Saida Al-Agrebi... une légende qui s’est façonnée elle-même, fière effigie fière de la Tunisie et des femmes du monde

Londres- Un livre vient de paraitre qui immortalise le parcours de Sayeda al Agrebi, une militante tunisienne et une mère qui a perdu son fils en ce jour qui coïncide avec la journée des martyrs en Tunisie.

Elle est citoyenne de ce monde, une femme tunisienne résidant à Paris.

Six ans se sont écoulés depuis le décès de son fils unique, Mohammad.

 

Il ne lui reste plus qu'un cœur battant au rythme de la douleur et ses yeux pleins de larmes qui ne cherchent plus qu’à jeter un dernier regard sur la tombe de son cher regretté.

 

Ce sont les larmes d'une femme affectueuse qui a perdu son fils unique alors qu’elle était en exil, et qu’on n'a pas autorisé à retourner en Tunisie pour inhumer son fils sous le sol de la patrie pour laquelle elle vivait et consacrait sa vie.

 

Elle a mené un combat contre l'ignorance et pour des principes et des objectifs clairement définis pour un chemin qu'elle a tracé et parcouru avec une force combative et «militante», comme aimait à l'appeler feu le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

Saida Al-Agrebi, que je connais de près depuis plus de vingt ans, n'est pas une femme ordinaire. C'est une légende exceptionnelle animée par le don de soi et la quête continue de la perfection tout en suivant les moindres détails chaque projet sur lequel elle travaille.

 

C'est une femme fière et forte dotée de connaissances et d’une force d’action, une flamme inextensible qui a illuminé par ses réalisations et a amélioré par ses œuvres les conditions de la femme tunisienne, arabe et africaine. Sa voix a résonné aux Nations Unies pendant des années pour que le monde puisse entendre les doléances de l'humanité.

 

C'est une femme qui n'a pas été brisée par les plus difficiles épreuves et qui pas n'a cessé de donner à des moments où elle avait besoin de soutien à différents niveaux financièrement, moralement et humainement.

 

Une femme toujours prête et capable de soutenir toutes les femmes du monde où qu'elles se trouvent.

 

Elle a offert sa vie à la lutte et à la défense des droits des femmes, en particulier ceux des mères, et dont l'influence est ressentie aujourd’hui encore aux quatre coins du monde.

 

Elle est la fierté de chaque femme tunisienne, une légende vivante, un conte qui ne se répète pas, et est l'histoire d’un succès que l'origine, la religion et la couleur n'entravent pas grâce à la volonté et la persévérance.

 

En écrivant ces lignes, je me suis souvenue de ce qu'elle disait avec une grande conviction: «Le monde est ma maison ... et l'humanité est ma famille», mais la douleur de la nostalgie de la patrie ne la quitte guère.

 

Celle qui m’a inspirée et en qui j'ai trouvé beaucoup de ce qui me manque, est dotée d’une forte personnalité ... de la franchise ... de la confrontation à la vérité et au discours direct desquels elle a développé une diplomatie unique, car elle voit dans la diplomatie traditionnelle une duperie qui peut atteindre une hypocrisie insupportable.

 

Saida Al-Agrebi était connue à Londres pour sa gloire et son éclat alors qu’elle était au sommet de son succès, ouvrant ses bras à toutes les femmes qualifiées en Tunisie, en Afrique et dans le monde, tendant sa main pour aider les pans oubliées de la société et celles aux besoins spécifiques.

 

Je l’ai aimée en tant qu’amie et en tant que sœur alors qu'elle me parlait d'elle-même: la jeune étudiante tunisienne qui s'est rendue au début des années soixante du siècle dernier dans l'État de Californie aux Etats Unis, où elle était la seule tunisienne, et elle a donné le meilleur exemple de la Tunisie à un moment où les étudiants américains de l'époque (elle y étudiait à la fin des années 60) ne savaient même pas où se trouvait la Tunisie sur la carte.

 

Je l’ai adoré cette femme de soixante-quinze ans - l'âge des Nations Unies disait-elle avec fierté - et qui continue de travailler dans un esprit renouvelé et fluide qui suit le rythme de tout ce qui est technologiquement et scientifiquement contemporain les événements politiques mondiaux, culturelset  tous les autres changements, avec une intelligence remarquable.

 

Malheureusement, Saida Al-Agrebi est une femme qui a été affectée par des conflits politiques et les règlements de comptes personnels pour s'éloigner de la Tunisie et pour se voir empêcher d'assister aux funérailles de son fils unique, décédé à la fleur de l’âge laissant orphelines ses deux filles.