Le livre le plus vendu en Tunisie en 2020

Dhouké Ben Soltana nous emmène dans les coulisses de son roman «The Girl with the Golden Mind»
Dhouké Ben Soltana, jeune écrivaine, designer et illustratrice tunisienne.

* C’est grâce aux lecteurs que mon roman est devenu un succès national.

*Mon roman est imbibé de fantaisie, de mystère, de suspense, d’amour et de comédie.

* On vit dans une ère numérique ou le succès de l’auteur réside dans sa notoriété digitale en premier lieu avant la qualité et la valeur de ses livres.

* Être designer/ illustratrice et écrivaine ont des points communs, c’est d'avoir l'imagination et la créativité nécessaires pour matérialiser une idée.

* Les lecteurs ont même remarqué que mon style d'écriture est plutôt visuel. Je construis des scènes faciles à imaginer.

 

Dhouké Ben Soltana, une jeune écrivaine tunisienne en herbe, designer et illustratrice freelance internationale, qui a réussi à séduire les lecteurs tunisiens par son style d’écriture, plutôt visuel.

Dans une interview accordée à ‘’La Majalla’’, Dhouké Ben Soltana nous emmène dans les coulisses envoûtantes de son roman ‘’The Girl with the Golden Mind’’, une boîte à merveilles qui regorge de péripéties, de magie et de leçons de vie.

 

Pourriez-vous nous raconter comment vous avez commencé à écrire ?

J’ai commencé à écrire au lycée. Ce fut un moyen de vider mon esprit et d’avouer mes secrets frustrants et embarrassants sous forme de Journal. Puis, j'ai commencé à imaginer des aventures et des histoires et à écrire des nouvelles courtes et inachevées. Des aventures que je voulais vivre. Les jours passent et avec les préoccupations de la vie quotidienne, je n’ai plus trouvé le temps d'écrire jusqu'à ce que j’aie arrêté pendant longtemps.

 

Depuis quelque temps, j'ai pris une pause de mon travail parce que j'en avais perdu la passion, même si j'aime mon travail de designer et d’illustratrice freelance internationale. C'était le premier signe de ma dépression, perdre la passion, tout ce qui me faisait plaisir était sans goût, j’ai fini par détester tout mon quotidien.

Ensuite, je me suis relancée dans l’écriture de fiction qui m'a aidée à trouver la passion que j’ai perdue, celle d'être créative, mais différemment. Je me suis sentie de nouveau vivante. Vous pouvez dire que l'écriture est devenue ma thérapie. Une thérapie de mots qui m'aide à respirer et à combattre l’anxiété et mes démons intérieurs.

’’The Girl with the Golden Mind’’, premier roman en anglais de Dhouké Ben Soltana, paru aux Editions Dar ben Soltana, le 27 février 2020.

Où trouvez-vous vos sources d’inspiration ?

Je trouve l’inspiration partout. Je m’inspire de mes expériences dans la vie, de mon quotidien. Je m’inspire des personnes autour de moi. Je trouve l’inspiration aussi dans les livres, les films, les séries de différentes cultures : américaine, canadienne, coréenne, chinoise, turque, libanaise, égyptienne, Thaïlandaise.etc

 

Quel est le rôle des réseaux sociaux dans votre vie ?

Grâce à ma carrière dans le design et la publicité, j’étais consciente du rôle crucial des réseaux sociaux dans l’image de marque qu’elle soit un produit, un service ou une personne. Donc dès que j’ai décidé de publier mon roman, j’ai consacré mon temps à le promouvoir régulièrement sur mes pages et sur les groupes en lignes. Je pense que le marketing est une nécessité surtout dans la publication des livres.

On vit dans une ère numérique ou le succès de l’auteur réside dans sa notoriété digitale en premier lieu avant la qualité et la valeur de ses livres.

Et pour cette raison, je suis depuis un moment la responsable marketing et artistique de la société familiale et maison d’édition et distribution de livres « Dar Ben Soltana ».

 

Vous êtes écrivaine, mais aussi designer. Comment ces deux champs artistiques ont été complémentaires pour vous ?

Être designer/ illustratrice et écrivaine ont des points communs, c’est d'avoir l'imagination et la créativité nécessaire pour matérialiser une idée et de créer des messages et scènes sous forme d'images graphiques. 

Les lecteurs ont même remarqué que mon style d'écriture est plutôt visuel. Je construis des scènes faciles à imaginer.

En tant que designer je me suis chargée aussi de la création du design de la couverture. Une couverture attirante qui suit la tendance des livres aux USA et à l’étranger. J’étais, également, responsable de la publicité en ligne en pleine épidémie.

Alors vous pouvez dire que ces deux vocations sont complémentaires.

 

Votre roman anglais ‘’The Girl with the Golden Mind’’ est un best-seller qui regorge de péripéties, de magie et de leçons de vie. Racontez-nous le parcours de ce livre.

