La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio à «Majalla»:

J’ai toujours été opposé à l’adhésion de la Turquie à l’Europe
Jacqueline Eustache-Brinio

* La religion, en France, est une affaire privée. Notre pays est le pays de la laïcité, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité homme/femme et des droits de l’homme
* Les islamistes ont utilisé les failles de notre démocratie et nos faiblesses pour s’infiltrer dans beaucoup de domaines et de secteurs

Jacqueline Eustache-Brinio, est une femme politique française respectable et très courageuse. Elle est sénatrice du Val-d'Oise depuis le 24 septembre 2017. Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel du Règlement et d'administration général, Membre de la délégation sénatoriale aux outre-mer et Membre du groupe Les Républicains
Elle  commence sa carrière politique en se présentant à la mairie de Saint-Gratien. De 1983 à 2001, elle est adjointe au maire chargée des affaires sociales. Elle est également professeur de communication dans un lycée d'Argenteuil. Elle est maire de Saint-Gratien  de 2001 à 2017. En 2004, elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France.
 
La Majalla : le discours de Macron le 2 octobre a été mal vu ou mal compris chez les plus part des pays arabe il y a eu des boycottes etc pourquoi selon vous et comment faire connaître la vraie politique de la France envers les pays islamique et son respect vis à vis de l'islam et les musulmans ?
Jacqueline Eustache-Brinio : Je crois qu’Emmanuel Macron n’a pas eu d’autres choix que de confirmer ce que nous sommes. La France est une République laïque qui respecte toutes les religions mais qui n’en privilégie aucune. La religion, en France, est une affaire privée. Notre pays est le pays de la laïcité, de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité homme/femme et des droits de l’homme. Notre pays n’a aucun problème avec l’islam mais il a un problème avec l’islamisme, cet islam politique qui veut faire prévaloir ses règles religieuses avant celles de la République. La plupart des citoyens musulmans de notre pays ont bien compris que notre République est  laïque mais depuis quelques années certains courants combattent nos valeurs et mettent en cause notre unité au nom d’un islam rigoriste incompatible avec nos principes républicains. C’est pour cela nous devons lutter et tous les pays peuvent et doivent le comprendre.

La sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio avec notre correspondant à paris  photo polla  

 
 vous êtes parmi les rares politiques qui possède le courage contre l'islam politique et les frères musulmans au point qu'ils vous en menacé .Parlez-nous pourquoi et comment vous avez vu juste avant tout le monde depuis 20 ans
-Mon parcours personnel d’enseignante, de maire, de conseillère régionale m’a permis de voir l’évolution de ce phénomène depuis plus de 20 ans. J’ai toujours combattu  celles et ceux qui remettaient en cause les valeurs de notre pays. Il est vrai, que j’étais un peu seule mais je n’ai jamais renoncé car j’ai toujours été convaincue qu’en luttant contre les islamistes nous protégions les enfants, les femmes, la liberté contre l’obscurantisme, la soumission et l’enfermement. J’ai donc, vu au cours de toutes ces années, dans certains quartiers cet entrisme islamiste s’installer insidieusement mais inexorablement. La France, terre d’accueil et intégratrice ne peut plus et ne doit plus fermer les yeux. Je ne me suis jamais posé la question de savoir si mes prises de positions très fermes sur ce sujet impliqueraient pour moi la perte de scrutins électoraux. Le clientélisme politique est à dénoncer car il explique parfois là où nous en sommes. Aujourd’hui, il y a une véritable urgence à réarmer notre république pour préserver notre unité. Je pense par ailleurs que nous devons également refuser tout échange et toute discussion avec les frères musulmans qui sont nos ennemis.
 
Pourquoi selon vous beaucoup de français d'origines maghrébines partent pour le jihad chez daesh dont certains étaient français de souches ?
- Dans certains quartiers, des jeunes parfois perdus, parfois sans repère, parfois faibles ont subi les influences néfastes de certains prédicateurs qui entre autre les ont mené à détester la France, à leur faire croire qu’ailleurs ils seraient des héros, des combattants reconnus. Ces jeunes ont pour la plupart subi de vrai lavage de cerveau, et sont devenus très dangereux. La haine qu’ils ont fini par avoir contre la France les à mener, à la barbarie. Les réseaux sociaux, internet ont facilité ce phénomène.
Vous êtes parmi les rares politique contre l'adhésion de la Turquie en Europe pourquoi ?
- J’ai toujours été opposé à l’adhésion de la Turquie à l’Europe, car les valeurs et les objectifs prônés par ce pays sont à l’opposé de ce que nous sommes. La Turquie a envahi Chypre pays membre de l’Union européenne, la Turquie refuse de reconnaitre le génocide arménien. Je ne vois absolument pas ce que nous pouvons partager avec la Turquie et qu’elle ambition commune nous pourrions avoir.
 Pourquoi voyez-vous Erdogan comme ennemi de l'Europe ?
- Erdogan, prouve depuis plusieurs années qu’il agit dans son intérêt personnel et rien d’autre. Il se sert des migrants contre l’Europe, il peut être proche de Daesh, le pire ennemi des pays occidentaux, quand cela lui convient. C’est également un islamiste dangereux qui a des discours en contradictions complètes avec les valeurs de l’Union Européennes.
 
Connaissez-vous les pays du golfe et est-ce possible de coopérer avec vos homologues arabes ?
-Je ne connais pas les pays du golfe. Il est toujours possible, pour moi,  d’échanger intelligemment avec mes homologues des pays arabes sans remettre en cause ce que je suis et ce que je porte.
 
Les islamistes ont utilisé les failles de notre démocratie et nos faiblesses pour s’infiltrer dans beaucoup de domaines et de secteurs
 
 Comment trouvez-vous la loi séparatiste qui sera discuté le 9 décembre ? Pourquoi ce réveil en retard et est ce qu'elle peut encadrer les intégristes ou va au contraire les provoquer de plus
-Prochainement le parlement effectivement va travailler sur la loi contre le séparatisme. Cette loi est nécessaire mais ne résoudra pas tout. Les islamistes ont utilisé les failles de notre démocratie et nos faiblesses pour s’infiltrer dans beaucoup de domaines et de secteurs, et il appartient aujourd’hui à tous les politiques d’avoir un discours très clair sur le sujet, sans langues de bois, sans compromission, sans faille et surtout un discours courageux. J’ai remis au Sénat, en juillet, un rapport  d’une commission d’enquête sur le sujet. Dans ce rapport, il est fait 44 proposions, pour lutter et faire face ensemble. J’espère que certaines seront reprises. Cette future loi, heurtera bien évidemment ce que j’appelle « la minorité gesticulante », qui surfe en permanence sur la victimisation mais qui ne représente pas les musulmans. Les français attendent beaucoup de cette loi car ils sont bien conscients que c’est l’avenir de notre pays et de son mode de fonctionnement qui se joue aujourd’hui.