Le Prince Joachim Murat : Grâce à Napoléon, chacun est devenu égal devant la Loi

Pourquoi la France commémore le Bicentenaire de la mort de l’Empereur ?
Le Prince Joachim Murat

*En 2021, ce mois-ci, le souvenir de Napoléon 1er sera célébré dans de nombreux lieux et à de nombreuses reprises.

*Napoléon Ier reste l’un des sujets d’histoire les plus recherchés et les plus étudiés au monde.

*Si Napoléon a rétabli l'esclavage, pour 13 années, il l'a aussi ré-aboli en 1815.

Paris: 2021 est une "année Napoléon". De nombreux événements sont organisés en 2021 autour de la mémoire de l'Empereur des Français : Napoléon Ier est mort il y a deux siècles ; Des conférences, des expositions, des concerts, des cérémonies officielles, des émissions télévisées... En 2021, ce mois-ci, le souvenir de Napoléon 1er sera célébré dans de nombreux lieux et à de nombreuses reprises. En effet, le 5 mai 2021 marquera le bicentenaire de la mort de l'Empereur des Français à Sainte-Hélène.

Dans la France de la Restauration, la nouvelle n'est connue que le 5 juillet - soit deux mois après - et passe presque inaperçue, rapporte le Musée de l'Armée. Pourtant, cette mort en exil au milieu de l'Atlantique de celui qui a conquis et dominé l'Europe marque le début de sa légende. S'il est mort, selon la version officielle d'un cancer à l'estomac, certains défendent la thèse d'un empoisonnement à l'arsenic par les Anglais, ses geôliers.

Napoléon 1er

Le corps de Napoléon repose depuis 1840 aux Invalides, depuis qu'il a été restitué à la demande des Français. Au Musée de l'Armée dans l'Hôtel des Invalides tout proche, mais aussi au château de Fontainebleau ou à Rueil-Malmaison où il a vécu, ainsi qu'en Corse où il est né, de nombreux événements sont prévus, répertoriés ici par la Fondation Napoléon.

Certes, il est mort il y a deux siècles maintenant, mais Napoléon Ier reste l’un des sujets d’histoire les plus recherchés et les plus étudiés au monde ! Et Napoléon fait vendre ! Des centaines de milliers d’ouvrages sont parus sur lui ou son règne, et en cette année de bicentenaire de sa mort, plusieurs dizaines ou centaines de nouveaux livres devraient compléter cette collection. Toutes les générations, même les plus jeunes, s’intéressent à cette période de l’histoire. Pourquoi cette fascination, pourquoi cet engouement tant de temps après les faits ?

Napoléon Bonaparte, né le 15 août 1769 à Ajaccio, est un militaire et homme d'État français, premier empereur des Français, du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815, sous le nom de Napoléon Ier.

Second enfant de Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, Napoléon Bonaparte devient en 1793 général dans les armées de la Première République française, née de la Révolution, où il est notamment commandant en chef de l'armée d'Italie puis de l'armée d'Orient. Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 Brumaire, il est Premier consul — consul à vie à partir du 2 août 1802 — jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle l'Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite. Il est sacré empereur, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, par le pape Pie VII. Son épouse, l'impératrice Joséphine de Beauharnais, est également sacrée.

En tant que général en chef et chef d'État, Napoléon tente de briser les coalitions montées et financées par le royaume de Grande-Bretagne et qui rassemblent, à partir de 1792, les monarchies européennes contre la France et son régime né de la Révolution. Il conduit les armées françaises d'Italie au Nil et d'Autriche à la Prusse et à la Pologne : les nombreuses et brillantes victoires de Bonaparte (Arcole, Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland), dans des campagnes militaires rapides, disloquent les quatre premières coalitions. Les paix successives, qui mettent un terme à chacune de ces coalitions, renforcent la France et donnent à Napoléon un degré de puissance jusqu'alors rarement égalé en Europe, lors de la paix de Tilsit (1807).

