Les frères musulmans ont créé al Qaîda et Daesh

La politique extérieure de la Turquie et ses conséquences désastreuses sur l’Europe

 
*Je crois que l’organisation terroriste des frères musulmans va toujours échouer et ne profitera pas de l'accès au pouvoir de Biden pour parler des détenus et soulever la question des droits de l'homme en Egypte
 
* Daesh ne possède que l’arme de la peur afin d’empêcher les citoyens de participer à la Présidentielle prévue en mars prochain
 
*On doit révéler les efforts des Nations unies pour résoudre la crise libyenne, qui sont entravés par la Turquie et le gouvernement d’entente, et ses milices terroristes
 
* Lorsque les Frères arrivèrent au pouvoir en Egypte suite aux événements de janvier 2011, nombre de parlementaires fréristes et de responsables gouvernementaux partirent en Turquie pour s’y former



Abdel Rahim Ali est un homme politique égyptien et écrivain, hors norme, il est député au parlement égyptien connu par son courage et franchise, possède un parcours impressionnant, un directeur fondateur du centre des études du moyen orient ( C.E.M.O) Paris, un respectueux Think Tank, il est aussi le président du centre arabe des recherches et des études du Caire et rédacteur en chef du quotidien égyptien  Al-Bawaba. Il fut l’un des principaux acteurs de la Révolution égyptienne de 13 juin 2013 qui est à l’origine de la chute du régime des frères musulmans. Il possède une popularité auprès des peuples arabes assoiffés d’un islam moderne. Un expert dans les affaires islamiques et du terrorisme international. Auteur de nombreux ouvrages sur l’islam politique dont«Oussama ben Laden: fantôme invoqué par les États-Unis - Dar MeritPublishing House (2001). » « l’Encyclopédie des mouvements islamistes » (8 parties) – « El-Mahrosa »2004 , la série en 5 volumes « l'alliance du terrorisme - Al-Qaïda d'Abdullah Azzam à Ayman Al-Zawahiri aux editions du Caire (2005).En français, il a publié «  l’Etat des Frères musulmans » et du livre «  Daesh » la redistribution des cartes dans un monde bouleversé ;parus aux éditions l’Harmattan en 2017.
 
 

DR. Abdel Rahim Ali 

 
La Majalla : pensez-vous que l’arrivée du président Joe Biden changera la donne et préparera le retour de l’islam politique que vous attaquez ardemment durant toute votre vie ?
Abdel Rahim Ali : je ne pense pas, je ne vois aucun danger dans l’arrivée au pouvoir du président américain élu et dansson Parti démocrate Joseph Robinette Biden Jr., dit Joe Biden,  qui sera investi 46e président des États-Unis le 20 janvier 21.
Je crois que l’organisation terroriste des frères musulmans va toujours échouer et ne profitera pas de l'accès au pouvoir de Biden pour parler des détenus et soulever la question des droits de l'homme en Egypte; Depuis que le président Abdel Fattah El-Sissi a beaucoup évoqué de cette question à plusieurs endroits, y compris à l'Assemblée générale des Nations Unies, et à une autre occasion avec le président français, Emmanuel Macron au Caire, et a confirmé à l'époque que l'Égypte avait un programme spécial en matière de droits de l'homme, d'éducation et de droit au logement.
Biden pour fabriquer la lumière en orient, doit travailler avec les  hommes forts Sissi le sauveur de l’Egypte, le sage Mohamed ben Zayed l’homme fort  des pays du Golfe et le moderne Mohamed ben Salman réformateur de l’Arabie.
 
