Macron peut-il effacer la mémoire de la guerre d’Algérie ?

Algérie, l’impossible oubli

  • Il est clair que Macron rêve d'un traité avec l'Algérie, Mais celle-ci n'a voulu jusqu'à présent que réécrire son histoire
  • Macron est le premier chef d’État français à être né après la fin de la guerre d’Algérie, mais il s’est aventuré sur un terrain sensible
  • Le passé colonial de la France en Algérie est un traumatisme qui continue de façonner la France moderne
  • Jean-Michel Aphatie déclare que, la France « doit des excuses à l’Algérie»
  • L’histoire de la colonisation et de la guerre ne se raconte pas de la même façon à Alger qu’à Paris
  • La France continue de nier les crimes et les massacres de la période coloniale », souligne la chaîne privée El Bilad
  • Il est souhaitable que cette période noire de l’histoire se ferme avec ses plaies, mais dignement pour les deux pays

 

Paris:  Conformément à la mission que lui avait confiée le Président de la République Française Emmanuel Macron, le 24 juillet 2020, le professeur d’histoire Benjamin Stora a remis, ses conclusions et recommandations dans un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie. Le Président a salué la qualité de ce travail conduit dans un esprit d’ouverture, d’écoute et de respect de tous. Il a souligné sa volonté de poursuivre le travail de mémoire, de vérité et de réconciliation engagé au cours des dernières années dans notre pays et dans ses liens avec l’Algérie.

 

 

Le Président Français engagera, sur la base de ce travail, plusieurs initiatives concrètes afin d’avancer sur un chemin de reconnaissance de toutes les mémoires et d’apaisement. Il a souhaité que ces initiatives permettent à la France de porter un regard lucide sur les blessures de son passé, de construire, dans le temps long, une réconciliation des mémoires et soient tournées vers la jeunesse en France et en Algérie, dans une démarche d’éducation et de transmission. Nombre de propositions du rapport nécessiteront une instruction confiée à une commission « Mémoires et Vérité» associant plusieurs personnalités et présidée par Benjamin Stora. Emmanuel Macron a enfin souligné son souhait que tous ceux dont les vies ont été bouleversées par l’histoire de la guerre d’Algérie soient pleinement associés aux commémorations du 25 septembre (Journée nationale d’hommage aux Harkis et aux membres des formations supplétives de l’armée française en Algérie), du 17 octobre 1961 et du 19 mars 1962.

Le professeur d’histoire Benjamin Stora avec le Président de la République Française Emmanuel Macron

Il est clair que Macron rêve d'un traité avec l'Algérie. Mais celle-ci n'a voulu jusqu'à présent que réécrire son histoire et celle de l’Algérie.

Pour l'an prochain, on ne célébra pas une fête pour la France, mais plutôt un double anniversaire pour l'Algérie. Il y aurait deux dates en tête: le 18 mars 2022, les 60 ans des accords d'Évian, suivis, le 5 juillet, par les 60 ans de l'indépendance de l'Algérie, pour certains partisans de l’Algérie française célèbreront à Paris en cachette, le 182e anniversaire de la conquête de l'Algérie. Or, le président français aimerait parvenir à un traité de réconciliation entre Paris et Alger, mais sous quelle forme ? C’est pourquoi il fait appel à l’historien Benjamin Stora qui connait bien les deux pays un peu plus que les autres.

Né à Constantine en 1950, pied-noir, arrivé en métropole en juin 1962 avec ses parents, Stora s'est fait connaître dans le militantisme de gauche avant d'évoluer vers des positions plus sobres, à mesure qu'il se concentrait sur l'histoire des relations franco-algériennes. Dans le récit national français, observe-t-il, l'Algérie a été ensevelie par Mai 68, six ans à peine après la fin de la guerre ; il note que 4 000 livres et Mémoires ont été publiés sur le sujet de 1960 à 2010, mais cela ne représente que le quart du nombre d'ouvrages parus en même temps sur Napoléon.

