2020...L’année qui a changé le monde

Du Covid-19 au mouvement « Black LivesMatter » en passant par l’explosion à Beyrouth, l’année 2020 a été riche en émotions

* Que le monde s'apprête à entamer l’année 2021, la pandémie fait toujours rage et, après une apparente accalmie en milieu d'année dans de nombreux pays, davantage d'infections et de décès sont signalés
 
*La capitale libanaise Beyrouth a été déclarée ville "sinistrée"
 
* Diego Maradona est mort le 25 novembre 2020 d'un arrêt cardiaque. Il était pour beaucoup le plus grand joueur argentin de tous les temps

 

Avec la pandémie du coronavirus, l’année coulée aura changé le monde comme aucune autre depuis une génération au moins, peut-être depuis la Seconde Guerre mondiale. 2020 aura aussi été marquée par plusieurs conflits, un changement de président aux Etats-Unis, de nombreux mouvements de protestation, une météo extrême et la disparition de légendes du sport.

Le virus qui a confiné le monde : 2020, une année pas comme les autres

Qui parmi nous avait entendu parler de « confinement », de « gestes barrières » et de « distanciation sociale » il y a tout juste un an ? Aujourd’hui, ces expressions font partie de notre quotidien, tandis que les conséquences de la pandémie de COVID-19 sont devenues omniprésentes dans nos vies. 
La Covid-19 est partout, littéralement, et en 2020, sa propagation et son impact sur les populations de toutes les régions du monde ont conduit à une crise mondiale d'une portée et d'une proportion sans précédent. 
Alors que 2020 touche à sa fin et que les populations du monde entier essaient de comprendre comment le monde a changé, elles sont confrontées à une statistique austère et brutale. Le nombre de personnes décédées après avoir attrapé le virus se rapproche de la barre des deux millions. 
Au début de l'année, les voyages internationaux ont été fortement limités, et des personnes comme ces voyageurs en Thaïlande ont appris l'importance de l'EPI, un acronyme rapidement entré dans le lexique mondial (abréviation d'équipement de protection individuelle). Rapidement, il y a eu des inquiétudes concernant une pénurie mondiale d'EPI et l'ONU a soutenu divers pays dans l'achat de fournitures, y compris la Chine où le virus est apparu pour la première fois.Alors que la Covid-19 s'est installée, des pays et des villes du monde entier ont pris des mesures de confinement avec la fermeture d'écoles, de sites culturels et sportifs et de toutes les entreprises non essentielles.
Les centres-villes normalement animés, comme la capitale kényane Nairobi, étaient étrangement calmes car les gens restaient chez eux. L’Organisation des Nations Unies a continué de travailler partout dans le monde, même si la plupart des événements clés, comme la réunion annuelle de la nouvelle session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, ont semblé très différents. Seul un petit nombre de délégués ont été autorisés à entrer dans la grande salle alors que les dirigeants du monde ont prononcé leurs discours virtuellement.Partout dans le monde, les gens se sont adaptés aux nouvelles directives de distanciation sociale… et se sont vu rappeler l'importance de se laver les mains comme moyen de réduire la transmission des maladies. 
Les élèves qui n'ont pas pu aller à l'école ont dû s'adapter à une nouvelle réalité et trouver des moyens de poursuivre leurs études. Alors que l'Afrique a semblé moins souffrir du virus que les autres continents, au moins en termes d'infections absolues et de décès, l'ONU a exprimé son inquiétude quant au fait que la pandémie risquait de plonger des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté.
Le soutien aux réfugiés et aux autres personnes vulnérables déplacées à travers le monde a été une question particulièrement importante pour l'ONU, comme par exemple les centaines de milliers de Rohingyas du Myanmar qui ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière au Bangladesh.Des progrès ont été réalisés, en un temps record, par des scientifiques qui développent de nouveaux vaccins efficaces contre la Covid-19 et à la fin de 2020, les premières personnes, principalement dans les pays développés, ont été vaccinées.
Alors que le monde s'apprête à entamer l’année 2021, la pandémie fait toujours rage et, après une apparente accalmie en milieu d'année dans de nombreux pays, davantage d'infections et de décès sont signalés. Avec le déploiement de davantage de vaccins, la communauté internationale est invitée à travailler ensemble pour arrêter la propagation et suivre les directives scientifiques.


