Nouhad Al-Machnouk à «Majalla»: La formation du gouvernement libanais est entre les mains de Téhéran

Il a appelé à soutenir le patriarche Al-Rahi dans son initiative…

* Le Liban est politiquement occupé par le régime iranien

* Le Hezbollah, avec sa rhétorique politique, ses insultes, et son soutien aux Houthis, a chassé tous les pays frères et amis soutenant le Liban

* Le Patriarche appelle à une solution pacifique, à savoir l’affirmation de la Constitution et de l'accord de Taif, et sa protection, à travers une stratégie défensive visant à «libérer la légitimité»

* 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, dont seulement 500 tonnes ont explosé. Ceci laisse à se demander concernant les 2250 tonnes qui ont quitté le port. Comment ont-elles été enlevées ?

* Il existe bel et bien, un système de gouvernance dans le port et le pays, qui a supervisé l'enlèvement de la cargaison du nitrate d'ammonium

* Il n'y a pas de code électoral idéal au Liban, il faut penser à un sain, pas juste. Un code sain, et non juste

* L'Arabie Saoudite n’a jamais manqué une occasion d’aider le Liban de 1992 à 2017.

 

Beyrouth: Il y a quelques jours, suite à l'intensification de la crise politique au Liban, et l'échec de tous les efforts visant à former un nouveau gouvernement, l'ancien ministre et député de Beyrouth, Nouhad Al-Machnouk, a appelé à «lancer la troisième bataille d'indépendance, dans le but de libérer le Liban de l'occupation politique iranienne, qui a mis la main sur la décision de l'État». Il a également appelé au «lancement d'un front politique national, qui se tiendra aux côtés du patriarche Mar Bechara Boutros al-Rahi, qui fait office de voix de la révolution, et voix des Libanais révoltés». Al-Machnouk a révélé aussi, l’existence d’une «consultation entre un grand nombre de Libanais libres, disposant d’une expérience politique, dans le but de mettre en place un front, qui accompagne cette indépendance face à l'occupation politique iranienne, qui est aussi une occupation financière et économique». Ajoutant que «les Libanais sont devant un choix clair entre deux options : Soit la confrontation, soit la reddition».

Le magazine «Majalla» a rencontré le ministre Al-Machnouk, avec qui il a traité, pendant une heure entière, des positions prises de sa part, dans le but de résoudre les problèmes politiques du pays, ainsi que des obstacles auxquels le Premier ministre désigné, Saad Hariri, est confronté pour constituer un nouveau gouvernement, qui sortira le pays de la situation difficile dans laquelle il vit.

D’où cette interview :

 

* De quelles données disposez-vous, pour annoncer que le nouveau gouvernement ne sera pas formé avant le milieu de l’été ?

- En gros, lors des consultations parlementaires avec le Premier ministre désigné Saad Hariri, je l’ai informé, et je l’ai déclaré ensuite, que sa désignation n’est autre qu’un «piège» qu’on lui a tendu. Fort regrettable qu’il ne m’ait pas demandé les raisons.

L'Iran n'a pas encore pris la décision d'autoriser la formation d'un gouvernement au Liban. Situation au quelle nous sommes fort habitués, depuis le gouvernement du Premier ministre NajibMikati, le gouvernement du Premier ministre Tammam Salam, ainsi que le deuxième gouvernement de Saad Hariri. Tant l’Iran considère le dossier du gouvernement libanais, comme étant une carte pouvant être utile lors des négociations avec les États-Unis. Chose que nous constatons de nos jours. J’ai déjà mentionné que 80% du parlement iranien est formé de partisans de la ligne dure. De la sorte, toute concession accordée actuellement à l’Iran, ferait office de soutien apporté à la ligne réformiste, à l’instar de Hassan Rouhani ou Muhammad JavadZarif, lors des élections présidentielles iraniennes.

Il est vrai que le Président Michel Aoun et Gebran Bassil sont animés d’une volonté de confrontation avec le Premier ministre Hariri, dans le but d’attiser la rue chrétienne, mais, faut-il le rappeler, Aoun et Bassil ne constituent pas plus qu’une façade, et ne peuvent en conséquence geler la constitution du gouvernement. Sachant que si volonté y est, Hezbollah peut faire pression d'une manière ou d'une autre, pour former le gouvernement.

