Belkis: L'album «Halat Jadeeda» m'a ramenée à la vie

La star yéménite à «Majalla» : J'ai perdu ma passion pour l'art, ces deux dernières années

* Je ne suis tentée que par jouer à Hollywood ou sur Netflix.

* Heureuse de l'ouverture artistique dont le Royaume est témoin, et j'ai été la première artiste à chanter sur ses théâtres et à passer sur ses écrans

* Mon fils a hérité de sa mère sa belle voix

* La compétition avec Ahlam et Yara, me motive

Beyrouth : «Je sens que je suis revenue à la vie…». Avec ces mots la star yéménite Belkis a entamé notre interview. Elle fait face à ses difficultés, avec beaucoup de persévérance et de force. Après avoir perdu sa passion pour l'art et le travail, au cours des deux dernières années, elle vit actuellement une nouvelle situation, pleine de vigueur, de vitalité, et de désir de produire et de reprendre le travail.

Son parcours regorge d'aventures, de défis et d'amour. Il faut dire qu’elle a vécu des moments charnières et des étapes de transition dans sa carrière artistique, qui ont constitué une «étape déterminante» de sa vie. De manière innovante, elle sort son nouvel album, «Hala Jadida», lors d'une conférence de presse diffusée en ligne grâce à la technologie 3D. Nous avons évoqué tout au long de cette interview, tous les détails concernant cet album, les difficultés de la mise en œuvre, des effets de l'épidémie du Coronavirus sur son état mental et son art. Au cœur de cette interview,  la beauté de la voix de son fils, également.

 

* Nous vous félicitons pour la sortie de votre album «Hala Jadida», à travers lequel vous avez dominé la tendance. Comment l'avez-vous réalisé ? Avec qui vous avez coopéré ? Et quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées, face au confinement imposé par le Coronavirus?

- Depuis plus d'un an, je me prépare pour la chanson «Hala Jadida», son et vidéo, mais l'épidémie m'a obligé à reporter sa sortie. Ce qui m'a permis de préparer un ensemble de nouvelles œuvres. Et m’a poussé à lancer l’album, qui constitue le quatrième de ma carrière artistique. Je lancerai successivement les chansons sur les plateformes numériques pour que chaque chanson fasse son effet, d'autant plus que j’en suis le producteur. L'album comprend un ensemble de surprises artistiques, et je parie sur une musique renouvelée, et sera un album arabe qui comprendra des formes de chant et des dialectes arabes, dont celui du Golfe, les dialectes libanais, égyptien et marocain. Nous avons choisi «Halat Jadidah», également connu sous le nom de «Dodom», pour être la première chanson de l'album lancé. Les paroles sont de Saad Al-Muslim, et les paroles du rap de Queen Ji et Hadi. Abdelaziz Lewis a assuré la musique. La distribution est d’Ali Matrouk. Le max et le master sont du maestro Suhaib Al-Awadi. Le clip a été réalisé par l’égyptien Hossam Al Husseini. J'ai rencontré de nombreuses difficultés dans la mise en œuvre de la chanson, de la fin du tournage aux détails de l'œuvre dans son ensemble, telle que je l'ai enregistrée dans un home studio, mais malgré toutes les difficultés, l'œuvre est née et a atteint les tendances que vous avez vues.

* Quelle est votre stratégie pour éviter la perte financière, qui a touché le domaine artistique, pour cause du Coronavirus ?

- Notre travail a été affecté par la pandémie du Coronavirus, en termes d'annulation des concerts. Situation qui a entrainé des pertes financières pour l’actuelle année, tant le virus a frappé tous les domaines, et ralenti la roue économique mondiale, de tous les continents et de toutes les économies, entrainant une panique dans les pays riches, et un épuisement des pays pauvres.

* Vous existez dans une bulle propre à vous, tout en étant une Star de la chanson, et aussi Star des médias sociaux. Quelles ont été les étapes qui ont constitué des tournants dans votre carrière artistique ?

