Son livre «Destin d’une Mère Légende Vivante» immortalise sa carrière

Saida AGREBI à La «Majalla»: Je me considère avec fierté citoyenne du monde
livre Destin d’une Mère Légende Vivante

* Ce livre est un devoir de mémoire qui retrace le parcours exceptionnel d'une militante tunisienne.

*Honorée en tant que Femme Leader Africaine avec Mesdames MANDELA, ZUMA, JOHNSON, Banda et BENNETT.

 

 

Dédié à son fils unique, arraché à la vie sans qu’elle puisse l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure, ce livre est un devoir de mémoire qui retrace le parcours exceptionnel d’une militante tunisienne ayant consacré sa vie au service de la femme, de la famille et de l’enfance dans le monde arabe et africain. Féministe pionnière, ses réalisations en Tunisie et à l’échelle internationale sont nombreuses et témoignent de son engagement pour les causes humanitaires et progressistes. Femme de terrain et d’expériences, altruiste et intellectuelle engagée, elle livre ici son témoignage avec objectivité et dignité en rétablissant un certain nombre de vérités occultées ou transfigurées par ses adversaires politiques. Depuis l’enfance Saint- Germinoise jusqu’à l’exil politique en France, elle raconte son parcours parsemé de victoires et de défaites, de bonheur et de souffrance, de fidélité et de trahison, sans le moindre sentiment de haine mais sans aucun reniement de son passé qui l’honore autant qu’il accable tous ceux qui ont tenté de la discréditer. Elle est nominée Légende Vivante.

 

 

 

Saida AGREBI

Vous venez de publier votre dernier livre, le 9 Avril. Pouvez-vous nous le présenter ?

 

«Destin d’une Mère Légende Vivante»  le parcours d’une combattante représente mon autobiographie et le cursus de ma vie. Ayant l’âge des Nations Unies, 75ans, née à Tunis, dans le quartier de Bab Souika, de nationalité tunisienne, et résidant en France depuis 2011, je me considère avec fierté citoyenne du monde.

De mes premières années à Saint Germain, Ez-Zahra Tunisie, jusqu’à mon arrivée en France en Juillet 2011 à Saint Germain des Près à Paris.

Les circonstances de mon arrivée en France, la tragédie du décès de mon fils unique à l’âge de 37 ans le 9 avril 2015 au Maroc, m’ont amené à écrire cette biographie reprenant les quatre étapes principales de ma vie. De mon enfance à Tunis à mon parcours scolaire et universitaire, en passant par mes expériences professionnelles et associatives, nationales et internationales) à mon exil en France depuis plus de 10 ans.

Privée de la possibilité d’accompagner mon enfant unique vers sa dernière demeure, bouleversée par cette tragédie j’ai transformé mon exil en vie paisible parisienne, une seconde vie.

La distinction Légende Vivante m’a été discernée par les instances internationales en juin 2015, lors du Sommet des Chefs d’États de l’Union Africaine à Johannesburg «Femmes d’Excellence Légendes Vivantes». Honorée en tant que Femme Leader Africaine par cette instance avec Mesdames MANDELA, ZUMA, JOHNSON, Banda et BENNETT.

 

 

Que représente pour vous l’image de la couverture de votre livre ?

 

La première couverture représente 3 photos significatives de ma vie, celle de mon fils le jour de son mariage en costume traditionnel, celle de la mosquée Hassen II à Casablanca où mon fils Paix à Son Âme a fait sa dernière prière deux heures avant de décéder et la mienne en deuil prise à Djeddah pour lui faire une Omra.

La quatrième couverture contient le trophée Légende Vivante et le résume de l’auteure.

Édité, publié, commandé chez Sydney Laurent Éditions France, Google, Amazone;

traduit en arabe à Abu Dhabi et en anglais à Londres

 

Comment avez-vous réparti le contenu des 15 chapitres de votre livre ?

 

La préface est de la plume de Monsieur Olivier Giscard d’Estain, les témoignages de la plume des personnalités qui m’ont soutenue et côtoyée.

Une partie est consacrée à ma scolarité secondaire et universitaire en Tunisie et mon parcours académique aux USA.

Mes sept années d’expériences post universitaires aux universités américaines de Maryland Berkeley Californie ainsi que les diplômes obtenusavec Honneur.

Mes expériences professionnelles en Tunisie, lancement des programmes de santé reproductive et de planning familial pour l’émancipation des femmes ainsi que les caravanes multi disciplinaires pour rapprocher les services des populations démunies ou éloignées (thèse de UC Berkeley en 1976).

Mes 3 mandats parlementaires à la Chambre des députés à Tunis.

Mon parcours professionnel international, en tant que présidente de la femme arabe à l’OAT,Ligue des États Arabes durant 11ans auCaire, Bagdad, Tunis.

En tant que parlementaire Pan Africaine, au PAP à Durban en Afrique du Sud et coordinatrice de la Société Civile de l’ECOSOCC Union Africaine Addis Abeba ;

Mon militantisme associatif et citoyen à travers la création ou l’adhésion aux ONG Nationales ATM/OTM ou Internationales OISAT/WASAT, FAS, OMF, ADA…

Ma spiritualité, mon africanité, mes procès et mon partenariat avec les ONG.