Les grandes lignes du rapprochement mémoriel franco-algérien

L’historien dans son rapport dresse un état des lieux sur le chemin accompli par la France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, et propose des gestes susceptibles de contribuer à l’apaisement et à la sérénité de ceux que la guerre d’Algérie a meurtris, tant en France qu’en Algérie. Il estime que le préalable de ce travail est de sortir de la «communautarisation des mémoires » qui s’est installée depuis la fin de la guerre, conduisant les différents groupes qui y ont pris part (Algériens, soldats français, pieds noirs, intellectuels engagés pour ou contre l’Algérie française, etc.) à « être enfermés dans leur propre souffrance sans reconnaître la souffrance des autres groupes». Selon lui, il existe une série de rapprochements mémoriels possibles, notamment sur la question des disparus. Il en préconise un guide. Sur les essais nucléaires, il recommande une reconnaissance par la France des lieux de ces dix-sept essais dans le Sahara réalisés jusqu’en 1966 et éventuellement les indemniser, Stora appelle également à plus d'efforts de la part des autorités françaises et algériennes pour identifier les victimes des essais nucléaires ajoutant que le même effort devrait être fait à propos de l'utilisation du napalm par l'armée française. Enfin, il propose la mise en valeur de plusieurs personnalités, dont Gisèle Halimi, l’avocate française très investie contre la torture et le viol des femmes pendant la guerre d’Algérie, et la reconnaissance par la France de l'assassinat de l'avocat nationaliste algérien Ali Boumendjel, pendant la bataille d’Alger en 1957,serait un geste fort, qui permettrait d'incarner les évènements, comme lorsque Macron a admis la responsabilité de la France dans la mort du militant pro-FLN Maurice Audin.

Le professeur d’histoire Benjamin Stora

Les 22 recommandations du rapport Stora

Le rapport de l’historien remis mercredi 20 janvier à Emmanuel Macron recommande la mise en place d’une commission « Mémoire et Vérité » chargée d’impulser des initiatives mémorielles communes entre la France et l’Algérie. L’historien propose que cette commission soit composée de « différentes personnalités engagées dans le dialogue franco-algérien », comme Fadila Khattabi, présidente du groupe d’amitié France-Algérie de l’Assemblée nationale, Karim Amellal, ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée, des intellectuels, médecins, chercheurs, chefs d’entreprise, animateurs d’associations… Cette commission pourrait formuler des recommandations sur les 22 points suivants :

Commémorations

Poursuivre les commémorations, comme celle du 19 mars 1962 demandée par plusieurs associations d’anciens combattants à propos des accords d’Evian, premier pas vers la fin de la guerre d’Algérie. D’autres initiatives de commémorations importantes pourraient être organisées autour de la participation des Européens d’Algérie à la seconde guerre mondiale ; du 25 septembre, journée d’hommage aux harkis et autres membres de formations supplétives dans la guerre d’Algérie ; du 17 octobre 1961, à propos de la répression des travailleurs algériens en France. A tous ces moments de commémoration pourraient être invités les représentants des groupes de mémoires concernés par cette histoire.

Témoignages

Organiser le recueil par cette commission de la parole des témoins frappés douloureusement par cette guerre pour établir plus de vérités et parvenir à la réconciliation des mémoires.

Emir Abdelkader

Construire une stèle à l’effigie de l’émir Abdelkader, qui lutta contre la conquête de l’Algérie par la France au milieu du XIXe siècle, à Amboise (Indre-et-Loire), où il vécut en exil entre 1848 et 1852. Le monument pourrait être érigé à l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, en 2022.

Ali Boumendjel

Reconnaissance par la France de l’assassinat de l’avocat Ali Boumendjel, ami de René Capitant et dirigeant politique du nationalisme algérien, tué pendant la bataille d’Alger, en 1957. Ce geste ferait suite à la déclaration du président Emmanuel Macron concernant Maurice Audin en septembre 2018.

Disparus

Œuvrer à la publication d’un « guide des disparus » (algériens et européens) de la guerre d’Algérie, sur la base des recherches du « groupe de travail » créé à la suite de la déclaration d’amitié signée lors de la visite du président François Hollande à Alger en 2012. Ce groupe avait été mis en place pour permettre la localisation des sépultures des disparus algériens et français de la guerre d’indépendance. Il devra poursuivre son travail.

