Birmanie : Aung San Suu Kyi inculpée

Déjà poursuivie pour avoir enfreint d'obscures règles commerciales et sanitaires, celle qui était de facto la Première ministre de la Birmanie a été inculpée pour deux nouvelles infractions ce lundi 1er mars, tandis que les tensions restaient vives dans le pays au lendemain de la journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d'État.

La prix Nobel de la paix est désormais poursuivie pour avoir violé une loi sur les télécommunications et pour «incitation aux troubles publics», a indiqué Nay Tu, membre de son équipe de défense, à l'issue de l'audience à laquelle Aung San Suu Kyi a assisté en vidéoconférence. Elle était déjà inculpée pour avoir importé illégalement des talkies-walkies et pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, des motifs extravagants pour les observateurs internationaux.

Tenue au secret depuis son arrestation, elle semble «en bonne santé», selon son principal avocat Khin Maung Zaw qui voyait pour la première fois sa cliente en visioconférence, n'étant toujours pas autorisé à la rencontrer. Une prochaine audience est prévue le 15 mars. «Nous ne pouvons pas dire avec certitude combien d'autres inculpations subira Aung San Suu Kyi dans la période que nous vivons, a-t-il déclaré aux journalistes à Naypyidaw. Tout peut arriver dans ce pays en ce moment».