Birmanie : La junte inflexible

La junte birmane a durci le ton après un week-end de violences sanglantes en avertissant les manifestants qu'ils risquaient d'en mourir, ce qui n'a pas dissuadé ce lundi 22 février des milliers de personnes de descendre encore dans les rues.

Kyaw est l'un des meneurs de l'association des étudiants de l'université de Rangoun et il s'attend à ce que 500 de ses camarades le rejoignent pour défiler dans le centre-ville. Ils portent des casques de chantier avec des autocollants aux couleurs de la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, et ils ont préparé des enceintes pour diffuser leurs slogans.

Devant eux, une autre manifestation se prépare. Elle est organisée par des voisins du quartier. Zaw, l'un des leaders, raconte à voix basse que quatre soldats se joignent à eux depuis le début de la manifestation. Ils s'habillent en civil et restent discrets puisqu'ils sont contre le coup d'État mais ne peuvent pas s'afficher en public.

De nombreux lieux de recueillement s'installent dans toute la ville depuis ce dimanche. Entre ces hommages aux manifestants disparus et les rues recouvertes d'affiches appelant à l'aide international et de slogans géants peints à même la route, la population paraît s'approprier de plus en plus la ville.