 

 

 

Comment vivez - vous votre Seconde Vie en France ?

 

La France terre d’asile et d’accueil, la France pays des Valeurs Républicaines et des Droits humains, m’a permis de vivre mon intégration dans le respect, la tolérance, la liberté, la sécurité et le bien être vital dans un mieux vivre social. Francophone je n’ai eu aucune difficulté à m’adapter à la culture française, en respectant les droits et les lois de mon beau pays d’adoption.

La création d’une ONG Internationale à PARIS OISAT/WASAT régie par la loi 1901 des associations pour promouvoir la solidarité, l’amitié, la tolérance et le mieux vivre ensemble notamment parmi les membres de la Diaspora m’a permis de contribuer à mon niveau aux valeurs universelles.

 

Et si Saida AGREBI m’était contée?

 

Je viens de relire le livre «Destin d’une Mère Légende Vivante» que Saida AGREBI vient de publier chez Sydney Laurent Éditions  9 Avril 2021  France. 

Il est vrai qu’étant son amie de combat, je connais beaucoup de séquences que nous avons vécues et partager ensemble et j’en témoigne.

 

Le livre relate toutes les périodes de sa vie depuis sa naissance à Tunis en 1945 jusqu’à sa seconde vie d’exil en France en 2021.

Son enfance heureuse en Tunisie entourée de ses parents et de ses frères et sœurs, famille nombreuse : son père cheminot, sa maman mère au foyer. Son adolescence à Saint Germain, son adhésion au scoutisme et ensuite ses études secondaires et supérieures couronnées de succès. 

 

Nous découvrons ensuite son départ aux États Unis d’Amérique pour des études post universitaires, son engouement pour ce nouveau monde, son intégration et son know how.

 

Retour en Tunisie

 

Son retour en Tunisie, sa première expérience au planning familial chargée de la communication pour contribuer à l’émancipation des femmes;

 

Très intéressée par le social et l’humanitaire, rêvant de consacrer son temps à autrui et notamment aux femmes et aux mères dans le besoin, elle travaille à la création d’une association bénévole et citoyenne l’ATM.

Ce projet prend son tout son temps et d’arrache pieds et d’abnégation, elle contacte des personnalités, recueille des conseils et des sponsors.

Son « bébé » prend forme et elle profite d’un don au dinar symbolique pour acquérir un vaste terrain. Suivant pas à pas les modules nécessaires pour la construction et la réalisation du siège de l’ATM, elle s’y consacre sans répit, supervise toutes les étapes et fait avancer les travaux avec perfectionnisme.

L’association Tunisienne des Mères voit le jour en 1992. Une ruche commence à se former, ce sont des mères attirées par ces belles perspectives, faites d’efforts, de détermination, dictées par l’amour de la patrie et l’appel du devoir. Ces mères bénévoles jouaient un rôle important sur le terrain dans la mobilisation d’autres recrues, aux services des femmes des zones reculées de la Tunisie profonde et avec des relations nationales fondées sur la coopération, les dons et la solidarité.

 

Les réalisations et les acquis

 

Les réalisations et les acquis enregistrés témoignent du bien-fondé des orientations, des choix adoptés et de l’importance des étapes franchies, sous la vigilante houlette de la fondatrice et présidente Saida AGREBI.

L’ATM a poursuivi son ascension avec moult réalisations, organisations, de colloques, de meetings, voyages à travers le pays et apport d’aides aux plus démunis.  

 

Saida AGREBI lance la création de caravanes multidisciplinaires au service du développement intégré et durable- sujet de sa thèse à l’Université Californienne de Berkeley dans le but de rapprocher les services des zones rurales et montagnardes, traversant les contrées isolées et démunies dans le pays distribuant des aides matérielles, alimentaires et soins prodigués par des bénévoles spécialistes.

Après une pénétration nombreuse dans toutes les villes principales par choix de présidentes de régions et recrutement de membres, par milliers l’ATM a démarré un projet d’extension de sections vers l’étranger et au fur et à mesure on a vu des associations affiliées se créer dans le monde entier : Amérique, Afrique, Maghreb, Asie…, en Europe dont j’étais la coordinatrice; Le nombre de branches a atteint son paroxysme par  de nombreuses affiliations… . Les adhérentes à l’échelle nationale et internationale atteignirent au total plus de 25 mille membres.

Saida poursuivait, de main de maitre, son engagement de militante fidèle et de combattante pour les droits des femmes en sillonnant le monde lors de conférences onusiennes et internationales pour partager les success stories et les best practices de son cher pays, décrivant, défendant l’honneur et la destinée de la Tunisie. 

Elle disait d’ailleurs «l’amour de la patrie est la source et le principe de l’amour de l’humanité».

 

Passion pour la Tunisie

 

Elle n’a eu de cesse de crier haut et fort qu’elle tenait à sa liberté individuelle de conscience et de pensée et qu‘elle se battrait encore pour faire arrêter les médisances, les fake news et les calomnies.