 

L’explosion à Beyrouth

La capitale libanaise Beyrouth a été déclarée ville "sinistrée", après deux explosions gigantesques  survenues dans le port, le 4 août 2020. Dans l'épicentre de ces explosions, dont le souffle a été ressenti jusque sur l'île de Chypre, à plus de 200 kilomètres, le paysage est apocalyptique : les conteneurs ressemblent à des boîtes de conserve tordues, les voitures sont calcinées, le sol jonché de valises et de papiers provenant des bureaux avoisinants, soufflés par l'explosion. Un drame qui a fait au 180 morts et des milliers de blessés.

La catastrophe se double d’une crise politique. En effet, le premier ministre, Hassan Diab, présente la démission de son gouvernement réclamée par les manifestants qui se sont mobilisés au centre de Beyrouth.

Le départ du gouvernement ouvre la voie à une période incertaine, dans un pays qui, en plus de la crise sanitaire due au coronavirus, doit faire face à la grave crise humanitaire causée par la déflagration et à une dégringolade sociale et financière.

Le mouvement « Black LivesMatter »

La colère qui s'est emparée des Etats-Unis après la mort, lundi 25 mai 2020, à Minneapolis d'un homme noir de 46 ans, George Floyd, des mains d'un policier blanc, a provoqué des émeutes destructrices accompagnées de pillages et incendies volontaires dans cette grande ville du nord du pays. Les violences ont rapidement gagné New York, Philadelphie, Dallas, Las Vegas, Seattle, Des Moines, Memphis, Los Angeles, Atlanta, Miami, Portland, Chicago, ou encore la capitale Washington. Les gouverneurs des Etats concernés ont fait appel à la Garde nationale et, pour certains, décrété un couvre-feu. Donald Trump a promis de "stopper la violence collective" et dénoncé les agissements de "gauchistes radicaux" et notamment la mouvance radicale "antifa" (antifasciste). Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a lui aussi condamné dimanche les violences. "Manifester contre une telle brutalité (policière) est un droit et une nécessité (...) Mettre le feu à des villes et la destruction gratuite ne l'est pas", a-t-il affirmé.
Le mouvement militant Black LivesMatter (La vie des Noirs compte) a été créé aux États-Unis en 2013, par la communauté afro-américaine. Il milite notamment contre les violences policières envers les personnes racisées, et contre le racisme systémique dans le pays. Après avoir été largement repris dans les manifestations liées à de nombreuses affaires où des afro-américains sont morts lors de leur détention par la police - comme celle d’Eric Garner, Jonathan Ferrel, John Crawford, Ezell Ford, Walter Scott, Freddie Gray ou Sandra Bland, le slogan et le hashtag #BlackLivesMatter  prennent une résonance particulière en mai 2020.

La défaite de Trump

Joe Biden sera le 46e président des Etats-Unis après avoir remporté les élections contre Donald Trump avec 74 millions de votes en sa faveur et plus de 4 millions de voix d'avance sur son rival républicain, faisant de lui le président élu avec le plus de voix de toute l'histoire américaine. Donald Trump, qui devient le premier président sortant à ne pas gagner sa réélection depuis George W. Bush en 1992, n'a aucune intention de lui faciliter la tâche. Il a de nouveau jugé l'élection « volée » dans une salve de tweets.
En attendant le départ de Trump de la Maison Blanche, le nouveau président élu a dit vouloir être celui de l'union. Il souhaite rapidement tourner la page de l'ère Trump, en mettant fin aux divisions qui agitent le pays et en revenant, dès sa prise de fonctions, sur plusieurs mesures prises par son prédécesseur. Après la liesse des démocrates, les défis vont rapidement s'imposer, avec une majorité plus courte à la Chambre des représentants et un Sénat encore indécis.


L’Ethiopie en guerre

Un an après le prix Nobel de la paix décerné à son Premier ministre, l'Ethiopie plonge dans la guerre avec une offensive militaire dans sa région dissidente du Tigré. 
L’escalade militaire dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, a commencé lorsque le gouvernement a lancé des frappes  contre les autorités régionales accusées d'avoir mené des attaques visant deux bases militaires fédérales. Des accusations démenties par les intéressés, qui s'estiment injustement visés par le pouvoir.   
Si le déclenchement de cette mission militaire d'envergure, début novembre, a surpris de nombreux observateurs, les tensions entre le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige cette région septentrionale, ne datent pas d'hier. 
Le TPLF accuse Abiy Ahmed, élu Premier ministre en avril 2018, d'avoir, depuis sa prise de pouvoir, cherché par tous les moyens à réduire l'influence des dirigeants tigréens en les écartant du gouvernement et en multipliant les procès en corruption. Ils voient également d'un mauvais œil l'accord de paix signé avec l'Érythrée voisine par le nouveau Premier ministre, trois mois après son arrivée au pouvoir et qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 2019. Et ces tensions internes, qui couvaient depuis des mois en Ethiopie, ont éclaté au grand jour il y a une semaine, avec le lancement d'opérations militaires dans la région dissidente du Tigré (nord du pays), désormais coupée du monde.
Si les Tigréens ne représentent que 6 % de la population, c'est l'une des provinces les plus militarisées du pays. Ils occupaient une place très importante dans le commandement de l'armée centrale. Après avoir quitté le pouvoir, on estime qu'un tiers des officiers et la moitié des soldats sont retournés au Tigré en emportant leurs équipements militaires avec eux. L'armée du Tigré est aujourd'hui dirigée par l'ancien chef de la guérilla Tsadkan GebreKidan, qui a combattu les Russes et est extrêmement aguerri, les forces du gouvernement central auront bien du mal à les faire plier. 