Donc pour vous pas de danger
- Je pense qu’il est un homme d'État américain. Il a de l’expérience il était Vice-président des États-Unis de 2009 à 2017. Et Sénateur fédéral pour le Delaware de 1973 à 2009, il est considéré comme appartenant à l’aile droite du Parti démocrate et préside le comité judiciaire et criminel de la chambre haute du Congrès de 1987 à 1995. Il est également à la tête à deux reprises, entre 2001 et 2009, du comité des affaires étrangères du Sénat. Il sait parfaitement les erreurs commises de la présidence Obama et les résultats catastrophiques de ses mandats sur le proche orient avec son printemps arabe et ses conséquences actuelles sur le terrain, pour instaurer la paix et la stabilité et la prospérité au proche orient, il doit sûrement travailler avec les hommes forts de l’orient comme le président Abdel Fattah el Sissi l’homme qui a sauvé l’Egypte des terroristes , Biden doit travailler aussi avec l’homme fort des pays du Golfe le sage Mohamed benZayed, le prince héritier des émirats arabes unis qui possède une claire voyance et qui a vu juste l’erreur de l’administration américaine d’Obama depuis le début. Enfin il doit coopérer aussi avec le prince héritier du royaume de l’Arabie Saoudite le réformateurMohamed Ben Salman qui a donné une touche de modernité au pays et qui a libéré le peuple saoudien et surtout les femmes des mains fermes de certains wahhabites et qui a ouvert l’Arabie sur le monde en concordance avec l’époque moderne, c’est avec ces trois grands leaders arabesqui peuvent fabriquerla lumière au proche orient et pour rectifier le tir d’Obama, on a déjà un bon signe, puisqu’il a fait la promesse d’être « un président qui rassemble et non pas qui divise », ou encore l’invitation lancée à ses concitoyens de ne pas traiter leurs « opposants comme des ennemis. Il  promet de « guérir » l’Amérique et réparer les dégâts, il s'est même défendu de vouloir rejouer « un troisième mandat Obama », après avoir nommé les premiers membres de son administration, dont certains étaient en poste pendant la présidence de Barack Obama. Donc ce ne sera pas un troisième mandat Obama, car il fait face à un monde totalement différent que celui qu'a connu l'administration Obama-Biden.
 
La Majalla: est-ce que l’Egypte a vaincu Daesh au Sinai ?
Dr Abdelrahim Ali : oui bien sûr et avec fermeté depuis l’arrivée du Marichal Abdel Fattah el Sissi, d’ailleurs l’opération antiterroriste nommée « Sinaï 2018 » qui visait à dissuader toute personne ayant l’intention d’attaquer l’Égypte par voie terrestre, aérienne ou maritime, ou bien freiner son développement.l’armée égyptienne a vaincu les terroristes de l’Etat islamique (Daesh) sur le terrain. Daesh n’a plus autre capacité que l’arme de la peur afin d’empêcher les citoyens de participer à la Présidentielle prévue en mars prochain.
La Majalla : comment évalué vous le discours du président français Emmanuel Macron contre l’Islam politique ?
- J’avais félicité le président français Emmanuel Macron après son annonce de la stratégie de son gouvernement visant à faire face à l’islam politique, et son affirmation du fait qu’il ne faut pas accepter que d’autres lois puissent prendre le dessus sur les lois de la République, et que le séparatisme islamiste, en allusion aux Frères musulmans et aux groupes de l’islam politique, s’oppose aux principes de liberté et d’égalité, ainsi qu’à l’indivisibilité de la République, et à l’unité nécessaire de la nation. La vision de Macron était claire et résolue et comportait des allusions qu’il n’était pas possible d’ignorer sur les dangers des financements du Qatar et des autres pays soutenant les groupes terroristes. J’ exprimemon estime pour tous les responsables et membres du Centre d’études du Moyen-Orient pour les colloques, conférences et études qu’ils ont réalisés et qui s’adressaient aux institutions et aux décideurs des divers pays européens, et ont permis de dévoiler les buts suspects des courants et groupes terroristes et takfiristes, et à leur tête le groupe des Frères musulmans, les programmes et stratégies du Centre d’études du Moyen-Orient à Paris ont eu un impact positif sur l’opinion publique européenne. Notre centre CEMO fait l’éloge de la position française appelant à faire face aux groupes terroristes.