Essais nucléaires et mines

Poursuivre le travail conjoint concernant les lieux des essais nucléaires français en Algérie, réalisés entre 1960 et 1966, et leurs conséquences, ainsi que la pose des mines aux frontières.

Restes humains

Poursuivre l’activité du comité mixte d’experts scientifiques algériens et français chargés d’étudier les restes humains de combattants algériens du XIXe siècle conservés au Muséum national d’histoire naturelle.

Harkis

Voir avec les autorités algériennes la possibilité de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie.

Oran, juillet 1962

Mettre en place une commission mixte d’historiens français et algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962 ; entendre la parole des témoins de cette tragédie.

Cimetières européens et juifs

Encourager la préservation des cimetières européens en Algérie (travaux, entretiens, réhabilitations des tombes), ainsi que des cimetières juifs (comme ceux de Constantine et de Tlemcen).

Noms de rues

A l’instar de la mesure instaurée par le président de la République visant à donner à des rues de communes françaises des noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, inscrire des noms de Français d’origine européenne particulièrement méritants, en particulier médecins, artistes, enseignants, issus de territoires antérieurement placés sous la souveraineté de la France.

Archives

Activer le groupe de travail conjoint sur les archives, constitué en 2013 à la suite de la visite du président Hollande en 2012. Le groupe s’est réuni à six reprises, jusqu’au 31 mars 2016. Ce groupe de travail sur les archives devra faire le point sur l’inventaire des archives emmenées par la France et laissées par la France en Algérie. Sur la base de ce travail d’inventaire, certaines archives (originaux) seraient récupérées par l’Algérie. Celles laissées en Algérie pourront être consultées par les chercheurs français et algériens. Le « comité de pilotage » pourrait proposer la constitution d’un premier fond d’archives commun aux deux pays, librement accessible.

Visas de chercheurs

La coopération universitaire pourrait, avant le règlement de la domiciliation des archives, trouver un moyen pour chacune des parties de montrer la volonté de transparence du passé commun. La France proposerait ainsi de donner chaque année à dix chercheurs, inscrits en thèse sur l’histoire de l’Algérie coloniale et la guerre d’indépendance dans un établissement universitaire algérien, la possibilité d’effectuer des recherches dans les fonds d’archive en France. Le visa de chercheur à entrées multiples serait d’une durée de six mois, pouvant être prolongé de trois mois, ce qui correspond à une année universitaire. Le chercheur pourrait ainsi effectuer des allers-retours en fonction des besoins de sa recherche. Ce visa pourrait être renouvelable.

Afin que ces recherches puissent effectuées dans de bonnes conditions matérielles, un accord serait passé avec le Centre national des œuvres universitaires (Cnous) pour mettre à disposition une chambre au sein d’une cité universitaire proche des lieux d’archive dans des modalités pratiques à approfondir. Enfin, ces étudiants pourraient bénéficier pendant leur séjour en France de la même bourse d’étude que les étudiants français inscrits en thèse, au prorata de la durée de séjour.En parallèle, des étudiants français, dans un nombre qui reste à discuter avec les autorités algériennes, devraient pouvoir bénéficier d’un visa à entrées multiples et d’un accès facilité aux archives algériennes concernant la même période.

Edition

Favoriser la diffusion des travaux des historiens par la création d’une collection « franco-algérienne » dans une grande maison d’édition. L’objectif serait de poser des bases communes aux mémoires particulières, de définir un cadre acceptable par tous, des deux côtés de la Méditerranée.

Traductions

 Créer un fonds permettant la traduction du français vers l’arabe et de l’arabe vers le français d’œuvres littéraires et à caractère historique. Ce fonds pourra également prendre en charge les écrits de langue berbère.

Programmes scolaires

Accorder dans les programmes scolaires plus de place à l’histoire de la France en Algérie. A côté d’une avancée récente – ne plus traiter de la guerre sans parler de la colonisation –, il convient de généraliser cet enseignement à l’ensemble des élèves (y compris dans les lycées professionnels).

Jeunes créateurs

Aller vers la mise en place d’un office franco-algérien de la jeunesse, chargé principalement d’impulser les œuvres de jeunes créateurs (œuvres d’animation, courts-métrages de fiction, création de plate-forme numérique pour le son et l’image).