Deuxième point de discorde, que personne n’évoque, concerne les noms des ministres indépendants que le Hezbollah devrait présenter. Cette liste n'a pas encore été dévoilée, et ce parti est le seul à ne pas avoir accompli cette tâche. Comment dire alors, que la voie est libre pour la constitution d’un gouvernement ?

Troisième point : Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a interrogé son homologue iranien, Mohammad JavadZarif, lors de la visite de ce dernier à Moscou il y a quelques semaines, concernant la position de son pays au sujet de la constitution du gouvernement au Liban, et lui a demandé d’intervenir dans ce sens. La réponse a été que l'Iran n'interfère pas dans les affaires de ses alliés.

«Est-ce une blague?» L’Iran serait animé d’une vocation caritative, à savoir qu’il n'interfère pas dans les affaires des alliés !!! Ne les arme-t-il pas, ne les finance-t-il pas ou ne les dirige-t-il pas politiquement ? Tous les faits confirment qu’il n'y a pas de gouvernement au Liban avant les élections présidentielles en Iran qui auront lieu en juin prochain.

Les premières négociations sérieuses entre les États-Unis et l'Iran n'auront lieu qu'après ces élections, à savoir entre juillet et août. D'un autre côté, il faut avouer que l'administration Biden a encouragé l'Iran à se radicaliser. Si Trump était présent, il aurait agi d'une manière différente et beaucoup plus dure, même s'il était accusé de semer le désordre.

Faut-il le rappeler que le Parti démocrate a dirigé les États-Unis pendant 16 ans : Bill Clinton pendant 8 ans et Barack Obama de même. Qu’ont-ils fait face à l’Iran ? Tout au plus un accord nucléaire qui n'a abouti à aucun résultat. Situation qui a encouragé l'Iran à attaquer les peuples de la région, y compris l'Arabie Saoudite par les Houthis, qui ne sont qu’une milice aux ordres de l’Iran. Ce dernier n’encourage pas uniquement ces attaques, plutôt il les cautionne avecdétermination.

 

Portefeuille de l’Intérieur

* Pourquoi l'équipe du président insiste-t-elle pour emporter le portefeuille de l’Intérieur ?

Premièrement, parce que le ministère de l'Intérieur est l'un des plus importants du Liban. Dans la pratique, et en vertu de mon expérience à la tête de cinq années consécutives, je peux confirmer que tout citoyen aurait affaire avec les ministères, des Finances et de l’Intérieur. L'équipe du président de la République estime que le ministère de l'Intérieur pourrait lui permettre de mettre la main sur les services de sécurité, et de la sorte améliorer ses capacités lors des confrontations. Le Président ainsi que son équipe ne veulent que «Tayyar Al-Mustaqbal» [Courant du Futur] garde ce ministère. Réellement, ils veulent mettre la main sur un ministère de sécurité parce qu'ils ne peuvent pas mettre le Chef de l'armée sous leur coupole.

 

La lutte contre la corruption

* Toujours et en toute occasion, le président Aoun évoque sa détermination à lutter contre la corruption. Comment peut-il entamer cette action, tant il refuse de valider les désignations judiciaires convenues par le Conseil supérieur de la magistrature ?

Premièrement, il s’agit d’un manque de respect envers le pouvoir judiciaire. Le président de la République, en raison de ses relations partisanes, a suspendu les désignations approuvées par le Conseil supérieur de la magistrature et le ministre de la Justice. La preuve, en termes de responsabilité, la présidence de la République est vacante et inexistante, car le président Aoun constitue un des adversaires en lice dans les enjeux que connaisse le Liban. Ceci n’est nullement l’unique entrave : Le problème se situe au niveau de la colonisation du Liban par l’Iran. Il ne faut guère se leurrer et s’embrouiller dans les détails. Plutôt, libérer la décision, et non par le président de La République.

Qu’en est-il de l’explosion du port ?

* Pensez-vous que le nouveau juge d’instruction pourrait clore le dossier de l’explosion du port, surtout après les mandats qu'il a émis ?