La Majalla : pourquoi vous attaquez souvent la Turquie d’Erdogan
Abdelrahim Ali : Parce que c’est un ennemi, Erdogan est la pierre d’achoppement sur la voie d’un règlement en Libye, il  poussait la région à un choc. La Turquie était une pierre d’achoppement sur la voie d’un règlement politique, et de la stabilité en Libye, à travers ses mercenaires, et des organisations terroristes. Les Frères représentés par le gouvernement d’entente n’ont pas hésité à favoriser la présence turque en Libye. Car la Turquie et le gouvernement d’entente libyen font pression pour arriver au but des Frères qui est de contrôler la plus grande partie de la Libye.
Un exemple à cela est le Hizbollah du Liban, représenté maintenant par les milices terroristes et les mercenaires en Libye, ce qui conduit à menacer la paix mondiale. Cela conduira à une explosion dans la région, et l’Egypte n’a pas été d’accord avec la présence turque en Libye, et la considère comme une colonisation.
La seule solution était une pression internationale par le biais des nations unies, et les pays européens, sur Erdogan et ses milices en Libye, pour que les Libyens puissent avoir un dialogue et débat pour récupérer leur pays, et tenir des élections intègres, mettant le pays sur la voie de la stabilité. Il faut que le monde sache quelles sont les ingérences turques au Moyen-Orient et leur impact sur la paix mondiale et La question des immigrés et le chantage turc. Erdogan qui se voit nouveau sultan mais a-t-il les capacités de réaliser ses ambitions ? Ce nouvel ottomanisme est le danger turc frériste en Méditerranée.
Vous savez que le total des mercenaires syriens arrivés à l’ouest de la Libye a atteint 12000, dont 400 enfants de moins de 18 ans pour un salaire de 2000 dollars, et des indemnités de 50000 dollars pour les blessés et 100000 pour les familles des morts. Erdogan avait déployé un système de défense aérien de type Hawk dans la base d’al-Watiya à l’ouest de la Libye. Il avait vendu plus de cent drones aux milices du gouvernement d’entente.
L’ONU a échoué en Libye
- On doit révéler les efforts des Nations unies pour résoudre la crise libyenne qui sont entravés par la Turquie et le gouvernement d’entente, et ses milices terroristes.les Nations unies avait préparé un congrès le 15 octobre qui s’est tenu dans trois villes (Malte-Genève-Djerba) et auquel ont assisté 70 personnalités libyennes, représentant les acteurs en conflit. Le but du congrès comme l’a dit Trump est de choisir un Conseil présidentiel composé d’un président, de deux députés (le président vient de l’est, un de l’ouest, et l’autre du sud), pour que le Conseil représente toutes les régions historiques libyennes, puis il devait former un gouvernement d’union nationale, composé d’un président et de deux individus, et basé à Syrte capitale provisoire durant la période transitoire, qui aura des compétences administratives et ne sera pas dépendent des parties en conflit, indépendant, représenterait les trois régions libyennes historiques : est, ouest, sud. Les membres du gouvernement comprendront une personnalité de l’ouest, puis il y devrait avoir le conseil législatif, composé du parlement actuel à l’est, et le haut conseil d’Etat à l’ouest, présidé par une personnalité du sud, et cela pendant 18 mois, période transitoire avant la tenue d’élections parlementaires et présidentielles. Mais tout reste bloqué à cause d’Erdogan.

