Chalghoumi à «La Majalla »: «Je défends la liberté mais j'ai perdu ma liberté»

Portrait d'un Imam pas comme les autres
Hassen Chalghoumi, imam de Drancy

 

  • Chalghoumi est devenu une personnalité médiatique à la suite de ses prises de positions en faveur du rapprochement avec la communauté juive et Israël
  • l’imam Chalghoumi commémore la mémoire des déportés juifs dans saville, ce qui lui a valu de lourdes menaces de la part de musulmans pro-palestiniens
  • Chalghoumi est alors devenu un symbole d’amitié entre musulmans, juifs, chrétiens et athées
  • Chalghoumi: « Je n'ai jamais parlé au nom des musulmans, je parle en tant qu'imam»
  • « Je défends la liberté, mais j'ai perdu ma liberté »

 

Paris: Connu sous la dénomination d’ « imam de Drancy », une ville de la banlieue parisienne, Hassen Chalghoumi (âgé de 48 ans) est devenu une personnalité médiatique à la suite de ses prises de positions en faveur du rapprochement avec la communauté juive et Israël, ses prises de position contre l'intégrisme et ses combats contre les frères musulmans, ainsi par ses combats pour la République française. Originaire de Tunisie, après avoir fait ses études religieuses à Lahore et à Damas, il devient imam en France à Drancy. De cette ville, les premiers convois de déportés juifs vers Auschwitz ont eu lieu en 1942. Depuis une vingtaine d’années, l’imam Chalghoumi commémore la mémoire des déportés juifs dans sa ville, ce qui lui a valu de lourdes menaces de la part de musulmans pro-palestiniens. Il est alors devenu un symbole d’amitié entre musulmans, juifs, chrétiens et athées, favorisant le dialogue interreligieux et la concorde entre les personnes. Partisan d’un « islam des Lumières », il s’oppose à l’instrumentalisation de la religion par les Frères musulmans. Pour l’imam de Drancy et Président de la Conférence des imams de France, leur « islam politique » est l’ennemi de l’islam. Par naïveté, considère celui qui vit sous protection policière depuis longtemps, les pouvoirs en Europe ont laissé s’installer « ce cancer » à partir des années 1980 via les émissaires du prédicateur qatari Youssuf al-Qardaoui, souvent réfugiés politiques. Les Frères musulmans ont alors, selon lui, commencé à mettre en place leurs structures. Un pays comme le Qatar la Turquie ont finance ces structures à partir des années 1990, comme en France qui accueille la plus grande population musulmane du continent. Chalghoumi estime que cette vision idéologique de la religion oppose les « bons musulmans » de l’islam politique, aux autres musulmans qui sont nécessairement de mauvais adeptes. Ainsi que l’Occident vu de manière purement négative face au monde musulman. L’islam politique recherche la confrontation, même la guerre civilisationnelle, pense-t-il, entre deux mondes et modes de pensées inconciliables. Selon cette personnalité religieuse, les Frères musulmans et les salafistes ont une veritable haine de l’Occident, donc de l’Europe dans laquelle nombre d’entre eux vivent, et se représentent les musulmans comme d’éternelles victimes.

Fervent partisan d’un islam de tolérance, Chalghoumi met en avant l’importance de la ( mouwatana ), de se sentir citoyen du pays dans lequel on vit. Il répète qu’il est nécessaire de respecter la culture, les valeurs et l’histoire de l’Europe. Dans cet esprit, il prône une entente entre tout le monde, avec les chrétiens et juifs, arguant des nombreuses occurrences dans le Coran mentionnant le respect des « gens du Livre ». Il deplore l’implantation de l’islam politique dans certaines mosquées, dans des prêches, sur internet. Près de 1.000 morts sur le sol européen sont le résultat des idées qu’il combat fermement. Des présidents Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, en passant par des dirigeants européens, l’imam de Drancy ne cesse de les appeler à lutter efficacement contre cette idéologie importée sur ce continent. Favorable au développement d’un islam apaisé, sans ressentiment, il en joint les Gouvernements à former des imams européens, afin d’endiguer les composantes de la religion qui prônent la haine et qui ont un échoauprès de la jeunesse musulmane.

