Hassan Youssef à La «Majalla»: J’ai payé cher ma visite à Moubarak… Et j’en subis encore les conséquences

Il nie le retour de sa femme Chams Baroudi à la vie artistique

Le Caire : L’artiste Hassan Yousef a déclaré qu’il avait payé cher pour avoir rendu visite au président Moubarak, peu avant sa mort. Il confirmé aussi, ne pas regretter la visite, ni le parcours accompli en partenariat avec son épouse. Cependant, il a exprimé son regret quant aux rumeurs prétendant un éventuel retour de sa femme Chams Baroudi à l’art. il nie absolument son retrait et considère que les mauvaises manières des sociétés de production, ainsi que leurs manières d’apprécier son parcourt, expliquent sa longue absence du petit écran. Hassan Youssef a aussi fait la lumière concernant sa relation avec le milieu artistique. Son amitié avec Abdelhalim Hafedh et Souad Hosni, et les souvenirs de sa dernière conversation avec Nadia Lotfi avant qu’elle n’entre dans un coma mortel. Sans oublier ses relations avec les hommes d’affaires égyptiens Ashraf al-Saad., Ahmed al-Rayyan, mais aussi

Avec Abdel Halim Hafez

Sheikh Chaâraoui, et le refus de présenter le personnage de son vivant.

Hassan Youssef a accédé au sommet de la célébrité artistique, et est resté longtemps, comme un des meilleurs comédiens du box-office, grâce à sa très grande popularité, avec un style propre à lui, celui du garçon fourbe et malicieux, surtout sa manière de varier les rôles, allant du comique au tragique, essentiellement les œuvres qu’il a présentées avec la Cinderella de l’écran Souad Hosni. Les deux ont formé un duo célèbre. Sans oublier, des réussites accomplies avec d’autres Stars, telles que Chadia, Warda Eljazairia, Nadia Lotfi et Hind Roustem, Lobna Abdelaziz, Najet Saghira, Najla Fathi, Mirvat Amin, Nelly et Souhir Ramzi, pour arriver à Chams Baroudi, qu’il a épousé plus tard. Hassan Youssef a pu émerger comme jeune étoile parmi une constellation d’artistes, tels que Ahmed Ramzi, Rochdi Abadha, Omar Sherif, Kamal Chenaoui, Chokri Sarhan et d’autres….

Hassan Youssef appartient à la génération des années 960 et 1970, est âgé de 85 ans actuellement. A commencé sa vie par de petits rôles, puis des rôles bien à lui, aux côtés d’Abdelhalim Hafedh, Omar Cherifet Yahya Chahine. A l’exemple des films comme «LesPéchés», «Un homme dans notre maison», «La porte ouverte», et «Je suis libre», jusqu’à convaincre les producteurs de lui attribuer les premiers rôles. Essentiellement des comédies, à l’instar de «La plage amusante», «Aux hommes, exclusivement», Le Cirque», «Vacances d’été», «Un mariage moderne», etc… Il a aussi travaillé pour la télévision, présentant un ensemble de feuilletons, tels que, «Zeineb et le trône», «Layali Helmia», et «Zahra et ses maris». Sans oublier une série d’œuvres religieuses qui traitaient des biographies des cheikhs et des érudits de l’Islam, pour laquelle Hassan Youssef a repris après avoir annoncé son retrait. Il a, également, présenté des œuvres pour la radio et le théâtre, sans oublier le cinéma et la télévision. L’acteur a été producteur et réalisateur, avec sa célébré société de production. En marge de sa carrière de comédien.

Sur le plan personnel, la vie de Hassan Youssef a été toujours sujet de controverses, mais source d’intérêt pour les médias depuis son premier mariage avec l’artiste du spectacle Lobloba, puis son divorce. Ensuite, son mariage avec l’actrice Chams Baroudi, qui a présenté une série d’œuvres osées, avant qu’elle ne fasse la grande surprise, en annonçant son retrait, et son port du Niqab pour un certain temps.