 
Les derniers livres d’Ali  

La Majalla : l’Europe ont réagi fermement vis-à-vis d’Erdogan
- J’ai salué la position claire et décisive de l’Europe et de la France face aux intentions de la Turquie en Libye et de mener des travaux de forage en mer de chypre au mépris des droits d’autrui.
Je respecte la position de la ministre des Affaires étrangères de l’Union Européenne, Federica Mogrini, qui a exprimé à l’époque sa « profonde préoccupation après l’annonce par la Turquie de son intention de mener des activités d’exploration gazière dans la zone économique exclusive de Chypre. Il y a deux ans, en mars 2018, le Conseil européen avait fermement condamné les activités illégales de la Turquie en Méditerranée orientale et appelé celle-ci à faire preuve de retenue, à respecter les droits souverains de Chypre dans sa zone économique exclusive, et à s’abstenir de toute action illégale, affirmant que l’UE réagirait de manière appropriée et solidaire de Chypre.
 

Erdogan fit d’Istanbul le phare de l’Organisation internationale des Frères après leur arrivée au pouvoir en Egypte
La Majalla : pourquoi cette union sacré entre la Turquie et les frères ?
- Lorsque les Frères arrivèrent au pouvoir en Egypte suite aux événements de janvier 2011, nombre de parlementaires fréristes et de responsables gouvernementaux partirent en Turquie pour s’y former. Et le « Printemps arabe » donna à Erdogan l’espoir de voir la Turquie jouer un rôle important au Moyen-Orient. Il commença alors à faire d’Istanbul le phare de l’organisation internationale dans les divers pays du monde.Il fonda alors nombre d’institutions dépendant de l’organisation internationale parmi lesquelles le Centre européen de la fatwa et des recherches, l’Union internationale des oulémas musulmans et l’Union des organisations islamiques d’Europe. Ces réunions tenues à Istanbul permirent à l’organisation internationale des Frères de jouir d’une grande liberté pour exprimer leurs idées, tandis qu’en Europe, de telles réunions étaient soumises à la surveillance des gouvernements. Ils n’étaient ainsi pas contraints de recourir au double langage dont ils avaient l’habitude en Europe.
La Majalla : Suivez-vous Le bras de fer entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan qui s'intensifie depuis ces dernières années?  Le président turc insultant le président Français et appelant au boycott des produits français
- C’est un signe supplémentaire de l'exacerbation des tensions entre les deux pays. Les relations entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan semblent avoir atteint un nouveau point de non-retour ces dernièresannées, le président turc mettant en cause "la santé mentale" de son homologue en raison de ses propos sur les caricatures et l'islam. Ce dernier en rajoutera une couche, lundi 26 octobre, en appelant "la nation" à "ne surtout pas prêter attention aux marques françaises". Une polémique de plus entre les deux hommes, qui ne sont jamais parvenus à trouver un terrain d'entente. Et ce, depuis 2017.
Quand Emmanuel Macron prend les rênes de l'Elysée, le dossier Turquie est déjà épineux. En cause : la reconnaissance du génocide arménien en 2001, et le refus d'intégrer Ankara à l'Union européenne. Après des mois de tensions, le conflit prend une autre tournure en 2019 quand Emmanuel Macron dénonce l'état de "mort cérébrale" de l'Otan. Erdogan l'avait en retour invité à "examiner sa propre mort cérébrale".
De la Syrie à la Libye
Outre les cercles diplomatiques, c'est sur le terrain militaire que les deux camps vont peu à peu se faire face. Déjà en Syrie, quand Paris fait grise mine en voyant l'armée turque reprendre aux forces kurdes - alliées des Occidentaux face au groupe État islamique - une bande frontalière de 120 kilomètres à l'intérieur du territoire syrien. Mais aussi et surtout du côté de la Méditerranée : en Libye, le président Erdogan s'engage militairement aux côtés du gouvernement d'union nationale de Fayez al-Sarraj à l’époque, reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, face aux autorités de l'Est du général Khalifa Haftar. Accusée parfois d'avoir soutenu Haftar, Paris dénonce aujourd'hui toutes les ingérences étrangères, et refuse de laisser la Turquie prendre pied en Libye, d'où celle-ci contrôlerait un second point d'accès aux routes migratoires vers l'Europe.
 