 

Le cible des milliers de menaces

L'imam Hassen Chalghoumi connu comme un pourfendeur de l'intégrisme islamiste, fait depuis que Daesh existe, l'objet de «menaces exacerbées», notamment après la mort de Samuel Paty, selon son avocat Me David-Olivier Kaminski, qui a aussi adressé trois plaintes au parquet de Paris, également, concernant les menaces «par milliers» et la «fatwa» dont Hassen Chalghoumi, fait l'objet..donc il y a eu trois enquêtes notamment ouvertes pour «menaces de mort», à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, le 8 novembre dernier. «L'une porte sur des faits d'apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d'atteinte à l'intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort», a précisé le parquet. Certains lui valent critiques et menaces, largement relayées sur internet. «Il ne s'exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République», a souligné son avocat.

 

Chalghoumi qui est connu des grands chef d’état et de gouvernement du monde entire parfois il a des liens d’amitié solides avec certains souverains arabes et français, a notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdel hakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty. Le collectifavaitdéclenchéen 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l'organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s'introduire au domicile de l'imam. Régulièrement menacé par les extremists politiques et religieux, l'imam nous explique: «Je vis avec ça, le matin quand je me réveille. Je me dis: «Tu risques ta vie ».C'est le prix que je paye. Je défends la liberté, mais j'ai perdu ma liberté. »

 

L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, annonce être prêt à prendre la tête du Conseil national des imams.

Conseil national des imams: « Je suis prêt à servir », confie l'imam de Drancy Emmanuel Macron a demandé au Conseil français du culte musulman (CFCM) une charte des principes de l'islam de France. Si cinq fédérations au sein du CFCM ont accepté de la signer, trois manifestent désormais leur refus et se désolidarisent. L’imam de Drancy en Seine-Saint-Denis, revient sur cette division. «L'initiative est courageuse de la part d'Emmanuel Macron, au sein de la division du CFCM se cache l'ingérence étrangère et l'islamisme. C'est une charteré publicaine qui prouve que l'islam est une religion de paix et d'amour, en respect des lois de la République».

L'imam de Drancy, qui publie un livre Les Combats d'un Imam de la République, estime qu'il «ne faut pas se limiter aux fédérations», influencées «par leur mouvance ou pays d'origine» et que cette charte sera signee par la majorité des 2.000 imams de France si la question leur est posée.

«Je trouve qu'il faut voir le statut d'imam, qu'ils aient leur indépendance. Ils ont une vision éclairée, en rapport avec l'idéologie française ».

 

La loi sur le séparatisme est là pour protéger les musulmans ?

Hassen Chalghoumi soutient d'ailleurs cette loi confortant les principles républicains. «La loi separatism est là pour protéger les musulmans, la masse, je la soutiens totalement. On a des valeurs qui protègent les croyants et les non-croyants, la loi sur le séparatisme inquiète les islamistes, cette minorité qui fait du tort .» Quant à la jeune Mila, harcelée pour avoir tenu des propos envers les musulmans.

«Je soutiens Mila », declare l'imam de Drancy. Je suis en désaccord avec elle, mais je respecte ses paroles. Une minorité répond par la haine, la violence, les menaces, c'est ce qu'on veut combattre. Je la soutiens, je dénonce et condamne la violence et le harcèlement qu'elle subit .»

Critiqué par plusieurs figures de l'islamen France, car il n’est pas comme les autres, Hassen Chalghoumi explique être «une voix parmi d'autres ». «Je n'ai jamais parlé au nom des musulmans, je parle en tant qu'imam, que président de la conférence des imams de France. Je défends la liberté, mais j'ai perdu ma liberté ».

Quant au conseil national des imams, dont la création a également été demandée par Emmanuel Macron, Hassen Chalghoumi se déclare prêt à y prendre part. »Je suis prêt à servir les imams, explique-t-il. Tant qu'il y a l'intérêt général et un islam de lumière ».

«L'imam Google est hélas plus puissant que l'imam Chalghoumi, déplore-t-il enfin, critiquant l'inaction des GAFA face à certains comportements en ligne. Au lieu de nous rapprocher, c'est la division, la haine, le racisme qui monte. Comme ils ont eu le courage de supprimer les comptes d'un ancient président, j'espère qu'il aura le courage de supprimer les sites islamistes.» Chalgoumi espère de vivre comme tout le monde en paix et sérénité sans qu’il soit obligé de se déplacer avec une protection policière, mais pour cela, les esprits intégristes doivent disparaitre du sol français… Le chemin est encore très long.