Je doute qu'il obtienne de sérieux résultats pour plusieurs raisons :

Premièrement : L’explosion ne pouvait avoir lieu sans un système de protection. Il y avait 2750 tonnes de nitrate d'aluminium, dont seulement 500 tonnes ont explosé. Chose qui pousse à poser la question concernant 2250 tonnes qui ont certainement quitté le port.

Où est passé la quantité manquante ?

Il y a deux explications possibles : Par mer ou par terre. Si par voie maritime, les cargaisons auraient pris la direction de pays qui ont mis à nu les réseaux du Hezbollah, à l’instar du Koweït, Grande-Bretagne, Allemagne, et Nigeria et Lagos pour plus de précision. Ces réseaux ont été révélés en 2020 et pas il y a 20 ans.

Deuxièmement (la plus importante) : Si par voie terrestre, il faut se demander comment un camion peut entrer dans le port et charger à partir d'un trou de trois mètres et demi de hauteur maximum ? Il n’y a rien de spéculatif de se demander comment les camions pouvaient entrer, charger et sortir ? Et surtout comment, les opérations se faisaient sans aucune référence légale, à savoir l’absence de tout document ?

De là, on peut dire qu'il existe un système de gouvernance dans le port et dans le pays qui a supervisé ce processus. Nous savons, et chacun sait que le régime syrien n'a pas la capacité de protéger une opération de ce type, 15 ans après son départ du Liban. L’affaire du nitrate remonte à sept ans. On peut donc dire que le Hezbollah, à travers son réseau aussi bien à l’intérieur qu’à l'extérieur du port, a facilité la sortie du nitrate, au cours des années 2015 et 2016, lorsque le régime syrien n'a pas pu achever sa guerre contre son peuple, après son épuisement, et essentiellement le manque de munitions pour frapper les rebelles ou les opposants. Il a eu recourt aux bombes-barils dont on parlait à l'époque.

Il y a, à se demander comment un camion peut entrer, charger, et quitter, et aller remettre sa cargaison à un autre camion syrien, qu’il soit à Bekaa ou à la frontière syro-libanaise, qui continue à son tour son chemin.

Il s'agit d'une opération complète, effectuée par un système de sécurité entier, et non l’œuvre d’une personne qui agit en solitaire. N’oublions pas que ces opérations ont duré sept ans, et non quelques jours. Le juge d’instruction doit y apporter une réponse réelle. Sachant que parmi ceux qui ont été arrêtés, certains n’ont aucun lien avec l’opération.

Bien que tout le monde soit au courant, existe-t-il une personne qui oserait clamer tout haut la vérité, concernant l’explosion du port ?

Ceci est une chose. Autre chose : je ne pense pas qu'il est permis, au niveau international, de mener une enquête sérieuse, qui accuserait Israël. Parce que la première information sur l’explosion a été publiée par un média israélien. Deuxièmement, le président Trump a évoqué l’information. Après plus d'une heure, les deux articles ont disparu.

On a dit à l'époque que les deux articles présentaient des «extrapolations», et non des informations.

Nous arrivons aux images satellites qui peuvent aider à déterminer ce qui s'est passé. Où sont ces images ?

Quatrièmement : L'équipe du FBI qui a assisté et participé aux enquêtes préliminaires ... Où est son rapport ?

En conclusion : Sur quoi le juge va-t-il s'appuyer dans ses investigations ? Et si des informations sérieuses et détaillées lui parvenaient, incriminant un parti ou uneentité sécuritaire, le juge oserait-il l’annoncer ? Mon opinion est qu'aucun juge n'oserait le faire. C'est pourquoi j’ai appelé dès les premiers jours, à mettre en place une enquête internationale, concernant l’explosion du port, à laquelle les Etats-Unis n’y participeront pas.

 

La bataille pour l'indépendance

Il y a quelque temps, a été lancée la troisième bataille d'indépendance pour libérer le Liban de l'occupation politique iranienne. Est-ce que cette position est en faveur de l'initiative du Patriarche Al-Rahi ?

