Jeux Olympiques de Tokyo 2021

Vers une annulation forcée?
Tokyo serait toujours la ville la mieux préparée de l'histoire olympique.

* Thomas Bach a indiqué que la devise olympique pour cette année serait «plus vite, plus haut, plus fort».
* Toutefois les craintes de voir des pays interdire à leurs athlètes de participer aux jeux alors que la pandémie se propageait à travers le monde à l’instar de l'Australie et du Canada qui eurent indiqué ne pas vouloir envoyer d'athlètes en 2020 poussant ainsi le CIO à reporter les jeux, se font ressentir.

*L'annulation pure et simple des Jeux olympiques serait d'ailleurs un désastre financier pour le Japon, qui a dépensé plusieurs milliards de dollars en préparatifs, dont les trois quarts étaient des fonds publics.

 

Tunis:  Depuis leur résurrection en 1896 par Pierre de Coubertin, les Jeux olympiques n'ont été annulés qu'à trois reprises: en 1916, 1940 et en 1944, soit pendant la première et la deuxième guerre mondiale.  Une annulation des JO de Tokyo serait donc une première en temps de paix.

Alors que le monde subit une recrudescence de l'épidémie, on évoque avec des trémolos dans la voix l’option d’une annulation des Jeux olympiques de Tokyo prévus se dérouler cet été du 23 juillet au 8 aout prochain.

«Nous devrons annuler les Jeux sans hésiter si ce n'est plus possible» de les organiser, a déclaré Toshihiro Nikai le numéro deux du principal parti au pouvoir au Japon dans un entretien à la chaîne de télévision japonaise TBS. Pour lui «Si les infections se répandent à cause des Jeux olympiques, je ne sais pas à quoi ils servent», a ajouté le secrétaire général du Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur).

J-100 avant les jeux de Tokyo 2020.
Combien même, le départ du relais de la flamme olympiquea bien eu lieu le 25 mars dernier faisant entamer Tokyo la phase finale des préparatifs pour l'organisation de Jeux. C’est d’ailleurs pour cette raison que lors de la réunion de la commission exécutive du Comité International Olympique (CIO), le comité d'organisation de Tokyo 2020 a souligné qu'il était prêt pour l'accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques, déclarant qu'il se concentre désormais pleinement sur la livraison des Jeux cet été. Il est à signaler que la flamme olympique a maintenant traversé 14 préfectures (sur 47), dont Fukushima, Nagano et Osaka. C’est d’ailleurs pourquoi le président du CIO, Thomas Bach a souligné que la ville de Tokyo «reste la ville olympique la mieux préparée qui soit. C'est ce qu'il ressort des informations qui nous ont été transmises par le comité d'organisation et la commission de coordination, lesquels coopèrent étroitement et travaillent à plein régime à la préparation des Jeux qui approchent à grands pas». Thomas Bach a aussi indiqué que la devise olympique pour cette année serait «plus vite, plus haut, plus fort».
Un désastre financier

L'annulation pure et simple des Jeux olympiques serait d'ailleurs un désastre financier pour le Japon, qui a dépensé plusieurs milliards de dollars en préparatifs, dont les trois quarts étaient des fonds publics.

Selon les observateurs, une annulation pure et simple serait un désastre financier pour les organisateurs. D’après une étude effectuée par Katsuhiro Miyamoto, professeur émérite de sciences économiques à l'université de Kansai, si les jeux seront annulés, le manque à gagner pour Tokyo serait de 35,6 milliards d'euros soit environ 1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du Japon. Cette étude concerne non seulement l'organisation des Jeux, mais également tous les effets induits par leur non-organisation éventuelle. Selon la même étude, un nouveau report coûterait environ 5 milliards d'euros.

Des Jeux à huis clos seraient synonymes d'une perte de 19 milliards pour le Japon. Un chiffre ramené à 11 milliards d'euros au cas où le nombre de spectateurs serait réduit de moitié.

Des évaluations qui expliquent pourquoi le gouvernement japonais et le CIO ne sont pas chauds à l’idée d’annuler les jeux en cas de recrudescence de la pandémie dans le monde.

Il n’empêche, selon le quotidien britannique The Times, bien que publiquement le Japon et le CIO continuent d'affirmer que les jeux auront bien lieu cette année, le gouvernement japonais se serait déjà fait à l'idée de devoir annuler les JO de Tokyo en raison de la Covid-19. Publiquement, toutefois, l'heure est au déni. Le porte-parole adjoint du gouvernement japonais, Manabu Sakai, a déclaré qu'il n'y avait «rien de vrai» dans l'article du Times et la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, a assuré n'avoir «aucune idée» quant à l'origine de l'information. Mais le gouvernement Japonais cherche désormais à trouver le meilleur moyen de sauver les apparences.

Dans un entretien le 19 janvier à l'AFP, le directeur général de Tokyo-2020, Toshiro Muto, a affirmé que «la tenue des Jeux [était] notre cap inflexible», mais il n'a pas exclu que ces JO puissent se tenir avec un nombre limité de spectateurs ou sans spectateurs du tout.

Le relais de la flamme a parcouru plusieurs villes.

Une édition sans spectateurs ?

Selon les analystes, le CIO s'accommoderait fort bien d'une édition sans spectateurs étant donné que ses bénéfices proviennent majoritairement de la vente des droits de diffusion de l'évènement. En revanche, les autorités locales, dont les bénéfices reposent sur la billetterie et les retombées économiques indirectes sont moins favorables à ce scénario, note The Times.

Devant la multiplication des doutes, le président du CIO, Thomas Bach, est lui-même monté au créneau jeudi. «Nous n'avons à cet instant aucune raison de croire que les Jeux olympiques à Tokyo ne s'ouvriront pas le 23 juillet dans le stade olympique à Tokyo», a dit Thomas Bach dans un entretien à l'agence japonaise Kyodo, à tout juste quelques mois des JO. «Il n'y a pas de plan B» et «nous sommes totalement engagés à faire de ces Jeux (des Jeux) sûrs et réussis», a-t-il martelé.

Toutefois les craintes de voir des pays interdire à leurs athlètes de participer aux jeux alors que la pandémie se propageait à travers le monde à l’instar de l'Australie et du Canada qui eurent indiqué ne pas vouloir envoyer d'athlètes en 2020 poussant ainsi le CIO à reporter les jeux, se font ressentir. À en croire la source du Times, le Japon et le CIO un évènement similaire pourrait se produire si le président Biden venait à dire que les athlètes américains ne participeront pas.

Pour parer à une telle éventualité, le CIO, l'IPC (Comité International Paralympique), le comité d'organisation, ainsi que de nombreux experts du monde entier, notamment l'Organisation mondiale de la Santé, travaillent sur la deuxième version des Playbooks, laquelle s'appuiera sur des données scientifiques et factuelles et sera publiée d'ici la fin du mois. La présidente de Tokyo 2020, Hashimoto Seiko, et le directeur général, Muto Toshiro, ont réaffirmé l'importance accordée aux mesures de lutte contre la COVID-19, expliquant que l'équipe de l’organisation veille sur l’élaboration de la deuxième version des Playbooks, un élément clé du large éventail de mesures mises en place pour protéger les participants aux Jeux et la population du Japon, devrait être publiée la semaine prochaine. La mise à jour de ces guides pratiques s'appuiera sur les bases solides exposées dans la première version, en fournissant plus de détails qui permettront aux principales parties prenantes de poursuivre leurs préparatifs pour les Jeux de cette année.