Journalistes pour les droits de l’homme lance le projet «Canada-Monde: Une voix des femmes et des filles» en Tunisie

La formation «Médias et genre» dédiée aux journalistes tunisiens, tenue les 13 et 14 février 2021, à Tunis.

* La diffusion continuelle d'images négatives et dégradantes des femmes a beaucoup influencé la scène médiatique en Tunisie.

* Jusqu’aux années soixante, l’alibi de la ‘’nature’’ pour maintenir la domination masculine des inégalités entre les sexes dans la société, était encore largement privilégié par les sciences humaines et la pensée scientifique.

* «Canada-Monde : Une voix des femmes et des filles», un projet pour lutter contre la représentation stéréotypée des femmes dans la région du Moyen-Orient et en Afrique.

Vous pouvez aller voir un film, allumer la télévision, écouter la radio, ou naviguer sur internet. Quel que soit votre choix de média, il y a de fortes chances que vous rencontriez des stéréotypes qui perpétuent la discrimination sexuelle.

Les femmes dans certains médias ont tendance à être sexualisées et rabaissées. Elles sont présentes moins que les hommes, s’expriment publiquement moins qu’eux, et généralement écartées des postes de pouvoir. Des recherches menées dans plus de 100 pays ont révélé que 46% des reportages, publiés dans la presse écrite, à la radio et à la télévision, maintiennent les stéréotypes sexistes.

Violences contre les femmes… Un calvaire quotidien

Le droit d'une femme de vivre sans violence est garanti par des accords internationaux tels que la  Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), adoptée en 1979 par l'Assemblée générale des Nations Unies et la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, adoptée par l’ONU en 1993. Au moins 155 pays ont adopté des lois sur les violences faites aux femmes et 140 autres une législation sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Cependant, les défis demeurent dans l'application de ces lois, car la violence est de plus en plus répondue dans le monde entier et elle est même médiatisée.

Deuxième groupe de journalistes ayant participé à la formation «Médias et genre», tenue les 15 et 16 février 2021, à Tunis

’’Canada-Monde : Une voix des femmes et des filles’’, un projet pour lutter contre la représentation stéréotypée des femmes…

C’est dans ce contexte que l’organisation canadienne Journalistes pour les droits de l’homme a lancé un projet baptisé «Canada-Monde : Une voix des femmes et des filles», qui s’étale sur quatre ans, dans quelques pays du Moyen-Orient à l’instar de la Syrie et la Jordanie, mais aussi dans quelques pays africains comme et la République du Congo et la Tunisie où des formations dédiées aux journalistes tunisiens ont démarré le 13 février 2021. Les premières formations ont eu lieu respectivement les 13-14 et les 15-16 février. Le projet a pour vocation d’éliminer la représentation stéréotypée des femmes dans la région du Moyen-Orient et en Afrique.

La diffusion continuelle d'images négatives et dégradantes des femmes, a beaucoup influencé la scène médiatique en Tunisie. Ainsi, Journalistes pour les droits de l’homme a décidé d’apporter des solutions concrètes pour à faire face à ce phénomène, en formant les journalistes qui sont responsables de l’image qu’ils présentent de la femme dans les médias.

Encourager la formation des femmes, adopter des directives professionnelles pour réduire la discrimination et créer des groupes de surveillance des médias pour le suivi figurent, également, parmi les mesures pour aller de l'avant. La participation des femmes aux technologies de l'information et de la communication et aux réseaux de médias, y compris les réseaux électroniques, a été soulignée comme un moyen de renforcer le rôle des femmes dans les processus démocratiques.

Activités de la formation ‘’Médias et genre’’ organisée par Journalistes pour les droits de l’homme en Tunisie.

L’objectif de la formation : Sensibiliser les journalistes au concept de genre

Les premiers pas de ce projet canadien étaient plutôt réussis. La formation avait pour objectif principal de sensibiliser les journalistes au concept de genre, aux termes d’égalité, aux VFF et aux apports de la loi 58 pour qu’ils contribuent à la diffusion des normes d’égalité et la lutte contre les VFF.

Genre et apparentés :

En analysant l’oppression des femmes, en termes de rapport sociaux de sexe, la théorie du genre souligne le caractère social des catégories sexuelles, en les distinguant des hommes et des femmes biologiques. Ce faisant, elle réfute les thèses naturalistes, qui faisaient du sexe biologique, le principe explicatif de l’oppression des femmes.

Table ronde sur l’importance de la présence des femmes dans les institutions constitutionnelles, organisée par Journalistes pour les droits de l’homme, à Tunis, le 18 février 2021.

Jusqu’aux années soixante, l’alibi de la ‘’nature’’ pour maintenir, perpétrer et expliquer la domination masculine des inégalités entre les sexes dans la société, était encore largement privilégié par les sciences humaines et la pensée scientifique, de manière générale. Le Genre, c’est donc l’identité (sociale) que la société, dans un contexte socio-culturel, religieux et économique donné, confère aux hommes et aux femmes. L’identité ‘’Genre’’ détermine largement les relations entre les hommes et les femmes, dans la sphère privée (famille) comme dans la sphère publique (exemple : au travail).

Les journalistes ont participé à plusieurs activités, à commencer par un rappel des lois organiques qui criminalisent les violences faites aux femmes en Tunisie, notamment la nouvelle loi 58 relative qui prévoit des dispositions sur la prévention des violences, la protection des victimes, la poursuite des auteurs et le partenariat entre les différentes parties prenantes.

Les participants ont, également, analysé, sous la direction des formateurs, plusieurs supports visuels, des courts métrages, ainsi que des extraits de certaines émissions tunisiennes de téléréalité où une imagine négative de la femme est massivement commercialisée devant l’inaction des hommes de médias.

Il est donc primordial de reconnaître le rôle central des institutions médiatiques dans l'élimination des violences faites aux femmes, adopter des mécanismes pour éliminer les stéréotypes sexistes et encourager les médias à établir des codes de production et stimuler un débat public sur la problématique ‘’Médias et Genre’’.