Biélorussie : Une sprinteuse fuit en Pologne

La sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya va trouver refuge en Pologne. L’athlète dit avoir échappé à un retour forcé en Biélorussie en pleins Jeux olympiques de Tokyo, après avoir critiqué des entraîneurs de sa délégation.

La sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya est attendue aujourd’hui, à Varsovie, trois jours après avoir échappé, selon elle, à un retour forcé dans son pays. L’ONG La Maison biélorusse, basée dans la capitale polonaise, a d’ailleurs appelé la diaspora à se rassembler à l’aéroport pour accueillir l'athlète. Selon cette ONG, une rencontre entre la sprinteuse et les médias sera organisée dans les prochains jours. Ce mardi, Krystsina Tsimanouskaya s’est entretenue une nouvelle fois avec l’ambassadeur polonais à Tokyo, qui a indiqué que la jeune femme allait bien.

Plusieurs pays européens avaient proposé l'asile à la sportive. Le choix de la Pologne, régulièrement critiquée pour la politique menée par le pouvoir conservateur, pourrait donc surprendre. Mais Varsovie est l'un des principaux soutiens de l’opposition biélorusse. Lundi soir, le Premier ministre Mateusz Morawiecki a d'ailleurs dénoncé, sur son compte Facebook, une «tentative de kidnapping» de la part du régime de Minsk et a appelé la communauté internationale à s’y opposer fermement.

«Le gouvernement, les principaux partis politiques mais aussi la société civile soutiennent, depuis plusieurs années, le mouvement pour la démocratie biélorusse», indique Jérôme Heurtaux, spécialiste de la Pologne et maître de conférences à l'université Paris-Dauphine. «La Biélorussie est l’État tampon entre la Russie et la Pologne. Quand on connaît les relations entre la Pologne et la Russie, on comprend très bien que le pouvoir polonais, pour des raisons historiques, en vienne à s’opposer à Loukachenko».

L'athlète n'est d'ailleurs pas la première à se voir offrir un visa humanitaire par la Pologne ; Varsovie en a déjà délivré à de nombreux Biélorusses ces derniers mois. Il leur permet de travailler dans le pays, ce qui a également été proposé à la sprinteuse de 24 ans. Si elle le souhaite, Krystsina Tsimanouskaya pourra donc y poursuivre sa carrière sportive.