Sa vie est encore source de polémique, surtout après sa longue absence de l’écran, à travers des tweets, qui lui sont attribués, annonçant son retrait à l’image de sa femme. Aussi, des rumeurs, qui évoquent des malaises au niveau de la santé de sa femme. Au sujet de ces rumeurs, son absence, son parcourt artistique, ainsi que les plus importantes étapes de sa vie, «Majalla» a procédé à cette interview avec Hassan Youssef, qui a commencé par rassurer son public, concernant sa personne mais aussi sa famille.

- Dieu merci, ma famille et moi, allons bien et il n’y a rien de vrai, au sujet des rumeurs concernant notre santé : Nous avons pris la première dose du vaccin contre le coronavirus, dans l’attente de la deuxième. Aucun problème n’est apparu et tout est parfait, grâce à Dieu. Toute la famille observe le protocole sanitaire à la lettre, à savoir rester à la maison, selon les instructions médicales. A la fin de la période requise, nous pouvons procéder à quelques déplacements, nous a-t-il confié.

 

* Quelle est la vérité concernant le post publié sur votre compte dans lequel vous et votre femme, Chams Baroudi, annonciez votre retrait du domaine artistique ?

- Permettez-moi de dire que celui qui a écrit ce post est «stupide». Tout simplement, car Chams s’est retirée de plein gré en 1982. Cette information comporte sa propre négation, et dénote d’une stupidité extrême. Me concernant, je peux lui trouver des excuses, car je suis loin du petit écran, et ce depuis 3 ans, car je n’ai pas reçu d’offre que je peux considérer comme satisfaisante. Même la proposition qui m’a été faite par la réalisatrice Manal Al-Saifi, fille de notre ami, le réalisateur Hassan al-Saifi, et que j’ai bien accueillie, n’a pas été concrétisée, car son producteur Tamer Morsine ne porte pas un jugement équitable des artistes. Existent ceux à qui il donne sans compter, contre ceux avec qui il compte le moindre sou. Ma demande était de 3 millions de livres égyptiennes. Il l’a jugé plus qu’excessive. Lorsque j’ai su la somme qui m’été allouée, je l’ai trouvé dégradante de toute ma carrière, et par conséquence, j’ai refusé, car je ne peux tolérer aucun manque de considération de mon parcourt. En conclusion, je ne me suis pas retiré. Uniquement, en attente du rôle adéquat, avec la contrepartie financière qui respecte ma carrière. A ce niveau, je ne peux faire aucune concession.

 

* Vous avez toujours le même sens de l’humour, qui vous accompagne depuis votre première apparition ?

- Dieu merci. Parce que je n’aime pas accorder aux événements plus qu’ils peuvent supporter. Devant de telles circonstances, à savoir des propositions ne portant pas de respect pour ma carrière, je réponds par une excuse et des remercîments, tout en saluant celui qui m’a porté l’offre.

 

* Quel jugement portez-vous aux séries télévisuelles actuelles ?

- Je ne vous cache pas que je ne regarde pas la télévision à cause des critiques qui me parviennent concernant ces œuvres. Sans oublier que notre famille adopte un programme autre, tout au long du mois du ramadan. Mais, je peux dire que la faute se résume en l’octroi de la responsabilité de ce domaine à une partie unique. Ne sachant pas son identité, mais je peux dire qu’elle octroie les cachets des artistes, sans tenir compte, ni du parcours de chacun, ni de sa dimension. Je souhaite une rectification de ce dérèglement. Je ne peux qu’adresser un salut chaleureux à la décision portée par une des sociétés de production, qui a mis en place un Conseil d’Administration. Chose qui ne peut que rendre meilleures les décisions, et ne monopolise pas les décisions, et fait qu’une personne toute seule ne peut décider du sort de toute la machine productive.

 

* Quelqu’un de la nouvelle génération a-t-il attiré votre attention, et que pouvez considérer comme votre successeur ?

- Concernant la nouvelle génération, je ne suis pas leurs œuvres, et par conséquence, je ne peux porter de jugements. Par contre, je peux répondre aux questions concernant le football, car je suis les championnats étrangers.

 

* Selon vous, quelles différences existent entre le climat artistique actuel et celui d’antan ?

