CAF

Ahmad Ahmad hors course ?
La chambre de jugement de la Commission d’Éthique indépendante de la FIFA vient de déclarer que M. Ahmad Ahmad, a agi en violation du Code d’éthique de la FIFA

* Quatre ans après son élection à Addis-Abeba face au Camerounais Issa Hayatou, A
La Majallahmad Ahmad était sûr de remporter les élections en 2021.

* Ahmad Ahmad se targue d’un bilan positif où il changé  le format de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, qui se joue désormais à vingt-quatre équipes.

* Ahmad Ahmad n’a pas baissé les bras. Il a déposé un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) afin de contester fermement la condamnation prononcée par la Commission d’Ethique de la FIFA.

Tunis:  Le président de la Confédération africaine de football, Ahmad Ahmad, annonçait Il y a quelques semaines sera candidat à sa propre succession en mars prochain. Il avait attendu que la liste de ses adversaires en lice se précisait avant de couper court aux supputations. Normalement, il partait favori face aux autres candidats en lice à savoir l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Sénégalais Augustin Senghor.

Quatre ans après son élection à Addis-Abeba face au Camerounais Issa Hayatou, Ahmad Ahmad était sûr de remporter les élections en 2021 après avoir arraché le soutien de 46 des 54 fédérations affiliées à la CAF. L’annonce n’avait pourtant pas dissuadé quatre candidats à se présenter contre lui pour le même poste.  C’est d’abord Jacques Anouma, ancien président de la Fédaration ivoirienne de football (FIF), qui s’est lancé dans la course. Ensuite c’est le mauritanien Ahmad Yaya, qui s’est manifesté. Patrice Motsepe, le milliardaire sud-africain emboite le pas à ses confrères.

 

Un poids lourd

Il n’empêche, malgré leur calibre, tous ces candidats ne faisaient pas le poids face au Malgache. Il était peu probable qu’ils puissent compromettre sa réélection. Car Ahmad Ahmad se targue d’un bilan positif où il changé  le format de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, qui se joue désormais à vingt-quatre équipes. C’est aussi grâce à lui que la Ligue des champions féminine a été crée. Il a aussi changé le mode de gouvernance de l’instance, il a présenté un bilan financier honorable. Mais aussi il a bien géré l’épisode de la crise sanitaire. « La CAF et le football africain ont besoin de stabilité », avait-il souligné, défendant son bilan.

Mais c’était pour Ahmad Ahmad aller très vite en besogne car il n’a pas pris en compte la rengaine que lui voue Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), qui s’activait dans les coulisses pour torpiller sa candidature. 

L’Italo-Suisse ne lui pardonne pas d’avoir mis fin à la mission d’audit de Fatma Samoura, secrétaire générale de la Fifa, en 2019. En effet, le président de la Fifa a chargé la commission d’éthique de la Fédération de déclencher une procédure à l’encontre d’Ahmad, soupçonné de corruption, et bloquer ainsi sa candidature.

En effet, après des mois d’investigations, la chambre de jugement de la Commission d’Éthique indépendante de la FIFA vient de déclarer M. Ahmad Ahmad, président de la Confédération Africaine de Football (CAF), et Vice-Président de la FIFA, responsable d’avoir agi en violation du Code d’éthique de la FIFA. Elle lui a infligé aussi une amende de 200.000 CHF.

Ahmad Ahmad risque gros.

Interdiction

Par conséquent, la chambre de jugement a prononcé à son encontre une interdiction de toute activité liée au football (administrative, sportive et autre) aux niveaux national et international pour une durée de cinq ans.

Ce qui compromet toutes les chances d’Ahmad Ahmad à briguer un nouveau mandat à la tête de la CAF. Toutes les cartes ont été rebattues et la course pour présider la CAF est de nouveau lancée.

Mais Ahmad Ahmad n’a pas baissé les bras. Il a déposé un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) afin de contester fermement la condamnation prononcée par la Commission d’Ethique de la FIFA. « Je conteste la sanction qui a été prononcée. Au-delà de mon cas, c’est de l’autodétermination du football en Afrique qui est attaquée », a-t-il posté sur son compte Twitter.

Pour lui « cette décision n’a pas été rendue de façon juste impartiale ». Pour se défendre Ahmad Ahmad indique « qu’au cours des mois d’enqête menée par la Chambre d’enquête de la Commission d’Ethique de la FIFA, dirigée par Mme Maaria Claudia Rojas, contre la Confédération Africaine de Football (CAF) et son Président, de nombreux procédés surprenants ont été relevés. ».
 

Gianni Infantino avait le président de la CAF dans son collimateur depuis des mois.

Conflits d’intérêts

Sur le même plan, il indique que « mandat a été donné par la FIFA au cabinet d’audit PwC pour investiguer l’administration du football africain, alors même que  ce cabinet oeuvrait jusque-là pour la CAF et sous mandat de cette dernière, créant ainsi un conflit d’intérêt et un problème de manque d’impartialité évident.  Cependant, la CAF et le Président de la CAF qui prennent acte de cette décision qui met M. Ahmad Ahmad en position de ne plus pouvoir exercer ses responsabilités, a annoncée qu’en application de ses statuts, l’intérim actuel de M. Constant Selemani Omari comme Président de la CAF est de fait prolongé.

Mais l’appel introduit par Ahmad Ahmad devant la TAS a été assorti par une demande d’effet suspensif afin « de ne pas aggraver le préjudice subi et permettre à Ahmad Ahmad de mener sa campagne en vue de sa réelection à la Présidence de la CAF » souligne la défense du Malgache.