 

Mon roman est imbibé de fantaisie, de mystère, de suspense, d’amour et de comédie. Ma combinaison préférée dans la fiction. C’est un roman essentiellement dédié aux jeunes adultes et qui est écrit avec un vocabulaire accessible et léger.

C’est l’histoire de Sarah Porter et de son pouvoir surnaturel acquis après un incident. Sarah est devenue capable d'entendre les pensées des gens et c’est ainsi qu’aucune vérité ne lui a jamais été cachée.

Elle pouvait entendre chaque pensée sombre et obscène. Il s’agit d’une histoire, à l’apparence populaire, mais qui elle met en avant des questions sociales spécialement les relations humaines.

Le roman trace le chemin plein de défis d’une femme spéciale, qui a perdu sa foi en l’humanité et en l’amour. Sarah décide de sortir de sa zone de confort et de s’embarquer dans une aventure à la recherche de l’objectif de son pouvoir, où elle confronte ses peurs et apprend à s’accepter et à accepter l’humanité telle qu’elle est. Trouver l’amour n’est qu’une partie de son aventure.

Les exemplaires du roman «The Girl with the Golden Mind» en vente.

 

Comment ce roman a-t-il été perçu au moment de sa publication en Tunisie et à l’étranger ?

En Tunisie, c’était une surprise pour la plupart, surtout pour le choix de la langue pour une écrivaine qui n'a jamais vécu à l'étranger et dont la langue maternelle n’est pas l’anglais. Mais j’ai reçu beaucoup d’encouragements des Tunisiens et surtout des jeunes lecteurs.

Je suis actuellement à la recherche d’une maison d’édition à l’étranger qui pourra publier mes romans prochainement.

 

Pourquoi vous avez choisi l’anglais comme langue pour votre premier roman ?

 

Écrire en anglais n'a jamais été un choix. Je veux dire que ce n’est pas un choix calculé, ce n’est pas non plus un choix discriminatoire. Je n’ai pas choisi d’écrire en anglais parce que je déteste l’arabe ou le français.

Il est vrai que j'en suis tombée amoureuse au début, quand j'écoutais des chansons en cette langue et regardais des films américains. Mon quotidien était de regarder des films, des séries et des émissions, lire plus fréquemment des livres en anglais et rédiger des notes de travail dans la langue de Shakespeare. Instinctivement, je me suis retrouvée en train de m'exprimer par écrit uniquement en anglais. Bingo! La force de l'habitude ! Pratiquer l’anglais et le consommer intensivement et quotidiennement, c’est devenu une habitude comme boire du café tous les jours. L’habitude est bien plus puissante que tout ! Cela devient comme un instinct que vous ne pouvez pas contrôler ou changer facilement.

 

Comment voyez-vous les goûts des Tunisiens ? Sont-ils plutôt de bons liseurs ?

 

D'abord je dois admettre que j'ai sous-estimé les jeunes lecteurs tunisiens comme beaucoup d’autres l’ont fait avant moi. L’idée que les jeunes de cette génération ne lisent plus est une idée complètement fausse. Grâce à mon roman, j'ai découvert un public assoiffé de fiction, du genre « Young Adult » qu’on ne trouve pas trop dans la littérature tunisienne, et des romans « Feel-good » qui ont une touche de comédie.

Les goûts des Tunisiens sont différents. J’ai découvert que les jeunes tunisiens (âgé de 13 ans et plus) sont nombreux  à lire en anglais, mais ils ne trouvent pas beaucoup de choix dans les livres des auteurs locaux.

 

Quelle catégorie de livres est la plus appréciée par les Tunisiens ?

Les genres de livres appréciés par les Tunisiens sont différents et je suis en plein milieu de découvrir leurs préférences. J’ai apprécié les retours magnifiques que j'ai reçus directement de mes lecteurs. Ils sont heureux de trouver ce qu'ils cherchaient dans mon roman, qui les a aidés à retrouver le sourire en ces temps sombres. C’est grâce à eux que ce roman est devenu un succès national.

 

Quels sont vos futurs projets ?

 

J’envisage de publier des histoires amusantes, « Feel-good » qui inspirent et donnent de l’espoir, en anglais bien sûr. Je veux que les jeunes qui ont du mal à lire tombent amoureux de la lecture. Cela semble ambitieux, mais j’ai reçu une bonne dose de motivation de la part des jeunes qui ont lu mon roman et c’était leur première lecture en anglais.

Je suis en train de travailler sur deux projets, une comédie romantique et une série mystère, genre « Cosy mystery ». J’annoncerai la date de publication en ligne, une fois l’un des projets achevé.

 

 

Un dernier mot ?

Au cours de cette année plusieurs jeunes m’ont révélé que mon roman les a inspirés. Inspirer les autres est un véritable honneur en ces temps où l’espoir est un visiteur timide. J’espère ne pas décevoir mes lecteurs dans mes futurs projets et continuer à les inspirer à réaliser leurs rêves.