début de la nouvelle année scolaire 2020/2021, où le nombre des élèves dans l'enseignement pré-universitaire est de 23 millions d'étudiants. Chawki, ministre de l'Éducation, a déclaré que son ministère annoncerait début septembre un plan pour faire face à la pandémie Corona dans les écoles, alors que les cours commenceraient le 17 octobre.

Hassan a confirmé que le ministre égyptien de l'Éducation a déjà fait allusion d’une manière éparse, à travers ses précédentes déclarations, à la manière de combattre la pandémie en cette rentrée scolaire. Le ministre a déclaré aussi, l’intention d’adopter un système d’enseignement mixte, à savoir deux jours de présence à l’école pour recevoir les leçons. L’élève suivra ses cours le reste de la semaine «online». Ceci va permettre, selon le ministère d’avoir des classes, ne contenant que 20 élèves au maximum. Le ministre semble ne pas savoir qu’il existe des classes avec 150 à 200 élèves. Une telle classe va submerger toutes les salles d’une école.

Hassan a souligné un autre point sur lequel il veut attirer l'attention des responsables de l'éducation en Égypte, à savoir que le nombre d'étudiants qui ont passé les examens du Baccalauréat est de 650.000 étudiants, tandis que le nombre des élèves qui rejoignent l’école en cette nouvelle année avoisine les 23 millions. Un troisième point concerne les mesures de précaution. A l’examen du Baccalauréat, ces mesures ont été observées les deux premiers jours, puis délaissées. Choses qui expose les élèves à des dangers certains.

 

Mesures de précaution.

Hassan Ahmed, expert en pédagogie, et président syndicat indépendant des enseignants en Égypte, a confirmé que son syndicat se prépare actuellement à organiser des cours de formation pour ses membres, concernant les éléments du processus éducatif, en ce début de la nouvelle année scolaire, à travers des programmes conçus pour former les enseignants sur la façon de faire face à la pandémie. Ainsi que les mesures de précaution pour préserver la santé des élèves, et des enseignants. Sans oublier la manière de compenser les élèves pour le manque observé au niveau des leçons. Les enseignants auront à se familiariser avec la technologie moderne comme moyen pédagogique.

Ahmed a révélé que l'Égypte dispose d’une expérience certaine dans la gestion de genre d’épidémie, acquise pendant la période de la pandémie de la grippe aviaire. L'État égyptien a alors, divisé les élèves en salles, même si aucun espacement n'était requis. La réduction de la densité a grandement aidé l'Égypte à surmonter la pandémie de la grippe aviaire, avant d’ajouter que le fait de traiter les élèves, via internet, n’exclut nullement l’obligation de la présence à l’école, tout en observant les mesures de précaution de la manière la plus parfaite possible… Ceux qui basent leurs conclusions sur l’examen du Baccalauréat, ne font que commettre une faute grave, car les nombres dans les deux cas, sont incomparables. De ce fait, il faut insister quant aux portails onlines. Mais aussi, les portes des écoles qu’il faut stériliser en continu.

Hassan a souligné la nécessité de réduire la densité des classes en divisant les élèves en termes de fréquentation en étapes, à condition que les élèves ne fréquentent que 3 jours, mais cette question nécessite de changer les programmes, de sorte que certaines matières qui ne représentent pas un avantage doivent être supprimées, en tenant compte des heures de présence. Tout en évitant les lacunes précédentes, sans quoi le secteur va connaitre une catastrophe, car l’hiver est devant nous, à savoir cette saison connait une forte propagation de la grippe. Chose qui va répandre la terreur parmi les citoyens.