- Bien sûr, le scénario constitue le secret du succès de ces œuvres, et le jalon essentiel pour toute réussite. Tant l’élaboration de ce texte fondateur revenait à de grands écrivains, le succès était toujours au rendez-vous, à l’instar de «Layali Hilmia» et «Zeineb et le trône ». De même, je suis fier d’avoir présenté une pléiade d’œuvres islamiques, une encyclopédie en quelques sortes. Un grand nombre de dignitaires religieux. Le dernier en date, concerne l’Imam des imams, le Docteur Abdelhalim Mahmoud. Si j’aurais à choisir entre les œuvres historiques que j’ai présentées, cette dernière sera mon choix. Ceci me suffit comme honneur, et me sera d’un grand apport dans l’au-delà.

 

* Avez-vous vraiment pensé à présenter l’imam Mohamed Abduh ?

- J’y pensais, mais j’étais exténué par la production, surtout après la lourde perte que j’ai subie, à savoir l’œuvre concernant le Dr Abdelhalim Mahmoud en raison d’aléas liés à la production. Même si je dispose d’un associé, la perte est vertigineuse, car l’œuvre n’a pas été commercialisée dans les normes. Malgré cela, je suis partant pour jouer le rôle de Mohamed Abduh, si on me le propose. J’espère que l’Etat puisse en assumer la charge. Nous avons affaire à un savant et penseur, qui n’a pas eu ce qu’il lui revient de droit. Le président Sissi l’a mentionné lors de son investiture plus d’une fois.

 

* Avec l’essor que connaisse la production des feuilletons en Arabie Saoudite, et plus généralement dans les pays du Golfe, seriez-vous prêt à accepter, si on vous attribuait un rôle qui vous convienne ?

- Oui, bien sûr. Je me souviens qu’il y a plusieurs années, j’ai participé à des rôles dans des œuvres syriennes, bien avant l’exode des comédiens syriens en Égypte. Le Monde Arabe est un. Je me considère toujours comme Arabe égyptien. A savoir que l’Arabité prime. Dans ce sens, j’étais parmi les premiers à rejoindre la Syrie, après la guerre de 1967. De ce fait, je me considère heureux de pouvoir participer à toute œuvre arabe. J’ai participé à une pièce de théâtre au Koweït, avec le metteur-en-scène. Hussein Ali Moufidi, sachant que tous mes collègues étaient koweïtiens.

* À travers un parcours de plus d’un demi-siècle, comment avez-vous réussi à atteindre la célébrité au cinéma parmi ses grandes Stars de l’époque ? Qui vous a aidé au début de votre carrière ?

- Quant à ma carrière, je vais la relater en détail dans un livre que je m’apprête à publier prochainement, qui va traiter des chapitres de ma vie. En ce qui concerne ma célébrité et les premiers rôles que j’ai présentés, c’est une question à laquelle je ne peux répondre qu’en invoquant Dieu tout puissant, grâce à qui j’ai pu réussir. Je pense que cette réussite revient à mon physique, qui n’était pas commun à ce moment, et ma prestation devant la caméra. Celui qui était proche de moi, était Ahmed Ramzi, qui a six ans d’avance sur moi mais il jouissait d’un style différent basé sur la forme de son corps et de ses muscles. Par contre moi, j’étais le jeune homme commun, à l’image de millions de jeunes. J’étais recruté pour cette qualité. J’ai commencé par jouer de petits rôles, jusqu’à jouer les premiers rôles, à côté de grandes Stars. J’ai pu présenter les différents styles, à sa savoir la comédie, la tragédie, et la romance. Beaucoup ne savent pas que j’ai fait mes débuts au Théâtre National. Je dois beaucoup au professeur Hessine Riadh, qui m’a adopté, et m’a aidé à passer du théâtre au cinéma. Ainsi étaient mes débuts, à travers des dizaines de films. Un des plus célèbres, fût «Un homme dans notre maison», avec Omar Chérif et Zoubeida Tharwet.

 

* Comment s’est fait le passage du théâtre à la télévision ?

- Tout revient à la célèbre série «Layali Helmia», et au rôle de Taoufik Badri, qui m’ont permis de tenter ma première expérience télévisuelle, car je refusais le monde de la télévision, de peur de perdre mon public du cinéma. Mais en voyant le grand écran perdre de sa notoriété, j’étais contacté par le réalisateur Ismaïl Abelhafedh, et le scénariste Osama Anouar Okacha, pour une éventuelle participation à «Layali Helmia», j’ai accepté. L’œuvre fût grandiose. J’ai participé à une autre œuvre aussi importante, à savoir «Zeineb et le trône», en compagnie d’une pléiade de Stars. Les œuvres se sont succédé.