En Méditerranée orientale, le torchon brûle aussi entre les deux puissances. La Turquie se base en effet sur un accord de délimitation maritime signé avec Sarraj pour revendiquer un plateau continental considérablement étendu, où elle mène des recherches gazières au grand dam de la Grèce et de Chypre. Quand l'été 2020 se profile, les esprits s'échauffent à nouveau au large de la Libye. Paris accuse en effet Ankara d'avoir visé une de ses frégates lors d'un contrôle de navires soupçonnés de violer l'embargo sur les armes à destination des côtes libyennes.
Dernier front en date, Le Caucase, où la Turquie soutient l'Azerbaïdjan dans son conflit avec l'Arménie sur le Haut-Karabakh. Le président Macron a dénoncé à cet égard l'envoi au front de mercenaires syriens par la Turquie.
 
Les Frères ne croient pas en la démocratie
La Majalla : Les frères musulmans sont-ils favorables à la liberté de religion ? au droit du non musulman à pratiquer ses rituels et à construire ses lieux de culte ? Comment traitent-ils le concept coranique stipulant « nul contrainte dans la religion » et enfin, comment procèdent ils au dénigrement des croyances d’autrui ?
- Les réponses à toutes vos questions se trouvent dans les déclarations des leaders de la confrérie. Nombreuses y sont ambivalentes, confuses et, jamais entièrement convaincantes. Car elles sont le fruit d’un mélange du politique et du religieux et comportent une part d’équilibre calculé. Malgré l’implantation du groupe terroriste des Frères musulmans en Europe depuis de nombreuses années, aucun n’est parvenu à un poste dans un Parlement, dans une Chambre des communes ni même dans une instance internationale officielle, car le groupe terroriste des Frères ne croyait pas en la démocratie, et ne croit pas en l’autre, qu’il soit musulman mais pas de la même éducation qu’eux, ou sans croyance ou religion.
Les Frères avaient créé des sociétés privées en Europe pour construire et équiper les mosquées, l’activité des Frères en Grande-Bretagne repose sur un ensemble de structures et d’organisations parallèles gérées par des cadres du groupe des Frères ayant des affiliations diverses mais ayant en commun de venir de pays soumis à l’influence britannique.
Notre centre depuis sa création à paris depuis 5 ans à dévoiler au citoyen européen le vrai visage des frères musulmans et leur idéologie. Les Frères ont prétendu qu’un grand nombre de leurs dirigeants avaient disparu ou avaient été tués par les autorités égyptiennes en dehors du cadre de la loi, puis Daesh a présenté des vidéos  montrant que ces chefs avaient rejoint Daesh et étaient morts en combattant dans ses rangs.
Depuis la fondation du groupe des Frères, même les responsables des affaires des femmes dans leur organisation restent des hommes, ce qui montre leur mépris pour la femme. En fait, le fondateur du mouvement des Frères musulmans, Hassan Al Banna, ne s’est pas satisfait de la création de l’idée du Califat mais il a également créé une nouvelle idée visant à imposer le contrôle des frères musulmans sur le monde entier à travers leur idéologie.
La Majalla : Mais DAESH n’a rien à voir avec l’idéologie des Frères musulmans en Europe
-Au contraire, ils sont la base de tous les malheurs, les Frères musulmans d'être à l'origine de la création al- Qaida puis de Daesh.
J’ai insisté dans mes colloques en Europe, à Paris et Genève et Bruxelles) et même au parlement français et européensur les liens entre les Frères musulmans et les organisations terroristes d'Al-Qaïda et de Daesh. J’ai même mis en garde l'Europe contre les visées expansionnistes de cette organisation islamiste fondée par Hassan el-Banna en 1928 à Ismaïlia, sur les bords du canal de Suez.
 