 

Napoléon réforme durablement l'État, en restaurant son autorité et sa primauté. La France connaît d'importances réformes, qui font de Napoléon l'un des pères fondateurs des institutions contemporaines françaises. En ce sens, les codifications napoléoniennes, dont le code civil de 1804, permettent de renforcer les libertés individuelles ou l'égalité des citoyens devant la loi, en opérant une synthèse par la garantie de certains acquis révolutionnaires et la reprise de principes traditionnels issus de l'Ancien Régime. L'administration française est réorganisée, avec la création des préfets dans les départements. De même, une nouvelle monnaie émerge, le franc, tandis qu'est instaurée la Banque de France. Le Conseil d'État est également créé, tout comme les lycées. Napoléon tente également de renforcer le régime colonial français de l'Ancien Régime en outre-mer, en particulier avec le rétablissement de l'esclavage en 1802, ce qui provoque la guerre de Saint-Domingue (1802-1803) et la perte définitive de cette colonie.

Napoléon porte le territoire français à son extension maximale avec 134 départements en 1812, transformant Rome, Hambourg, Barcelone ou Amsterdam en chefs-lieux de départements français. Il est aussi président de la République italienne de 1802 à 1805, roi d'Italie de 1805 à 1814, médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la confédération du Rhin de 1806 à 1813. Ses victoires lui permettent d'annexer à la France de vastes territoires et de gouverner la majeure partie de l'Europe continentale en plaçant les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes : Joseph à Naples puis en Espagne, Louis en Hollande, Jérôme en Westphalie et son beau-frère Joachim Murat à Naples. Il crée également un duché de Varsovie, sans restaurer formellement l'indépendance polonaise, et soumet temporairement à son influence des puissances vaincues telles que le royaume de Prusse et l'empire d'Autriche.

 

Objet dès son vivant d'une légende dorée comme d'une légende noire, il doit sa très grande notoriété à son habileté militaire, récompensée par de nombreuses victoires, et à sa trajectoire politique étonnante, mais aussi à son régime despotique et très centralisé ainsi qu'à son ambition, qui se traduit par des guerres d'agression très meurtrières (au Portugal, en Espagne et en Russie) avec des centaines de milliers de morts et blessés, militaires et civils pour l'ensemble de l'Europe. Il est considéré comme l'un des plus grands commandants de l'histoire, et ses guerres et campagnes sont étudiées dans les écoles militaires du monde entier.

 

Alors qu'il finance des coalitions de plus en plus générales, les Alliés finissent par remporter des succès décisifs en Espagne (bataille de Vitoria) et en Allemagne (bataille de Leipzig) en 1813. L'intransigeance de Napoléon devant ces revers lui fait perdre le soutien de pans entiers de la nation française, tandis que ses anciens alliés ou vassaux se retournent contre lui. Amené à abdiquer en 1814 après la prise de Paris, capitale de l'Empire français, et à se retirer à l'île d'Elbe, il tente de reprendre le pouvoir en France, lors de l'épisode des Cent-Jours en 1815. Capable de reconquérir la France et d'y rétablir le régime impérial sans coup férir, il amène pourtant, du fait de sa mise au ban de l'Europe, le pays dans une impasse avec la lourde défaite de Waterloo, qui met fin à l'Empire napoléonien et assure la restauration de la dynastie des Bourbons. Sa mort en exil, à Sainte-Hélène, sous la garde des Anglais, fait l'objet de nombreuses controverses.

Napoléon réforme durablement l'État, en restaurant son autorité et sa primauté.

Une tradition romantique fait de Napoléon l'archétype du « grand homme » appelé à bouleverser le monde. C'est ainsi que le comte de Las Cases, auteur du Mémorial de Sainte-Hélène, tente de présenter Napoléon au Parlement britannique dans une pétition rédigée en 1818. Élie Faure, dans son ouvrage Napoléon, qui a inspiré Abel Gance, le compare à un « prophète des temps modernes ». D'autres auteurs, tel Victor Hugo, font du vaincu de Sainte-Hélène le « Prométhée moderne ». L'ombre de « Napoléon le Grand » plane sur de nombreux ouvrages de Balzac, Stendhal, Musset, mais aussi de Dostoïevski, de Tolstoï et de bien d'autres encore. Par ailleurs, un courant politique français émerge au XIXe siècle, le bonapartisme, se réclamant de l'action et du mode de gouvernement de Napoléon.