 

* Vous êtes connu pour des rôles exceptionnels en compagnies de grandes Stars, à l’instar d’Abdelhalim Hafedh, Omar Chérif, et Imad Hamdi. Aviez-vous tissé des amitiés avec ? Comment étaient vos relations ?

- Je n’ai pas cherché à être plus proche de l’un plus que les autres. J’ai pu garder le même rapport avec tout le monde. Reste à préciser que depuis le tournage du film «Les Péchés», avec Abdelhalim Hafedh, une grande amitié est née, et qui a perduré jusqu’à sa mort.

 

* Quels sont les souvenirs et les situations les plus importants qui vous ont réunis avec Abdelhalim Hafedh à cette époque ?

- J’ai consacré un chapitre au complet, dans mon livre à cette question !

 

* Vous étiez plus à l’aise certainement, avec certains artistes, avec lesquels vous avez travaillé plus qu’avec d’autres. Vous en souvenez ?

- Il se peut ma carrière a fait que je sois plus proche de Hind Roustom, de Souad Hosni, jusqu’à l’apparition de Chams dans ma vie, avec qui j’ai eu une relation artistique, puis matrimoniale.

 

* Êtes-vous resté en contact avec ces artistes, ou vous vous êtes éloigné, suite à la transformation qu’a subi votre vie artistique familiale ?

- Non bien sûr, notre relation a perduré. J’étais en bonne relation avec Souad Hosni, mais la relation s’est rompue, lorsqu’elle a décidé de s’installer à Londres. Nous sommes restés en contact avec Nadia Lotfi jusqu’à sa mort. Ma femme et moi, nous lui rendions visite à l’hôpital, avant qu’elle ne sombre dans le coma, une semaine avant disparition.

 

* Comment était la relation artistique et personnelle avec Chams Baroudi ? Votre mariage a-t-il constitué une entrave pour vos relations avec vos collègues femmes et vos fans ?

- Elle est la reine de ma vie, la plus belle femme, et mon véritable amour qui s’étend et se renforce avec le temps et je prie toujours Dieu de la bénir, pour sa sincérité, sa loyauté, et son respect, car l’amour est une valeur qu’on ne peut pas vivre en solitaire. Quant à la jalousie, elle n’existe pas. Elle n’est pas jalouse car elle est certaine de mes sentiments, et porte une forte confiance en elle-même.

 

* Comment sa décision prendre sa retraite artistique a-t-elle affecté votre vie artistique et personnelle?

- Elle a pris sa retraite au sommet de son succès, de son éclat et de sa jeunesse, et j’ai été très surpris par sa décision et je suis toujours étonné de voir comment elle a pris une telle décision avec tant de force et de courage, et j’admets que si j’étaisà sa place, je n’aurais jamais pu prendre cette décision. Une dimension divine.

 

* Quelle est sa réaction face aux rumeurs de son retour à l’art ? A-t-elle vraiment pensé à revenir sous la pression de ces rumeurs ?

- Il est difficile de croire à ces allégations. Si retour y est, il serait peu de temps après son retrait, à savoir qu’elle était en plein jeunesse. Comment peut-elle y songer 40 ans après !! Il est également difficile de revenir dans ce mauvais climat.

 

* Qu’en est-il de votre retrait temporaire, avant un second retour ?

- Ce n’était pas un retrait, mais une rectification de trajectoire.

 

* Quels sont les souvenirs de votre relation avec Cheikh Chaâraoui à ces moments ? Est-il vrai qu’il était contre l’idée d’un feuilleton concernant sa vie ?

 

- Grâce de Dieu que j’étais proche de lui et que j’insistais pour assister à ses leçons, et honnêtement et franchement j’avoue que lorsque j’ai proposé de présenter sa biographie dans une œuvre dramatique, il a refusé et m’a dit : « Quand je mourrai, faites ce que vous semble». Par conséquent, je n’ai présenté l’histoire de sa vie dans une série qu’après sa mort.