Sa passion pour la Tunisie a renforcé son esprit de solidarité et de concorde qu’elle insuffla et qui l’anime. 

Toujours déterminée ses actions sont réalisées pour la préservation de l’intégrité et de la dignité en plaidant vigoureusement pour le droit de tous les citoyens et citoyennes à un choix de vie selon leurs convictions.

Toujours déterminée, elle a poursuivi sa trajectoire avec persévérance en mettant en marche toujours dans une démarche de dévouement, la création et la réalisation du centre Joie de Vivre accueillant une centaine de jeunes handicapés nécessiteux et représentant un modèle d’intégration.

Un bouleversement en Tunisie en Janvier 2011 a modifié la donne et le départ impromptu du Président Ben Ali l’a diabolisée par une «meute de jaloux, d’envieux, d’ingrats». 

 

Saida AGREBI a dû quitter sept mois après sa Tunisie pour rendre visite à son fils souffrant, et rejoindre son frère, chirurgien établi dans le Nord de la France pour 2 semaines et retourner au pays pour ramdan.

Les principales collaboratrices de l’ATM, notamment la Vice-présidente et les 2 trésorières ont vu une opportunité bestiale en cette occasion et se sont précipitées telles des hyènes pour essayer de prendre la relève de la direction de l’AtM, reconnue alors mondialement et baptisée OTM. 

 Le compte bancaire et le coffre-fort que Saida AGREBI avait laissés à son départ représentait la somme de 1 Milliard 220 Millions Dinars bloquée pour la construction d’un foyer d’étudiantes pour loger les bachelières venant de l’intérieur à l’université de Tunis, issues de familles modestes, nécessiteuses.

 

Mais l’avidité, l’infidélité et la malhonnêteté de ces brebis galeuses fut dévoilée et les instances ont fait fermer les comptes et l’association.

Saida AGREBI, diabolisée depuis, demeura en France. Son fils, Paix à Son Ame, Ahmed père de deux petites filles était établi au Maroc avec son épouse. Souffrant de la séparation, de sa maman et de l’éloignement de son pays, il rongeait son frein tout en essayant de donner aux siens une vie décente en travaillant à Casablanca, Victime d’un malaise, il a été hospitalisé pour des examens et lors de l’un d’entre eux. Il fit un malaise cardiaque. Malheureuse, horrible nouvelle pour Saida AGREBI qui perd brutalement son enfant unique, son bâton de vieillesse qui quitte ce monde loin d’elle. Et sans pouvoir lui faire ses adieux. 

J’ai pour ma part été alertée par Pr Mezri Haddad de cette horrible nouvelle du départ du cher AHMED vers d’autres cieux, de mon filleul que j ‘aimais avec tendresse et qui nous manquera à jamais.

 Bouleversée ’ai fait appel à un ami afin qu’il puisse immédiatement m‘accompagner en province pour aller ramener Saida près de nous à Paris. Ce fut un voyage rapide, triste et émouvant, Saida logeait dans un petit studio près de l’hôpital de Vire en Normandie ou travaillait son frère Dr Hedi El Agrebi et avait à ses côtés sa voisine, Laure une amie française.

Après les émotions de nos retrouvailles dans cette circonstance. Nous avons réuni quelques effets et sommes repartis vers Paris. Nous avons sur la demande Monsieur Mezri Haddad été chez lui dans son pavillon de banlieue. Tous les deux, nous avons sollicité les instances de tous niveaux tunisiennes pour donner un laisser passer à Saida pour voyager à Tunis et accompagner la dépouille de son regretté fils Ahmed PSA à sa dernière demeure et suivre les obsèques au cimetière du Jallez à Tunis.

 Hélas nous trouvèrent porte close.

Nous avons avec des amis très proches suivi sur skype les obsèques et la réception des condoléances en visionnant la maison de Saida à l’Ariana.

 

Je suis restée avec mon amie Saida chez Mezri pendant le mois de deuil.

Les amis venaient tous les jours présenter leurs condoléances et apporter leurs mots de consolations. Les appels de Tunisie et de par le monde étaient quotidiens.  Pour le troisième jour des obsèques nous sommes allés dans mon pavillon près d’Orly, nous avons partagé le couscous rituel du Fark avec de nombreux amis proches généreux et bienveillants.

 

Depuis Saida vit à Paris et reçoit en toute amitié tous ceux qui lui rendent visite. Elle consacre son temps en prières et échanges téléphoniques par Skype, avec sa belle-fille et ses deux merveilleuses petites filles, héritage de Ahmed qui repose en paix.

 

C’est ainsi qu’elle a créé une ONG Internationale, statut ONU/ ECOSOC depuis, au nom de OISAT/WASAT, Loi 1901, consacrée à l’amitié et la solidarité, la tolérance pour la Paix et le mieux vivre ensemble.

 

La suite vous la connaîtrez en vous procurant le livre qui vient de paraître aux Editions Sydney France, vendu à la FNAC.

 

Le 27e jour du Ramadan «la nuit du destin», nous avons dîné ensemble en commémoration d’Ahmed et fait des prières et des vœux pour nos proches.