 

Musée

 Réactiver le projet de musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, prévu à Montpellier et abandonné en 2014.

Colloque

 Organiser en 2021 un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie par certaines grandes personnalités comme François Mauriac, Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, André Mandouze et Paul Ricœur.

Exposition

Organiser en 2021 au Musée national de l’histoire de l’immigration une exposition ou un colloque sur les indépendances africaines.

Gisèle Halimi

 Entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure de l’opposition à la guerre d’Algérie.

Canon Baba Merzoug

 Créer une commission franco-algérienne d’historiens chargée d’établir l’historique du canon « Baba Merzoug » ou « La Consulaire », ravi lors de la conquête d’Alger en 1830 et installé à l’arsenal de Brest, et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée.

En Algérie, le rapport accueilli froidement

A Alger,le rapport de Stora n’a encore suscité aucune réaction officielle en Algérie, mais les médias et les historiens sont critiques, les avis sont partagés. Mais le rapport de l'historien, ne suscite pas d'enthousiasme. Pour les algériens, la France doit présenter des excuses sur les crimes coloniaux. Elle le fera tôt ou tard. Des dizaines de milliers d'Algériens sont morts pour l'indépendance de l'Algérie. Il est temps que l'Algérie forge elle-même son propre et véritable récit.

 

« Rien de nouveau »

Les médias algériens ont accueilli avec froideur le travail de Benjamin Stora. « Un rapport vide de contenu, ce n'est pas ce que demande l'Algérie. La France continue de nier les crimes et les massacres de la période coloniale », souligne la chaîne privée El Bilad. Le journal arabophone El Khabar juge de son côté que le rapport ne fait pas de différence « entre le bourreau et la victime ».

En Algérie, ses homologues historiens déplorent que le principe d'excuses ait été écarté de son travail. Pour le chercheur en histoire Lamine Belghith, le rapport Stora est une image de « ce qui est déjà enseigné dans les écoles françaises sur la période coloniale». « Rien de nouveau », tranche-t-il. Le débat dans les médias et sur les réseaux sociaux s'est concentré sur la question de la reconnaissance des crimes de la période coloniale et le refus de la France de présenter des « excuses » aux Algériens. L'historien Amar Rekhila estime le rapport à contresens des déclarations d'Emmanuel Macron en 2017. En visite à Alger, alors candidat à la présidentielle, avait qualifié la colonisation de « crime contre l'humanité ». « Macron est revenu sur ses engagements », juge-t-il.

D'autres universitaires et chercheurs relèvent que le rapport aborde sommairement la question des archives, dont Alger réclame la restitution totale. Ils lui reprochent de citer uniquement le cas de l'avocat nationaliste Ali Boumendjel, mort sous la torture en 1957 en pleine « bataille d'Alger », en oubliant les autres militants tués par les soldats français.

Pour Stora, le spécialiste de l'histoire algérienne, la repentance ou son refus enferment Paris et Alger dans une polémique politique, qui les empêchent d'affronter pleinement leur douloureux passé mémoriel. Stora affirme que la décision de présenter des excuses formelles de la France à l'Algérie est du domaine du "politique". Il appelle à plutôt se concentrer sur des "travaux pratiques" qui permettent de réconcilier les mémoires dans les deux pays. L'historien regrette les critiques émises à l'encontre de son rapport en Algérie et l'absence de réaction officielle d'Alger. Il appelle d'ailleurs le président algérien Abdelmadjid Tebboune à s'exprimer afin d'enclencher une dynamique qui permette des avancées concrètes sur des sujets comme l'ouverture des archives, les disparus et l'éducation.

Pas de réaction officielle

Dans la classe politique Algérienne, peu de réactions au rapport. Le FLN, ancien parti unique, garde le silence. Et certains commentateurs n'ont pas manqué de s'interroger sur le mutisme d'Abdelmadjid Chikhi, conseiller du président Abdelmadjid Tebboune sur les questions de la mémoire, supposé être « l'interlocuteur » algérien de Benjamin Stora.