- Il y a de nombreuses étapes qui ont constitué des jalons dans ma carrière artistique, notamment mes chansons. Chaque album, je le considère comme un jalon dans cette carrière. Aussi ma présence à côté de l'artiste international Andrea Bocelli, a constitué pour moi un tournant artistique. En plus de mon apparition sur la couverture de «Vogue» et «Harper's Bazar» en tant que première artiste féminine à représenter le monde arabe, accompagnée d'un grand nombre de stars mondiales. De plus, le point culminant de vie, a été de chanter sur les théâtres du Royaume d'Arabie Saoudite. J’étais la première à accomplir cet acte. Aussi, j’étais la première à chanter pour un public mixte. Je suis apparuesur les chaines des télévisions saoudiennes, après une absence des femmes pendant 40 ans. Ces événements que j'ai vécus, et les réalisations que j'ai concrétisées, ont été des moments charnières de ma carrière artistique, et ont fait de moi un «artiste à part».

* Comment évaluez-vous l'ouverture dans le Royaume d'Arabie Saoudite, étant donné que vous êtes la première des artistes femmes à y chanter ?

- Très heureuse de l'ouverture artistique et musicale que vivent le Royaume et le public saoudien, tant ce dernier a soif d'art et son enthousiasme est sans précédent. Ce fut un honneur d’y chanter et d’y être présente. Dans le passé, ce public voyageait pour écouter de la musique. De nos jours, nul besoin d’aller voir ailleurs. Tout ceci me rend heureuse, et j'espère qu'avec les jours ils verront plus de développement, de progrès et d'ouverture.

* Vous avez investi dans le domaine de l’esthétique, en lançant une marque propre à vous «BexBeauty». Est-ce une peur pour votre avenir artistique, ou une envie de plus de succès ?

- La marque «Bex Beauty» me procure une source de revenus supplémentaires, compte tenu des pertes causées par le Coronavirus, mais l’idée m'est venue bien avant la pandémie. Les filles ne cessent pas de me poser une question qui revient toujours, concernant ma beauté et les produits que j’utilise. Ceci m’a poussé à produire mes propres produits, que je supervise moi-même, et j'ai instauré une très bonne confiance entre moi et les clientes et admiratrices, et leur nombre est d'ailleurs très important, et elles utilisent mes produits.

 

* Ahlam a lancé son album «Fadwa Ayounak», il y a quelques jours. Yara a également a lancé son album le jour du «Saint-Valentin», et a estimé que la compétition avec vous et Ahlam, va «soulager les peines de ces jours-ci». Quel regard portez-vous à cette compétition?

- Je félicite Ahlam et Yara. Je leur souhaite bonne chance, car la compétition entre nous est importante et stimulante. Cela me motive à travailler dur et à tirer le meilleur de moi-même. Autant on est devantune compétition, autant nous sommes en présence d’une très belle situation qui comporte diversité et singularité. Les masses ont besoin d'entendre des œuvres d'art en ces temps difficiles, elles aspirent à ce qui les rend heureuses ...

* Dans quel état êtes-vous ces jours-ci ?

Je suis dans un nouvel état d'activité, de vitalité et d'envie de produire, et de reprendre fortement mon travail. Ces deux dernières années, j'ai perdu ma passion pour l'art, et il semble qu'elle m'est revenue fortement aujourd'hui. Je vis actuellement dans un état de grande activité, et sur le plan personnel, je sens que je suis revenue à la vie ...

* Le parapluie en feu que vous portiez a attiré l'attention de vos fans, qui vous ont décrite comme ayant le courage de se mettre en danger pour son travail. Êtes-vous réellement une aventurière ?

Je suis une aventurière dans mon travail, je vais jusqu'au bout, et j'ai l'envie et le courage de présenter des sujets difficiles et compliqués. Nous aurions pu allumer le parachute à l'aide de la technologie du Photoshop, mais nous avons pensé que l'image perdrait de son réalisme. Nous avons voulu que la sensation soit réelle. Nous avons donc brûlé le parapluie, et l'idée était inédite et complètement singulière dans le monde de Albums arabes.

