Royaume-Uni : La menace du variant indien

Une course contre la montre. Au Royaume-Uni, la rapide propagation du variant indien préoccupe la communauté scientifique qui craint l’arrivée d’une troisième vague sur le territoire britannique. La semaine dernière, 23.000 nouveaux cas ont été enregistrés, une augmentation de 30% par rapport aux sept jours précédents. Premièrement détecté début mai dans les villes de Bolton, Blackburn et Darwen, dans le nord de Manchester, le variant se diffuse plus largement à travers le pays depuis. Encore plus rapide et plus résistant aux vaccins que le variant anglais, le B1.617.2 est, aujourd’hui, le variant dominant outre-Manche. Pratiquement trois quarts des cas sont liés à cette récente mutation du Covid-19.

Ce taux d’infection – qui reste faible comparé aux chiffres de janvier où des dizaines de milliers de cas étaient enregistrés quotidiennement – n’empêche pas les inquiétudes de s’intensifier à mesure que les cas augmentent. Alors que le gouvernement britannique prévoit de mettre fin à toutes les distanciations sociales à l’extérieur comme à l’intérieur le 21 juin, les professionnels de la santé et les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. «Nous sommes à un moment charnière», a pointé ce matin le président de la British Medical Association, Chaand Nagpaul, dans le quotidien britannique The Guardian. Pour lui, si le Premier ministre britannique valide la dernière étape du déconfinement, «il y aura une flambée des contaminations» dans les prochains mois et «notre service de santé sera à nouveau débordé. Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs du passé», a-t-il ajouté. Le Premier ministre Boris Johnson doit «honorer sa promesse» en prenant une décision basée sur «des données et non un calendrier», a conclu Chaand Nagpaul, qui estime que mettre fin aux distanciations sociales dans trois semaines serait prématuré.