Traité de « député de l'armée »
La Majalla : vous avez provoqué les petits-fils lors de votre conférence de presse au palais des nations à Genève
- J’avais dit haut et fort que les Frères musulmans financent plus de 250 associations rien qu'en région parisienne, avec le soutien du Qatar et de la Turquie. Savez-vous qu'en France des écoles privées musulmanes donnent des cours sur le djihad ? De quoi mettre le feu aux poudres, installé non loin du Palais des nations. À l'appel de Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, et petit-fils d'Hassan el-Banna, le fondateur des Frères musulmans, des militants islamistes , ils sont venus apporter la contradiction à moi l'orateur, en me qualifiant de « député de l'armée ». « C'est honteux que l'on puisse inviter une personne pareille », protestent les Frères musulmans en se levant.Ma venue a pu, effectivement, leur apparaître comme une provocation. C'est en effet à Genève que s'est établi en 1958 Saïd Ramadan, gendre de Hassan el-Banna, et père de Hani et Tariq Ramadan. Venu de Syrie (il avait quitté l'Égypte pour échapper à la prison), Saïd Ramadan avait pour mission d'étendre en Europe la sphère de l'islam en créant sur tout le continent un réseau de mosquées, d'institutions charitables, de centres religieux. En perquisitionnant, en novembre 2001 sur les bords d'un lac suisse, la villa d'un banquier islamiste soupçonné d'entretenir des liens avec Al-Qaïda, les policiers ont découvert un document, intitulé « Le Projet ». Il évoque clairement la conquête de l'Europe, puis des Etats-Unis, par les Frères musulmans « afin de mettre fin à l'hégémonie de la civilisation occidentale ».
Votre connaissance peut aider la France
- J’aime beaucoup la France et sa culture et son histoire, Je connais bien La stratégie secrète des islamistes et des Frères musulmans, ils cherchent à mieux convaincre l'Occident de leur nouvelle attitude modérée.  Ils ont choisi la France, où leurs représentants ont pu tisser des liens dans les milieux politiques, culturels et associatifs, la confrérie pourrait  transférer son siège de Londres à Paris. Je désigne nommément Hani et Tariq Ramadan comme « deux figures importantes de l'organisation internationale », Hani ayant en charge la Suisse francophone, l'est de la France, et en particulier Lyon. Quant à Tariq, il jouerait pendant longtemps « un rôle important dans la conversion de l'islam des jeunes générations en Europe à travers un discours d'encouragement à l'intégration sociale.
La Majalla : Vous travaillez depuis des décennies, en tant que chercheur, écrivain, penseur, chef d'une institution de recherche, patron de presse et député au Parlement égyptien, sur les dangers de l'idéologie totalitaire des Frères musulmans qui, selon vous, sont leur cœur et la principale source de l'islamisme.
-Les Frères musulmans et les organisations d'Al-Qaïda et Daesh (ou l'Etat islamique) poursuivent exactement le même objectif : construire un Califat islamique mondial, de gré ou de force et à tout prix. L'Etat islamique ou Al-Qaïda n'ont pas inventé ou même lancé ce projet, puisque des décennies plus tôt, ce fut la base-même de la doctrine des Frères-musulmans. En 1928, en effet, son fondateur, Hassan Al-Banna, grand-père de Tariq Ramadan, a développé ce projet totalitaire néo-califal destiné à conquérir le monde. L'idée est de construire un État islamique universel destiné à gouverner et donc à dominer le monde entier. Ce projet est toujours en vigueur, et son annulation n'a jamais été annoncée par les Frères musulmans. Cet objectif foncièrement totalitaire a inspiré (je dis bien) TOUS les penseurs de la Confrérie, sans exception, depuis sa création. Et il inspire toujours ses membres, même s'ils essaient souvent de le cacher tactiquement. Les écrits et références de la Confrérie parlent d'eux-mêmes. Je tiens à préciser que du point de vue d'un musulman modéré ou éclairé, l'idée d'un Etat islamique en soi n'est pas valable, car l'Islam au départ n'est pas venu pour établir un Etat mais plutôt une Oumma spirituelle et pour guider les gens vers la Vérité, le Bien, l'Amour, la Justice, l'Égalité et l'Humanité. Au contraire, le concept de l'Etat islamique-chariatique des islamistes est totalitaire et étranger aux principes de l'Islam bien compris en tant religion privée, d'une part, et il est bien sûr totalement opposé au principe d'Etat-nation qui a prévalu en Orient après que le Califat ait été aboli par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. En tant que musulman, je suis totalement opposé à un tel Etat califal qui détruirait les spécificités des Etats-nations, et je plaide au contraire en faveur d'un Etat sécularisé où musulmans, chrétiens, juifs et même athées peuvent cohabiter en harmonie selon une constitution qui définit les droits et les devoirs de chacun, même si la majorité est musulmane.
La Majalla : Comment pouvons-nous interdire les Frères, comme le suggère Macron, si leurs membres pratiquent un double discours et nient souvent leur appartenance?
-Pour les débusquer, je pense que nous devons d'abord appliquer des lois qui interdisent les idées et doctrines politiques haineuses et violentes ou celles qui ne respectent pas la Constitution républicaine, puis tarir l'argent qui les alimente et qui provient de la manne du Hallal et des dons extérieurs (Qatar, etc.). Si nous contrôlons les mosquées afin que l'idéologie des Frères n'y soit pas enseignée; si nous surveillons étroitement les écoles pour empêcher l'enseignement de leurs idées, et si nous formons mieux les imams en France en leur enseignant l'histoire, les us et  coutumes, les traditions de l'Etat français, ses lois et ses valeurs, nous pouvons gagner cette bataille pour restaurer les âmes et libérer "les territoires perdus". Je voudrais ajouter que nous pouvons aider (avec notre Think tank le CEMO) les habitants des banlieues à mieux s'intégrer et à les protéger de l'influence des fanatiques. Nous devons mener une véritable révolution culturelle pour corriger tout ce qui se dit dans la pensée des Frères et ainsi protéger les banlieues des islamistes. Le CEMO proposera bientôt un Grand projet de relance de la pensée islamique réformiste (depuis Mohammed Abdou jusqu'à maintenant) qui va être une vraie réponse théologique et doctrinale constructive à l'islamisme politique des Frères. On peut en effet prouver qu’un islam moderne est possible. Nous lancerons en avril 2020 la première publication en arabe et au mois de juin en français. Le premier numéro de notre revue sera intitulé "La non-opposition entre laïcité et islam". Car c'est cela le centre du combat doctrinal et cultuel face aux Frères qui tentent  de prouver le contraire pour opposer musulmans et non-musulmans.
 
Notre mission est aussi de dialoguer avec l'Occident, apporter aux autorités d'Occident notre expérience sur la dangerosité de cette Confrérie. Fruits de longues années d'études, nos préconisations, informations et recherches approfondies et documentées ont pour objectif d'avertir les dirigeants européens que s'ils continuent à agir de façon laxiste vis-à-vis des islamistes radicaux, ils vont le payer un jour très cher. Leur intérêt est d'écouter des musulmans éclairés qui connaissent l'histoire et les techniques d'entrisme et de propagande des Frères. De grâce, écoutez notre expérience avant qu'il ne soit trop tard, car le monde arabe a été plongé dans un bain de sang en conséquence du développement du virus islamiste des Frères musulmans. Ne croyez pas leur discours mensongers lorsqu'ils prétendent être devenus "modérés" ou représenter le "véritable islam".