Dans quels termes la France célèbre le 200e anniversaire de la mort de ce grand Héros français, Napoléon Bonaparte ?

Alors qu’approche le 200e anniversaire de sa mort, le 5 mai, les Français semblent assez embarrassés de l’homme qui leur offrit l’Europe. Que peut faire la France contemporaine de cet encombrant héritage ? Le président de la République Emmanuel Macron lui-même semble hésitant sur l’opportunité de se prêter à une de ces célébrations mémorielles qu’il affectionne pourtant, tandis qu'une faible campagne d’opinion tend à refuser toute espèce de commémoration, la question de l’esclavage étant devenue, ces dernières années, centrale dans la mémoire nationale. Il faut savoir qu’il n’était pas un prophète mais un grand leader.

Que peut faire la France de l'héritage napoléonien ?

La dépouille de Napoléon Bonaparte, dans son splendide tombeau de marbre des Invalides, semble bien encombrante à la France du XXIe siècle. Si l’empereur a rétabli l'esclavage aux Antilles, en 1802, l’ambivalence des Français envers Napoléon a bien d’autres causes.Evidemment, Napoléon Ier demeure associé à l’une des époques les plus glorieuses de la Grande Nation. Chirac, qui le détestait, l’appelait le massacreur et a refusé qu’on célèbre le bicentenaire d’Austerlitz.

Napoléon : génie visionnaire, despote ou charlatan ?

Mais doit-on le considérer, comme le père des temps modernes, ou comme un despote à l’ancienne ? Un génie ou un charlatan ? Un visionnaire, pressentant la nécessité impérieuse de l’unité européenne ou le fossoyeur de l’avance française, incapable de préparer son pays à la révolution industrielle qui pointait déjà en Angleterre ?

Amateurd’histoire de gloire, Macron, à la différence de Chirac, ne déteste pas Napoléon. Il est convaincu que "l’Etat doit faire quelque chose". Mais si le président français n’est pas homme à abattre des statues, il n’est pas non plus un porteur de drapeau. Il fera probablement un de ces discours qu’il affectionne, afin de réexaminer l’héritage napoléonien.

On dit que Napoléon était obsédé par l’Angleterre, mais deux siècles après, les Anglais demeurent obsédés par Napoléon. La British Library conserve 13 000 volumes consacrés à l’empereur français.

Un dirigeant moderne qui a légué à la France plusieurs de ses institutions

Par un côté, Napoléon fut une figure très moderne. Un dirigeant à fort bien comprendre le rôle de l’image et de la communication. Parti de rien, sans fortune, il s’est réinventé plusieurs fois avant de se couronner lui-même empereur à 35 ans. La preuve, en 1796, alors qu’il avait à peine 27 ans, mais qu’il était déjà général, grâce à la Révolution, Bonaparte crée deux journaux, chargés de célébrer ses exploits en Italie. Après s’être emparé du pouvoir par un coup d’Etat en 1799, il emploie une équipe d’écrivains et d’historiens pour célébrer son génie militaire. Exilé à Sainte-Hélène, il n’oublie pas de forger sa propre légende posthume, en dictant ses fameuses mémoires à Las Cases. Il s’y présente comme un homme de paix et un grand Européen.

 

Il fut, certes un opportuniste, mais ses motivations politiques ne manquaient pas de sincérité : il était persuadé d’être le seul acteur capable de sauver l’essentiel de la Révolution en la stabilisant. Il croyait sincèrement en l’égalité et considérait avec mépris les séquelles de féodalité qui subsistaient en Europe.