Oui, je suis de ceux qui ont appelé au soutien du Patriarche parce que son initiative est la seule disponible pour les Libanais, et il n'y a pas d'autres. D'autant que, sur le plan stratégique, le Patriarche porte une vision défensive, où il n’appelle pas à attaquer Hezbollah. Une stratégie défensive, que je n’ai cessé de clamer depuis des années.

Le Patriarche appelle à une solution pacifique et n'incite guère à la sédition ou à l'action militaire. Une solution pacifique, dont le titre est l'affirmation de la Constitution et de l'Accord de Taif, et sa protection par le biais d’une stratégie défensive de«libération de la légitimité». Chose qu’il explique en détail dans son initiative

Il serait naturel de soutenir le Patriarche.

Deuxièmement : le Patriarche adopte une politique cumulative. Aussi bien des positions que des engagements. Sachant qu’il est bien servi par les événements. Parce que l'explosion du port a éloigné le Hezbollah de la conscience chrétienne. Pour eux, ce n'est plus une source de protection et de sécurité dont le président Aoun et Gebran Bassil avaient l'habitude d’évoquer et de défendre, sous prétexte qu'il protège les chrétiens de la menace de l'extrémisme sunnite, Daech et ses semblables.

Au moment de l’explosion, il n'y avait ni Daech ou autre menace. Plutôt, l'économie chrétienne et un tiers de la capitale ont été détruits. L'opportunité s'est présentée au Patriarche. Tant l’opinion publique a été tranchante. Il n’a fait que la traduire.

Il est naturel que toute personne libre, qui souhaite l’intérêt du Liban, mise sur cette initiative et la soutienne, afin de ne pas rester figé, dans l’attende d’un règlement international. Même s'il y ait un règlement international, aurions-nous une place au tour de la table des négociations ?

Par conséquent, il doit y avoir une initiative libanaise sérieuse qui persiste et continue, et pour cela, j'ai appelé à la formation d'un front national.

 

Le front

* Avez-vous procédé à des consultations dans le but de constituer ce front ?

- Bien sûr, j'ai eu des consultations, mais il vaut mieux ne pas citer denoms. Le projet prendra forme d'ici un mois. On procèdera alors à l’annonce des personnalités engagées.

 

Les élections

Il y a quelques jours, vous avez annoncé, ne pas vous présenter aux élections législatives, et même être opposé au Code actuel.

- Bien sûr, j'étais contre ce Code, même, j'ai voté contre, quand j'étais ministre de l'Intérieur, et je l'appelais la loi «Cain et Abel», à savoir qu’il va provoquer une lutte sans merci entre les colistiers.

* Quel code serait parfait ?

Il n'y a pas de code idéal au Liban, il faut penser à unsain, pas juste. Un code sain qui peut satisfaire toutes les parties sérieuses. Mais aussi, un code capable de changer les choses.

 

Le complexe des droits

* Gebran Bassil, à chaque crise, scande la «restauration des droits des chrétiens». Quels sont ces droits ? Sommes-nous devant une contestation de l’Accord de Taïf, qui a mis fin à la guerre du Liban et consacré la présidence de la République à l'honorable communauté maronite?

- De même, l'Accord de Taïf consacre la parité [entre Musulmans et Chrétiens]. Je crois que ce slogan ne mènera nulle part, car il n'y a aucun droit pour une communauté en dehors de la Constitution.

Intention qui s’est révéléelors de la réunion du Conseil suprême de la défense, lorsque le président de la République a déclaré: «En 1989, j'étais ici au palais de Baabda, et j'étais contre Taïf».

A ce niveau, je veux lui demander : Selon quelle Constitution vous avez été élu Président de la république ? Vous avez été élu selon la Constitution actuelle, à savoir celle de Taïf... Alors qu'attendez-vous de plus de la Constitution ?

Deuxièmement: Gebran Bassil fait usage de cette carte, face à la défaillance des Chrétiens, qui le boude, lui et son parti. Il cherche vainement à redresser la barre. J’en doute fortement.

 

Le complexe des trente-années

* Certains politiciens et experts connus pour leurs tendances partisanes, n'hésitent pas, à chaque occasion ou apparition, à chercher à convaincre les gens que la crise que traverse le pays est causée par les politiques adoptées tout au long des trente ans jusqu'à aujourd'hui.