Harcelé de questions par les journalistes, il s'est contenté de répondre qu'une réaction serait donnée lorsque le rapport de Stora serait reçu « d'une manière officielle ». « Ce rapport ne nous a pas été adressé officiellement et nous ne pouvons pas réagir sur la base de ce qui a été rapporté par la presse. Les relations entre Etats ne sont pas gérées comme ça », a-t-il déclaré

 

Il est clair que le président Macron veut soigner les blessures du passé qui ont laissé des traces et des effets dans l’esprit de tout un peuple et notamment sur les 7 millions algériens de France dont certaines minorités n’ont pas l’amour de la France dans leur cœur, on a observé les sifflements de l’hymne national pendant les matchs de foot, les drapeaux salis, signe de mépris et de non-respect au pays d’accueil. Alors quesymboles par excellence de l'identité nationale, drapeaux et hymnes nationaux sont sanctuarisés par la loi dans de nombreux pays qui ont inclus dans leur Code pénal des peines plus ou moins sévères. En France, la loi instituant le délit d'outrage à « la Marseillaise » et au drapeau tricolore a été adoptée en janvier 2003. Elle prévoit des peines allant jusqu'à six mois de prison et 7 500 euros  d'amende. Il aura fallu les sifflets du match France - Algérie en 2001 pour que l'on s'en préoccupe. » Lors de cette rencontre explosive, le Premier ministre Lionel Jospin n'avait pas quitté le stade et sa ministre des Sports, Marie-George Buffet, qui cherchait à calmer le jeu, avait reçu en plein visage une bouteille d'eau. Le 11 mai 2002, lors de la finale de la Coupe de France Bastia - Lorient, « la Marseillaise » avait été huée par les supporteurs. Jacques Chirac, tout juste réélu président de la République, avait quitté la tribune.

Certains algériens souffrent de l’éternel problème d’identité, ils ne sont ni algériens complétement malgréqu’ils sont nés et vivent en France, ni français malgré leurs cartes d’identités, certains aussi peuvent facilement tomber comme khaledkelkal et les frères kouachi tombent facilement dans les pièges des organisations terroristes. Bien que les nouvelles générations n’aient pas connut cette période sombre de l’histoire, mais ce que les français ignorent que le devoir de mémoire se transmet de père en fils et de mère en fille. Il est donc souhaitable que cette période noire de l’histoire se ferme avec ses plaies, et dignement pour les deux pays.c’est peut-être après avoir réussi cette réconciliation avec l’histoire, qu’on ne trouverait plus un seul terroriste issue de la rébellionde l’immigration « maghrébine contre le pays colonisateur ». Si on ne peut pas dire que certains peuples souffrent d’untrop de mémoire, comme s’ils étaient hantés par le souvenirdes humiliations subies lors d’un passé et aussi par celui desgloires lointaines,on ne pourrait pas dire au contraire qued’autres peuples souffrent d’un défaut de mémoire commes’ils fuyaient devant la hantise de leur propre passé. L’histoire de la guerre d’Algérie est une plaie vive entre le deux pays qu’il conviendrait de soigner dignement et profondément, les exactions commises lors de la période coloniale ne trouveront d’exutoire que dans une repentance sincère et officielle pour réconcilier les deux peuples

Le pardon peut-il guérir ?

Emmanuel Macron est le premier chef d’État français à être né après la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962)  mais il s’est aventuré sur un terrain sensible plaine de sable mouvant où les six derniers présidents français avaient hésité à mettre les pieds. Le passé colonial de la France en Algérie est un traumatisme qui continue de façonner la France moderne. Les millions de résidents français qui, à des degrés divers, ont des liens avec l’Algérie, ont des vues divergentes de l’histoire coloniale et de la guerre, rendant risquée toute clarification politique officielle. L’histoire de la colonisation et de la guerre ne se raconte pas de la même façon à Alger qu’à Paris, mais même à l’intérieur de la France, il n’existe pas de récit unifié sur la signification de la période. D’où la proposition phare du rapport Stora : la création d’une commission « Mémoire et Vérité » à laquelle il reviendra d’impulser des initiatives communes entre la France et l’Algérie sur les questions de mémoires.