* Avez-vous eu «l’obsession du Coronavirus» ? Qu'est-ce qui vous a le plus affecté dans cette épreuve ?

- Nous avons tous été affectés. J’utilise le gel hydroalcoolique sans cesse, au point d’avoir peur qu’il arrive à effacer mes empreintes (rires). Le masque ne quitte pas mon visage non plus. Je suis les mesures préventives attentivement. J’espère que personne ne sera touché. La chose qui m’a touchée le plus, est que nous passons plus de temps sur les médias sociaux, à présenter les condoléances, ou à souhaiterun prompt rétablissement ! On vit moins de joie, les gens ont plus de problèmes, et les inquiétudes ont augmenté avec le Coronavirus. J'espère que nous dépasserons cette épreuve le plus tôt possible...

* Avez-vous réalisé vos rêves les plus importants ? Dans quelle mesure regardez-vous cette étape de votre vie, à la fois professionnelle et personnelle ?

- Non, je ne les ai pas encore atteints, car mes rêves n’ont pas de fin, et chaque fois que j’en réalise un, j'aspire à une autre réalisation. Aujourd'hui j'attends avec impatience le succès, le bonheur intérieur et le confort psychologique, c'est-à-dire d'être détendue. A savoir sourire davantage et réjouir encore plus du succès, et travailler sérieusement. Le goût du succès est doux après la fatigue.

Quelles sont les choses que vous avez le plus appréciées au fil des années ?

- Au fil des années, je suis plus consciente de l’importance de la famille, de la maternité et de la santé. La santé est l'une des bénédictions les plus importantes, que les gens ne ressentent qu’à sa perte.

* Comment décrivez-vous votre parcours ?

Le parcours de la vie est un ensemble de contradictions, plein d'aventures, de défis, d'amour, de rires et de tristesse, dans lequel il y a la mort et il y a la vie.

* Qu'est-ce que la maternité a changé en vous ? Votre fils Turki, a-t-il hérité de vous le talent du chant ?

- Je suis devenue plus mature à tous égards, et mon fils Turki a hérité de moi ma belle voix en chantant des notes, et est doué pour interpréter des chansons pour enfants. Il est doux (dit-elle en plaisantant).

* Vous avez toujours présenté dans vos œuvres des messages humanitaires montrant un grand talent d'actrice, dans quelle mesure êtes-vous psychologiquement affectée par ce que vous présentez ?

- Je suis très affectée par la situation que je présente. Si je présente un clip, comme celui de «Halat Jadeeda», je me mets dans l'ambiance du travail, deux jours avant. Je m’imbibe d’une énergie positive, de joie et de mobilité. Je m’isole pendant deux jours, avant de présenter mes chansons qui racontent des histoires humaines, et qui racontent souvent un besoin de larmes, d'émotion et de tristesse. Ceci dans le but de vivre l'état psychologique de la chanson. Je m'exerce devant le miroir, et j’essaie certaines expressions faciales qui me sont demandées, et entrer dans un état psychologique désagréable pour que le clip reflète mon état psychologique, que le spectateur doit croire.

* Est-il venu le temps de vous voir en comédienne ?

L'idée de devenir actrice n'est pas exclue, mais je n'ai pas encore reçu l'offre qui arrive à me convaincre. A savoir une œuvre grandiose. J’avoue que mon rêve est de recevoir une offre de l’entreprise Netflix pour incarner un énorme œuvre grandiose arabe ou étrangère, à savoir le rôle d’une fille arabe, ou encore offre d’Hollywood. C'est ce qui me pousse à agir ... A part ça, je ne pense pas à jouer.

* Quel personnage rêvez-vous d’incarner?

- Je souhaite incarner le rôle de la Reine Belkis.