- Avant d’évoquer les trente ans, je voudrais rappeler que ces personnes visent à poursuivre le Premier martyr, Rafik Hariri alors qu'il est dans sa tombe. La haine dans sa perfection. Mais avant d'en arriver à la situation actuelle, le problème n'est nullement le premier auquel le Liban est confronté. Reste que dans le passé, il avait l'habitude de trouver de l'aide, à commencer par Paris 1, Paris 2 et Paris 3.

En 2002, la Trésorerie ne disposait pas d’assez de solvabilité pour honorer les salaires des fonctionnaires du secteur public. Ce jour-là, Rafik Hariri est allé chercher une garantie de prêt du président indonésien Mahathir Mohamad, jusqu'à ce que les salaires soient payés. Actuellement, nous sommes un pays assiégé, et la communauté aussi bien internationale ou arabe, ne veut nous accorder de l’importance, veuille nous considérer, nous aider ou nous soutenir, parce que tout ce monde considère que le Liban est occupé. Si le Liban voudrait de l’aide, pensent-ils, il doit se les libérer et entamer sa résistance.

J'entends ce discours depuis des années de la part de grandes personnalités arabes. Nous essayions de les convaincre de nous aider, sans aucune chance de réussir. Il semble maintenant qu'ils eussent raison. Le Liban fait partie du blocus qui débute de l'Iran et se termine en Syrie. En Syrie, le dollar a atteint quatre mille livres, soit 80 fois. En Irak, pays producteur de pétrole auquel le pétrole génère des centaines de milliards de dollars, il a atteint 1750 dinars, sans oublier la chute vertigineuse de la monnaie iranienne vis-à-vis du dollar. Puis quelqu'un de l’entourage du président de la République, vient nous dire que cette alliance a gagné… Quelle victoire ? Ou elle a été conclue ? Au dépens de qui ?

Il n'y a rien d'autre que de la ruine. Pour cela, le moment est venu de créer un front national sérieux, appelant à la libération du Liban et à l’instauration de la troisième indépendance. L’actuelle occupation n'est pas la première du genre. Le Liban a été libéré des Ottomans, des Français, des Israéliens et des Syriens en 100 ans, et le moment est venu de se libérer des Iraniens. Nous ne devons attendre que quelqu'un nous aide de l'extérieur. Personne ne veut le faire.

 

La politique de Gibran

* Ces accumulations ne sont-elles pas dues à la politique de Gebran Bassil au ministère des Affaires étrangères ?

- J’ai eu avec lui une forte altercation lors d’un Conseil des ministres, quand il a outrepassé, pendant une réunion de la Ligue arabe le consensus arabe, et a nié l’arabité du Liban. Comment un pays arabe comme le Royaume d'Arabie Saoudite, qui a porté dans le passé une aide plus que louable et même consistante, sans oublier l’investissement privé émanant de ce pays, peut-il procéder à des actions analogues, tant le secrétaire général du Hezbollah et les représentants du parti, insultent le Royaume et les États du Golfe et à toute occasion. En même temps, ils apportent un soutien absolu aux attaques des Houthis contre leroyaume.

L'Arabie Saoudite a été toujours d’appoint pour aider le Liban de 1992, jusqu’à 2017, où elle a joué ce rôle jusqu’à 2017. De même, le Koweït et les Émirats arabes unis ont fourni également le Liban une aide substantielle. Reste que la crise actuelle au Liban, est bien plus profonde que les crises antérieures. Elle est multiple : économique, monétaire et financière. Le système de santé s'est effondré et l'ordre social est en ruine. Dans le passé, les frères arabes et les pays amis étaient aux côtés du Liban. Mais aujourd'hui, pourquoi seraient-ils à nos côtés, tant une grande partie de la politique, se conçoit sur la base du discours du Hezbollah. Tout ceci, sans que personne ne s'y oppose ou ne le désapprouve. Tout au long des cinq ans écoulés, pas une seule fois, le président de la République n’a évoqué les attaques verbales, contre des pays frères ou amis, qui ont soutenu le Liban.