 

Aphatie a commenté. Il souhaite des excuses de la France

Le journaliste politique français Jean-Michel

Intervenant sur une chaîne française France 2 lors d’un débat sur la colonisation française, Jean-Michel Aphatie déclare que, la France « doit des excuses à l’Algérie » dont la colonisation (1830-1962) « ne ressemble à aucune autre » colonisation de par sa violence. Qualifiant la colonisation Française  « d’acte politique impensé », ajoutant, « Nous ne savons pas pourquoi la France a conquis Alger (le 5 juillet) 1830. C’est un acte politique impensé ».L’Algérie était un département Français, cette histoire est singulière, et il faut la regarder sous trois angles, la conquête, l’exploitation, et la guerre.

 

 

La Colonisation Algérienne ne rassemble à aucune autre colonisation

En effet, le journaliste politique français Jean-Michel Aphatie qu’à l’époque Charles-Philippe de France, connu sous le nom de Charles X, « était basculé par les Libéraux en France, lequel mène une opération militaire pour sa gloire personnelle ».Vingt-cinq jours plus tard, Charles X « perd le pouvoir le 30 juillet 1830 et Louis Philippe lui succède », précisant que c’est « à partir de là que va commencer la conquête de l’Algérie (qui) était tellement violente, qu’en 1845 il y a eu une campagne de presse européenne pour la dénoncerJean-Michel Apathie s’est encore une fois prononcé pour « déboulonner » le maréchal colonisateur Bugeaud, « figure de cette barbarie » et « assassin », en demandant que la Ville de Paris débaptise l’avenue qui porte son nom, qualifiant de « scandale » qu’une avenue soit baptisée du nom du maréchal Thomas Bugeaud qui « s’est comporté comme un boucher ».

Thomas Bugeaud était l’un des militaires chargé de la conquête de l’Algérie en 1844–1845. Nommé gouverneur général, il y a pratiqué « les enfumades » (mort par enfumage d’Algériens enfermés dans des grottes).Sur ses consignes, « plus de 1 000 hommes, femmes et enfants de la tribu des Ouled Riah qui s’étaient réfugiés avec leur bétail dans une grotte du Dahra, près de Mostaganem », en 1845, ont par exemple été asphyxiés.

« Je regrette que des générations d’Algériens soient privées de leurs droits et spoliées de leurs terres ». Jean-Michel Aphatie, s’est montré en colère et désolant, affirmant que des générations d’Algériens étaient privées de leurs droits et spoliées de leurs terres.Selon lui, la France est responsable de la non-scolarisation, de cinq générations en Algérie, « On a volé les terres aux Algériens, on a empêché la scolarisation de cinq générations d’Algériens, condamnés à l’ignorance et à l’analphabétisme ».

Trop-plein d’Histoire

C’est un exercice difficile que d’écrire sur la colonisation et la guerre d’Algérie, car longtemps après s’être figée dans les eaux glacées de l’oubli, la guerre d’Algérie est venue s’échouer, s’engluer dans le piège fermé des mémoires individuelles. Au risque ensuite d’une communautarisation des mémoires.

Aujourd’hui, en France, plus de 7millions de résidents sont toujours concernés par l’Algérie, ou plutôt, pour être totalement exact, par la mémoire de l’Algérie. Hautement problématique, celle-ci fait l’objet d’une concurrence de plus en plus grande. Pour les grands groupes porteurs de cette mémoire, comme les soldats, les pieds-noirs, les harkis ou les immigrés algériens en France, l’enjeu quelquefois n’est pas de comprendre ce qui s’est passé, mais d’avoir eu raison dans le passé. La mémoire n’est pas seulement connaissance ou souvenir subjectif de ce qui a eu lieu, surgissement du passé dans le présent, elle se développe comme porteuse d’affirmation identitaire et de revendication de reconnaissance.

Des deux côtés de la Méditerranée, la colonisation et la guerre ont laissé des traces. Pour témoigner de ce passé longtemps gardé sous silence, compétition victimaire et de la reconstruction de récits fantasmés, on verra que la liberté d’esprit et le travail historique sont des contre-feux nécessaires aux incendies de mémoires enflammées, surtout dans la jeunesse », souligne Benjamin Stora dans son rapport. Et d’emprunter la belle formule de son confrère Pierre Nora : « Si la mémoire divise, l’Histoire peut rassembler