Les climats extrêmes

L’année 2020 a été marquée par une succession remarquable de tempêtes en début d’année et par des épisodes méditerranéens extrêmement violents, voire historiques, cet automne dans les Alpes-Maritimes.
Avec une température moyenne de 14 °C, l’année 2020 devrait se classer au 1er ou 2e rang des années les plus chaudes que le monde ait connu. 2020 a été marquée par des phénomènes météorologiques extrêmes, avec des pluies intenses historiques, une sécheresse estivale record, des vagues de chaleur remarquables. 
Selon le rapport provisoire de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2020, le réchauffement océanique bat des records et plus de 80% des océans ont subi une vague de chaleur en 2020. Cette situation a de graves répercussions sur les écosystèmes marins, qui souffrent déjà de l’acidification des eaux due à l’absorption du dioxyde de carbone (CO2).
Cette situation a été la cause de phénomènes à fort impact, dont la chaleur extrême, les incendies et les inondations, de même que la saison record des ouragans dans l’Atlantique, qui ont touché des millions de personnes, amplifiant les menaces que la pandémie de Covid-19 fait peser sur la stabilité économique ainsi que sur la santé et la sécurité humaines.
Malgré le confinement lié à la Covid-19, les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter. La longue durée de vie du CO2 dans l’atmosphère condamne ainsi de nombreuses générations futures à subir un réchauffement supplémentaire.
Les feux de forêt ont ravagé de vastes zones en Australie, en Sibérie, sur la côte ouest des États Unis et en Amérique du Sud. Leurs panaches de fumée se sont dispersés tout autour du globe. Un nombre record d’ouragans dans l’Atlantique, y compris, en novembre, des ouragans successifs de catégorie 4 d’une violence sans précédent en Amérique centrale, ont été enregistré. Les inondations dans certaines régions d’Afrique et d’Asie du Sud-Est ont entraîné des déplacements massifs de population et ont compromis la sécurité alimentaire de millions de personnes.

La disparition de 2 légendes du sport

 
L'année 2020 devait être une fête pour tous les amoureux du sport. Entre l’Euro de football, les Jeux olympiques de Tokyo ou encore la CopaAmerica, un bel été s'annonçait. Puis la pandémie de Covid-19 s'est abattue sur la planète, obligeant les téléspectateurs à se rabattre sur des rediffusions de vieux évènements.
Le report des Jeux Olympiques constitue une grande première en temps de paix : jusqu'ici seules les deux guerres mondiales avaient eu raison de l'évènement. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe espère que l'organisation des Jeux en 2021 sera "le témoignage de la défaite du virus" face à l'humanité. 


 
• Mort de Diego Maradona, légende du football et main de Dieu
Dieu a retrouvé "sa main". Diego Maradona est mort le 25 novembre 2020 d'un arrêt cardiaque. Il était pour beaucoup le plus grand joueur argentin de tous les temps. C'était un artiste sur le terrain tout comme un personnage d'excès en dehors. Le Mondial-86 au Mexique avait été son chef d'œuvre. 

• La mort de Kobe Bryant dans un accident d'hélicoptère
L'année sportive a bien mal commencé. Génie du basket, travailleur acharné et compétiteur hors norme, Kobe Bryant  a perdu la vie le 26 janvier 2020 dans un accident d’hélicoptère, avec sa fille Gianna. Sept autres passagers ont trouvé la mort. Aussi élégante que combative, la star des Los Angeles Lakers était insaisissable sur les parquets, au point d’inspirer de nombreuses vedettes actuelles de la NBA et des sportifs de haut niveau de tous horizons.