 

* Que pensez-vous de la période qui a suivi la mort de Cheikh Chaâraoui, lorsque les artistes ont enlevé le voile ? Que pensez-vous de ce phénomène ?

- Je pense que la décision est d’ordre personnel. Lorsque Chams a pris la décision de prendre sa retraite alors qu’elle était au sommet de sa célébrité et de sa beauté. La surprise fût totale. D’autant qu’elle était l’artiste la mieux payée et la plus belle. Pourtant elle était ferme dans sa décision parce qu’elle l’a prise avec conviction et donc personne ne pouvait la dissuader. Ce sont des actions personnelles auxquelles personne ne devrait interférer, ou commenter. Je pense que tout commentaire serait mal-placé, car relève d’une dimension très personnelle.

 

* Et vos enfants ?

- J’ai quatre enfants, Dieu merci. L’aînée, Dr Nariman, Mahmoud, diplômé de l’Université américaine, Omar diplômé d’une université suisse, puis le plus jeune Abdullah.

 

* Omar était-il le seul à avoir voulu devenir artiste ?

- Il a voulu devenir artiste, après avoir été le gérant d’un hôtel flottant entre Assouan et Louxor. Son choix est fruit du hasard quand il a rencontré le producteur Mohammed al-Adl sur lors d’un voyage. Il avait 23 ans à l’époque, et s’est vu offrir un premier rôle.

 

* Sa mère artiste à la retraite n’a-t-elle pas essayé de l’empêcher d’entrer dans le monde de l’art ou avez-vous essayé de le faire ?

- Non. Non. Sa mère ne lui a rien dit et ne s’est pas opposée à son travail dans l’art. Quand il m’en a parlé, je lui ai dit que la décision lui revient seul. Il a pris la décision de devenir artiste. Il a quelques films à son actif. Chose qui l’a poussé à démissionner du poste qu’il tenait. Mais avec le recul que connait le secteur, il a stoppé sa carrière.

 

* Vous semblez être une famille démocratique, malgré le coté strict qui apparait !

- Nous sommes une famille très, très démocratique. Existe une idée fausse, à savoir que la religiosité est synonyme de privation. Comme le pense ma femme, la religiosité consiste à éviter les interdits. Notre famille pratique la natation et la marche. Personnellement, je pratique la natation, et bien d’autres sports.

 

* Après cette longue carrière, vous et votre femme n’avez-vous pas un sentiment de remords pour les œuvres que vous avez présentées dans le temps. Des œuvres qui n’auraient pas dû voir le jour ?

- Nous n’avons jamais eu du regret.

 

* Même concernant les films «osés» ?

- Non. Nous ne regrettons pas, parce que le passé n’existe plus à nos yeux. Chams a mis fin à sa carrière, en obéissance à Dieu. Donc, plus de place pour aucun regret.

 

* Avez-vous reçu des consacrassions, ou vous vous sentez délaissé ?

- Je ne pense pas du tout à de telles choses et je me contente des deux honneurs les plus importants de ma vie : la Médaille des sciences et des arts de première classe, que j’ai reçue du président de la République, des mains du conseiller Adly Mansour, le 13 mars 2013, une date que je n’oublie jamais, une médaille reçue avant moi par les plus hauts symboles de l’art, y compris Mohammed Abdulwahab, Um Kulthoum, Magda Al-Sabahi, Fatten Hamama et Samiha Ayoub. Aussi, reçue par Mahmoud Yassin, Ezzat al-Alayli et Hani Shenouda. Parmi les scientifiques figurent le Dr Ahmed Zewail et le Dr Farouk al-Baz. Le deuxième honneur, dont je suis très fier, est le Prix du Festival international du film de Damas, le dernier festival avant les événements politiques en Syrie ces dernières années.

 

* Avez-vous reçu un hommage de Hosni Moubarak?

- Non. Je n’ai rencontré le président Hosni Moubarak qu’une seule fois dans ma vie, lorsque je suis allé lui rendre visite à l’hôpital. Une visite dénudée de tout intérêt.

 

* N’est-ce pas audacieux de votre part d’aller rendre visite à un président déchu, dans un climat révolutionnaire qui est en colère contre lui ?

