BobiWine, chanteur, en quête du palais présidentiel : Changera-t-il de refrain ?

Les célébrités ont eu toujours un impact sur la vie sociale, ils donnent l’exemple, et surtout peuvent influencer les consciences. Cette influence est à multiplier par cent ou mille actuellement, tant les réseaux sociaux permettent à chaque inconnu non seulement de devenir célèbre, mais surtout d’influencer le destin politique du pays. 
 
Un vrai baroudeur…
Robert Kyagulanyi Ssentamu, connu sous son nom de scène BobiWine, est un homme politique, chanteur, acteur et homme d'affaires ougandais. Il est actuellement député de la circonscription est du comté de Kyadondo dans le district de Wakiso, dans la région centrale de l'Ouganda. Cela ne peut suffire à le définir. 
Depuis 2017, il est considéré comme le porte-parole de la jeunesse ougandaise qui ne se reconnait pas dans le régime vieillissant de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986. Malgré la censure de ses chansons empreintes de slogans politiques et ses arrestations, ce raggaeman de 38 ans a vu sa popularité grimper en flèche. Pour nombreux analystes, BobiWine est «la bête noire» du Président ougandais. En juillet dernier, après avoir déclaré sa candidature à la Présidentielle de 2021, BobiWine fait l’objet d’arrestations récurrentes suite à des accusations que ses partisans jugent non fondées. Le 18 novembre, son arrestation a suscité l’indignation et la montée des manifestations dans les rues de Kampala. Des violences qui ont occasionné la mort de sept personnes, selon le bilan de la police.
Il été arrêté, immédiatement après avoir enregistré sa candidature. À peine candidat et déjà en résidence surveillée. Il constitue le principal adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021 en Ouganda. Est selon tous les observateurs, le principal adversaire du président Yoweri Museveni à la présidentielle de 2021 en Ouganda, 
À sa sortie de la Commission électorale, des policiers en uniforme ont brisé les vitres de la voiture de BobiWine, député de 38 ans, l'en ont sorti, puis l'ont embarqué dans un véhicule qui a démarré, selon des images diffusées en direct à la télévision.
D’après le secrétaire général de la Plateforme de l'unité nationale (NUP), David Lewis, BobiWine a été ramené sous la contrainte à son domicile par les forces de sécurité qui l'empêchent désormais d'en sortir.
Relâché ce vendredi 20 novembre, BobiWinea cependant été inculpé pour «actes susceptibles de propager une maladie infectieuse» et infractions aux «règles sur le Covid-19». C’est loin d’être une première pour celui qui, depuis qu’il a été élu député en 2017, a tour à tour été accusé de «trahison», de «possession illégale d’armes à feu» et même d’avoir tenté «d’irriter, d’inquiéter ou de ridiculiser» Yoweri Museveni, aujourd’hui bien décidé à rempiler pour un sixième mandat.


Déjà une légende…
BobiWine a renoncé à faire campagne après une nouvelle attaque dont il a échappé par miracle. Challenger inattendue face au président sortant Yoweri Museweni, il reste en lice pour le scrutin du 14 janvier.
Il est déjà une légende. Arrivera-t-il à participer aux élections présidentielles, ou serait-il le martyr à pleurer. Il n’est pas à sa première prouesse. Cette star du reggae a déjà fait preuve d’un courage inouï depuis son entrée en politique, il y a trois ans. Lorsque à la surprise générale, Robert Kyagulanyi Ssentamu, de son vrai nom, avait été largement élu député dans le centre du pays, avec 77% des voix. Depuis cette date, il a été tant de fois arrêté, battu, torturé. Accusé de «haute trahison» comme d'«incitation à la violence». Ou encore, dernière accusation en date, «d’enfreindre les mesures anti-Covid», alors que chacune de ses apparitions déclenche inévitablement de vastes rassemblements de soutien enthousiaste. Et c’est cette immense popularité qui a certainement incité cet homme à l’allure de judoka, toujours vêtu d’un costume cravate un peu cintré, à ne jamais renoncer. Malgré les menaces pesant sur sa propre vie.


 
Tout azimut…
Persécuté depuis le raid de la police dans les locaux de son parti d'opposition. Il se plaint que des documents nécessaires à sa nomination à la présidence aient disparu de ses bureaux.
L'une des exigences pour les candidats est de remettre les signatures de soutien de 100 électeurs inscrits provenant d'au moins deux tiers des districts ougandais. BobiWine affirme que son équipe avait déjà recueilli six millions de signatures, mais que celles-ci ont maintenant disparu.
«Le gouvernement de Museveni essaie de m'empêcher de me présenter comme candidat à la présidence. De la remise en question de mes diplômes à celle de mon âge, ils font tout pour empêcher ma nomination et je veux croire que c'est pour cela qu'ils ont retiré les signatures».
«Nous n'abandonnons pas, nous avons immédiatement communiqué avec nos succursales pour qu'elles commencent à collecter les signatures immédiatement et nous espérons que d'ici vendredi nous aurons les signatures requises», a-t-il déclaré
 
Remplir les urnes…
Même si les observateurs s’accordent pour dire que cet artiste constitue une menace sérieuse pour le président sortant, la question qui se pose est la suivante : lui, qui avait l’habitude de remplir les salles lors de ses concerts, arrivera-t-il à remplir les urnes, et devenir président ?