Les institutions qu’il avait conçues se sont révélées bien plus durables que son propre pouvoir. L’historien américain Robert B. Holtman a écrit du Code Napoléon que c’est l’un des rares documents qui ont changé la face du monde. Succédant à la Magna Carta et textes fondateurs de la démocratie américaine, il a marqué une étape décisive vers la création de ce que nous appelons aujourd’hui l’Etat de droit. Il demeure la base des lois civiles dans la plupart des pays d’Amérique latine. Partout où passaient ses armées, Napoléon remplaçait les vieilles lois féodales par son fameux code, moderne et rationnel. Ce n’est pas par hasard, que la bourgeoisie l’a suivi et que l’aristocratie le détestait. Il était moderne.

Un authentique Européen, paradoxalement responsable d'une série de guerres franco-allemandes

Napoléon Bonaparte fut à la fois une brute, insensible au sang versé, un maniaque de la volonté, et en même temps le premier authentique Européen de l’époque moderne. Il n’a cessé de poursuivre le but de créer une Europe sans frontière et d’y mettre fin à ce qu’il considérait comme des "guerres civiles". C’est pourquoi il lui fallait à tout prix défaire la "perfide Albion", afin d’imposer un "système continental" excluant les îles britanniques. Mais peut-être est-ce un mythe, inventé à Sainte-Hélène… Car il eut cette possibilité de créer un système européen.

Après Austerlitz, Talleyrand lui suggérait, à cet effet, de ménager l’Autriche et de promouvoir la paix dans une Europe épuisée. Les Anglais seuls ne pouvaient pas faire obstacle à ses projets. Mais Napoléon I° imposa une paix humiliante à l’empereur Habsbourg, soumit l’Italie et détruisit ce qui subsistait du Saint-Empire. Ce faisant, il suscitait des haines nationales qui allaient empoisonner les relations franco-allemandes durant un siècle et demi.

L'incarnation du principe méritocratique moderne

Après sa mort, ses ennemis en firent un nain sadique. Mais ce qui faisait peur à toutes ces cours princières et aux aristocraties encore en place, c’étaitle principe méritocratique qu'il avait incarné : c’était l’homme qui n’avait dû sa puissance qu’à lui-même, à son talent, à sa volonté.

Que dira Macron ? Célèbrera-t-il le héros français ou le dictateur sanguinaire ? Emmanuel Macron a raison de penser que célébrer l’empereur est quelque chose de complexe mais très honorable pour la France, c’est une légende vivante.

Le Prince Joachim Murat

 

«Napoléon 1er est une figure unique et incomparable de l'Histoire mondiale»

 

Pour conclure nous avons consulté l’avis de SAR le Prince Joachim Murat, l’arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-neveu de l’empereur Napoléon, le descendant direct, par les fils aînés, du Maréchal Joachim Murat, Roi de Naples et des Deux Siciles et de son épouse Caroline Bonaparte, sœur de l’Empereur Napoléon 1er.Il nous a déclaré qu’:« En ce qui me concerne, comme futur chef de la Maison Murat et comme membre de la famille Impériale de France voici mon point de vue sur les célébrations du 200ème anniversaire de la mort de l'Empereur Napoléon 1er:Napoléon 1er est une figure unique et incomparable de l'Histoire mondiale. Mais avant tout il représente une époque: l'époque où la France et les Français ont transformé le chaos en lumière. Cette époque où, pour la première fois, grâce à Napoléon, chacun est devenu égal devant la Loi. Quelle que soient sa culture, son origine ou sa religion. C'est historiquement indiscutable. Napoléon est également celui qui a rétabli l'esclavage en 1802, époque à laquelle le monde entier pratiquait l'esclavage, et qu'il a ensuite interdit en 1815. Ces 13 années sont bien sûr inexcusables de notre point de vue contemporain. Mais rappelons-nous que la France est le premier pays au monde à avoir abolit l'esclavage en 1794. Si Napoléon l'a rétabli pour 13 années il l'a aussi ré-abolit en 1815. Quel autre pays peut en dire autant ? ». S’interroge ledescendant de l’empereur Napoléon SAR le prince Joachim Murat.