- Bien sûr, j’ai beaucoup souffert à cause de cette visite. Je suis toujours puni et je * paie le prix. Mais je ne le regrette pas et quand je l’ai fait, c’était seulement pour une raison humanitaire, sans penser à en tirer profit, d’aucune manière.

 

* Qui vous a puni ?

- Certains responsables du secteur artistique, qui ont pris une position contre moi.

 

* Comment la visite a-t-elle été organisée ? La famille de Moubarak a-t-elle accepté facilement ?

- Je suis un ami de l’avocat Farid El Deeb, qui était chargé de défendre le président Moubarak, et un jour j’étais chez lui, et j’ai appris de lui qu’il avait rendez-vous avec le président Moubarak. En partant, je lui ai demandé de m’emmener avec lui.

 

* Quelle a été votre impression ? Qui y était présent ?

- Il était en bonne forme et avait une bonne mémoire en parlant aux gens. Je ne l’ai jamais vu de ma vie. Cette visite fût la première. J’ai regretté de ne pas l’avoir rencontré pendant ses 30 années de pouvoir, ni même pendant qu’il était vice-président de Sadate. La réunion entre nous a duré trois heures, pour une heure de prévue. C’était une personne très polie et un amoureux de la patrie, il parlait de l’Égypte, remercia le directeur de la prison et les responsables pour les soins, et recommandait de suivre les dirigeants politiques. Je me souviens que ce jour a coïncidé avec son anniversaire, et sa famille a apporté un gâteau spécial pour marquer l’occasion et sa femme Susan était là avec les enfants.

 

* Avez-vous parlé de la révolution égyptienne et de ses conséquences sur sa situation politique ?

- Lors de la rencontre, je lui ai demandé : Pourquoi n’avez-vous pas quitté l’Égypte ? Je lui ai dit que j’avais entendu dire qu’il y avait trois avions d’Arabie saoudite, du Koweït et des Émirats arabes unis qui l’attendaient à l’aéroport, et ces pays étaient prêts à vousss recevoir, pour y vivre en tant que chef de l’État, alors pourquoi n’êtes -vous pas parti ? Il a répondu: J’ai servi mon pays et je me suis battu pour lui et je l’ai défendu et je ne peux jamais le quitter et je continuerai à y vivre jusqu’au dernier jour de ma vie.

 

* Avez-vous gardé le contact, même par téléphone ? Y a-t-il des contacts actuels avec ses enfants ?

- Je ne voulais pas lui demander son numéro de téléphone pour éviter qu’ils ne soient gênés à cause de des circonstances. Il n’y a pas eu de suites.

 

* On dit que vous étiez un ami de l’homme d’affaires Ashraf al-Saad, puis vous vous êtes éloigné. Quelle est la nature de votre relation ?

- Nous faisions la prière ensemble, et on se rencontrait en compagnie d’autres amis, à l’instar de cheikh Mohammed Jibril, et je l’ai rencontré à Londres et nous avons prié ensemble le vendredi dans une mosquée, et c’était près de chez lui, alors il m’a invité à prendre une tasse de café. Je peux évoquer une connaissance, pas de l’amitié, et maintenant nous ne nous sommes pas rencontrés depuis longtemps après notre voyage à Londres.

 

* Ahmed al-Rayyan faisait-il partie des amis communs, car il est ami de Saad?

- Non. Ahmed al-Rayyan n’était pas présent.

 

* Que pensez-vous de ses changements de positions et opinions politiques ? L’avez-vous rencontré après son retour en Égypte ?

- Je ne le suis pas et je ne sais pas ce qu’il a dit, mais je crois que chacun peut changer de pensées et d’attitudes après réflexion.

 

* Que souhaitez-vous réaliser après cette carrière bien remplie ?

- Au niveau familial, je souhaite la protection de Dieu et la santé. Telle est la prière de ma femme Chams, la santé aide l’action. La protection contre les mauvais jours. Je ne me suis jamais adressé à Dieu pour avoir de l’argent. Sur le plan professionnel, j’espère que les créateurs des feuilletons, se rendent compte, que nous sommes une société orientale, avec des traditions et des normes propres. Je souhaite à ma personne et ma famille le bonheur. Et que je puisse rendre ma famille heureuse et mener une vie simple, sans entraves.