Démocratie aux abois….

De l’Afrique aux Etats-Unis :
Donald Trump et des membres de sa famille.

Les journalistes qui suivent à la fois les élections présidentielles, aussi bien aux Etats-Unis d’Amérique, que dans certains pays africains, ont bien constaté quelques similitudes et un certain nombre d’analogies.
Plus étrange encore, l’image des Etats-Unis ou la démocratie est (presque) parfaite, chose qui contredit une image africaine, ou la démocratie prend la forte d’une plante naissante qui cherche à se faire des racines, n’est plus de mise. Mieux (ou pire) encore : Ici et là, on se réfère au même glossaire : Falsification, bourrage des urnes, et surtout nécessité de recompter les bulletins.
Seule et unique nuance : Aux Etats-Unis d’Amérique, les cris aux scandales, ont eu pour origine l’équipe du président sortant. Par contre, en Afrique, ces cris ne peuvent venir que de l’opposition, ou plutôt des oppositions…

Alassane Ouattara.

 
Un dénouement, mais des séquelles certainement…
Aussi bien en Afrique qu’aux Etats-Unis, les accusations de falsification ne portent pas sur des actes individuels, mais plutôt récusent toute «une machine» qui volontairement (selon les contestataires) a opté pour un action systématique, bien ordonnée et surtout (très) bien orchestrée.
«J’apprécie vraiment qu’on me demande de prendre la parole […], et c’est très intéressant de voir ce qui se passe, et c’était une élection que nous avons remportée facilement. Nous l’avons gagné avec un score assez large», avant d’ajouter «Cette élection a été truquée, et nous ne pouvons pas laisser cela se produire»…
Un média peut présenter ces dire en quid, afin d’en définir l’auteur. A choisir entre :
Henri Konan Bédié ?
Cellou Dalein Diallo ?
Kouadio Konan Bertin ?
Pascal Affi N'Guessan ?
Guillaume Soro ?
Le commun des mortels, pas très versé dans la politique, aurait certainement imputé cette phrase à un nième opposant africain, en mal d’éteindre sa déception, prononcerait bien ces paroles dans le but de dénigrer un nième dictateur africain, pour qui les élections, ne serait qu’un pont pour repasser (encore une fois) vers un trône, que seul un putsch ou la mort, peut l’en priver.
La vérité est bien autre : Cette phrase «africaine » d’essence, est made-in-USA. Plus encore : Les droits d’auteur reviennent à l’actuel locataire de la Maison Blanche Donald Trump.
Alpha Condé.

 
Nivellement par le bas ? Pourquoi ?
L’imageantique, consistait à constater un enracinement de la démocratie en Afrique, afin de dépasser le «creux de la vie» et amorcer de la sorte vers ce qu’on peut appeler une «quiétude politique», à savoir une acceptation des résultats par tous les candidats. Certes, personne ne pensait aux miracles. Mais le cauchemar est venu des Etats-Unis, qui nous ont engendré un scénario que le plus brillant des scénaristes de Hollywood n’aurait pu imaginer.
Un président qui n’est pas fair-play, n’a pas reconnu sa défaite du premier coup. A bien voulu insister jusqu’à la dernière seconde.
La Côte d’Ivoire et la Guinée Equatoriale, viennent de vivre des élections, contestées en premier, houleuse en second, et même violentes, avec un nombre consistant de victimes, sans oublier les blessés, et les dégâts matériels.
Les «négationnistes»…

Contrairement à Donald Trump qui a été pris par la «folie» d’un deuxième mandant, les deux prétendants africains, à savoir Alassane Ouattara et Alpha Condé, ont voulu s’approprier les règles de la fameuse NBA américaine, à savoir un «troisième temps» et pourquoi pas, si la santé et les circonstances le permettent, un «quatrième temps».
Certes, les circonstances ne sont pas les mêmes, de part et d’autre de l’Atlantique, mais on constate un axe commun, reliant Washington à Conakry en passant par Yamoussoukro, à savoir, une partie de l’élite politique, qui œuvre et manœuvre pour dépasser une démocratie qui a servi de (simple) échelle pour se hisser au pouvoir, afin d’instaurer un populisme ouvert, et au premier degré.
De part et d’autre de l’Atlantique, qu’on soit dans l’une des plus anciennes démocraties libérales au monde, et l’une des plus singulières, sans oublier une économie qui tient encore le haut du podium, ou qu’on soit en Côte d’Ivoire ou en Guinée Equatoriale, où (de l’avis de tous) la démocratie est encore naissante, le constat est le même, ou plutôt la même amertume au fond de la gorge : «On m’a volé ma victoire».
 
L’étonnement…

Et demain ???
En l’avouant parfois, ou sans le dire, l’Occident s’est toujours présenté pour les pays du Tiers-monde en général, et de l’Afrique en particulier, comme étant «l’exemple à suivre», à savoir le modèle de référence.
Une question se pose et même s’impose : Le «phénomène» Donald Trump est une parenthèse que les States vont prochainement fermer, ou au contraire, une plante qu’y a pris ses racines, sans qu’aucun désherbant ne puisse la déraciner…
Les plus optimistes prétendent ou plutôt fantasment que le jour de l’investiture de son concurrent, Donald Trump ne serait qu’un simple passé, et une histoire à oublier, et surtout une parenthèse à fermer.
Nuances : sur le plan, purement, statistique, ce président baroudeur, a eu son mandant avec un peu plus de 62 millions de voix. Pour les élections qu’on vient de vivre, il a eu environ 72 millions de voix.
Ce grand blond, ne peut constituer une parenthèse que les Etats-Unis vont fermer à l’investiture de Joe Biden.
Le populisme n’a pas fini de dire son dernier mot… Des deux rives de l’Atlantique, bien sûr…